60 000 migrants en 24 heures : Ceuta plongée dans une crise sans précédent
Des milliers de bouées abandonnées, plus de 40 morts et des centres d'accueil à bout de souffle.
En 24 heures, plus de 60 000 migrants ont rejoint l'Espagne, par la terre, mais surtout par la mer.Ces personnes que vous voyez ici, pour la plupart des hommes ou des adolescents, arrivent du Maroc.Armés de bouées et de palmes, ils viennent de nager, pour certains une dizaine de minutes, pour d'autres plusieurs heures, dans une mer où les courants peuvent être mortels.
Leur objectif : atteindre les rives de Ceuta.Ceuta, c'est ce petit territoire espagnol de 19 km² situé au bord de la côte marocaine.
15 km de haute mer la sépare de l'Espagne continentale, mais la ville est un territoire rattaché à l'Union européenne.Avec sa cousine Melilla installée 400 km à l'est, Ceuta est l'une des deux seules frontières terrestres entre l'UE et l'Afrique.
Ceuta et Melilla sont pour le Maroc des moyens de pression diplomatique, puisque si les Marocains cessent de surveiller la frontière, alors la pression permanente qu'il y a sur cette frontière se transfère sur la frontière espagnole.
Cela en fait donc un point de tension migratoire extrêmement important.Pour des milliers de jeunes marocains, Ceuta n'est pas une destination finale, mais un point de passage crucial.Elle représente une porte d'entrée vers l'Espagne, vers l'Union européenne et surtout vers l'espoir d'une vie meilleure.
En quelques heures, la population de Ceuta a augmenté de 70 %, avec 60 000 migrants présents sur son territoire.
Ils ont même été accueillis parfois avec violence par les habitants du territoire.Il y a des témoignages de migrants qui parlent de jets de pierres, qui parlent de personnes armées qui leur ont couru après.
Cette vague d'arrivée a pris de surprise les autorités, car habituellement Ceuta n'est pas une option privilégiée pour atteindre l'UE.La principale route migratoire vers l'Espagne passe plutôt par l'océan Atlantique et les îles Canaries.En 2026, avant le 15 juillet, le pays n'avait enregistré aucune arrivée par la mer à Ceuta, et en 2025, seules quatre personnes avaient emprunté cette route.Alors comment expliquer cet intérêt soudain ?
Difficile d'identifier l'élément déclencheur, mais plusieurs sources évoquent un bouche à oreille sur une ouverture présumée des frontières.
Ces rumeurs se sont répandues comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux.
Les réseaux sociaux jouent un grand rôle.Ils attirent, ils véhiculent des images de réussite.C'est un moyen de communication entre trafiquants et entre candidats à la migration.
Selon le gouvernement espagnol, cette nouvelle vague de passage vers Ceuta trouverait aussi son origine dans une décision rendue le 8 juillet par la Cour suprême.
Le tribunal suprême, la Cour suprême a estimé que quelqu'un qui arrive par la mer, donc qui n'est jamais qu'une grande étendue liquide, qui n'a pas de frontières physiques, et bien arriver par la mer, ce n'est pas franchir un dispositif de protection de frontières.Et donc partant de là, il n'est pas possible de renvoyer immédiatement un migrant irrégulier du territoire par lequel il est entré.
Pour Madrid, cet arrêt a été exploité par les réseaux de passeurs pour intensifier leur activité.
Selon certains observateurs, le Maroc pourrait également avoir eu un rôle à jouer.
On ne peut pas totalement exclure que le gouvernement marocain ait relâché l'abri sur sa surveillance de la frontière dans un objectif d'avertissement envers l'Espagne, une sorte de message qui dirait d'accord pour se rapprocher d'Alger, mais attention à ne pas franchir certaines lignes rouges.
Les conséquences humaines sont d'ores et déjà désastreuses.et plus de 40 personnes sont mortes en tentant la traversée.Cet afflux soudain de migrants sur le territoire est qualifié d'urgence humanitaire et sociale absolue.Selon le président de Ceuta, Juan Bibas, les centres d'accueil sont débordés et saturés et il n'y a plus de place pour personne.
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— Ruben, Netherlands
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Get started freeIl n'y a pas de place.Les gens sont dans la rue maintenant, dans les jardins, dans la rue devant la mer.
Face à cette crise, le premier ministre et le ministre de l'Intérieur espagnol se sont rendus sur place vendredi 31 juillet.
C'est lamentable le nombre de pertes de vies humaines que cette crise a également laissées.
Cette arrivée de migrants a lieu alors que l'Espagne vient de mener un plan de régularisation massive des sans-papiers.Un dispositif visant à intégrer les travailleurs étrangers face aux besoins économiques du pays a enregistré plus d'un million de demandes entre le 16 avril et le 30 juin dernier.Les vidéos que vous voyez ici ont vite fait le tour du monde et les réactions à l'international n'ont pas tardé à fusser.La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé des images inacceptables.En France et dans le reste de l'UE, la droite et l'extrême droite sont montées au créneau.La chef du gouvernement italien Giorgia Meloni a dit vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen.
Ce vendredi matin, Emmanuel Macron a déclaré que Paris allait renforcer le contrôle à la frontière franco-espagnole.Côté espagnol et marocain, la réponse a été rapide.Le 31 juillet, des membres des forces de sécurité marocaines ont été envoyés près de Fini-dec à la frontière hispano-marocaine.3 000 militaires espagnols ont également été déployés à Ceuta.
Si l'ampleur de ces arrivées est exceptionnelle, ce n'est pas la première fois que Ceuta fait face à un afflux massif.En mai 2021, plus de 10 000 migrants avaient rejoint l'enclave en seulement deux jours.
À l'époque, le Maroc avait relâché ses contrôles frontaliers sur fond de crise diplomatique avec l'Espagne.La majorité des personnes arrivées illégalement sur le territoire avait alors été renvoyées au Maroc.C'est le sort qui attend la plupart des migrants ayant débarqué ces derniers jours. débarqué ces derniers jours.
Tous ceux qui sont arrivés par la mer, donc, ne peuvent pas être renvoyés immédiatement.En revanche, certains sortiront effectivement d'eux-mêmes.
Ce vendredi 31 juillet, les départs depuis Ceuta se faisaient à un rythme de 150 personnes par minute.Le nombre de migrants rentrés au Maroc atteignait déjà les 37 500 en fin d'après-midi, selon le gouvernement espagnol.
Les mineurs ont une protection internationale et les réseaux de trafic des migrants, les réseaux de traite des êtres humains, ils vont trouver un terrain fertile pour en profiter.
L'Union européenne a salué cette coopération entre l'Espagne et le Maroc et a affirmé ne pas constater de flux de migrants vers le continent européen. continent européen.
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