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Berlin appelle l'Europe à s'unir face au retrait de 15% du contingent américain en Allemagne

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Le président américain a mis ses menaces à exécution.Il annonce le départ d'ici un an de quelque 5 000 militaires américains postés en Allemagne, c'est 15 % d'un contingent de 36 000 hommes au moins déployé donc dans ce pays de l'OTAN.Bonjour à vous, David Delos, merci d'être là.David, pour l'analyse, on peut considérer déjà que c'est un tournant dans les relations entre les deux pays.Comment est-ce qu'on explique cette décision ?

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Ben ça s'explique par la dégradation continue des relations entre l'Allemagne et les États-Unis et depuis des mois, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, c'est une déclaration signée Friedrich Merz, le chancelier allemand, lundi.Il avait estimé que les Américains n'ont visiblement aucune stratégie en Iran, que le régime iranien humiliait Washington, de quoi provoquer l'agacement, voire même la colère d'un certain Donald Trump.Dès le lendemain, le patron de la Maison Blanche avait accusé le dirigeant allemand de penser que c'était ok que l'Iran se dote de l'arme nucléaire.Il ne sait pas de quoi il parle, avait écrit Donald Trump, visiblement vexé, lui qui n'arrête pas de répéter qu'il est le grand vainqueur de la confrontation avec l'Iran.Et comme Donald Trump n'aime pas qu'on le critique, il se sert de l'appareil d'État pour appliquer des mesures de rétorsion, d'où ce retrait massif annoncé par le Pentagone hier.Décision qui rappelle un précédent.

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Lors de son premier mandat, quelques mois avant son départ de la Maison Blanche en 2020, eh bien Donald Trump avait annoncé son intention de retirer 12 000 soldats américains basés en Allemagne.Joe Biden, son successeur, avait coupé court au projet quand il était arrivé au pouvoir.Cette fois-ci, le calendrier joue pour l'administration Trump.Sauf coup de théâtre, rien ne semble pouvoir empêcher la réalisation de ce projet qui ne surprend pas Berlin.Tout à l'heure, dans un communiqué, Bruce Pistorius, le ministre allemand de la Défense, a déclaré que le fait que des troupes des États-Unis se retirent d'Europe et aussi d'Allemagne était attendu.Fin de citation.

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Donc quand il parle de retrait d'Europe, est-ce que ça laisse supposer qu'il va y avoir supposer qu'il va y avoirdes retraits d'autres pays européens?

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Outre l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne sont également dans le collimateur de la Maison Blanche.Après les propos de Donald Trump à l'encontre du pape Léon XIV, souvenez-vous, propos qu'elle avait qualifiés d'inacceptable, Giorgia Meloni a opportunément pris ses distances avec l'Amérique de Donald Trump, ce qui a permis à la présidente du Conseil d'aligner son gouvernement avec son opposition, dont dans son propre pays.Le contre-coup, c'est que Donald Trump se dit désormais déçu par celle qu'il qualifiait il y a encore quelques mois de courageuse et remarquable.Aujourd'hui, il regrette son ingratitude.Et puis il y a la bête noire de Donald Trump en Europe, un certain Pedro Sanchez, l'espagnol, le chef du gouvernement espagnol, l'homme qui a dit non aux milliardaires, celui-là même qui a refusé que les États-Unis utilisent les bases situées en Espagne pour se projeter vers le Moyen-Orient, celui qui a fait fermer l'espace aérien espagnol aux avions engagés dans le conflit en Iran, obligeant les bombardiers américains à faire des détours assez coûteux en kérosène.Que ça vienne de Rome ou de Madrid, cette résistance n'est pas du goût du président américain qui a évoqué le retrait de soldats basés sur les sols italiens et espagnols.

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Juste pour mémoire, il y a actuellement près de 12 700 militaires américains en Italie.Ils sont un peu plus de 3 800 en Espagne.

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Donc moins de soldats américains en Europe.En quoi ce serait si grave?

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Alors, les États-Unis comptent 68 000 militaires d'actifs sur le continent européen, chiffre qui peut monter jusqu'à 100 000 en fonction des opérations, des exercices, encore des rotations de troupes.En retirer 5 000 en Allemagne, ça peut paraître peu sur le papier, mais il faut bien comprendre qu'un retrait ça veut dire des effectifs en moins et donc potentiellement un opérationnel au ralenti, moins efficace.Outre Stuttgart, la plus grande installation américaine, c'est l'immense base aérienne de Ramstein, quartier général des forces aériennes américaines en Europe, qui abrite 8 500 aviateurs. en Europe, qui abrite 8 500 aviateurs.rien que ça.C'est depuis ce site que l'aviation américaine pilote les drones qu'elle déploie sur les terrains d'opération au Proche et au Moyen-Orient.Il y a les bases de Grafenwerth, Wilsbeck et Oefel, gérées par la garnison de Bavier.

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Ça fait partie du plus vaste centre d'entraînement militaire américain en Europe, tandis que la garnison de Wiesbaden abrite le quartier général des forces américaines en Europe et en Afrique.Le centre médical de Landstuhl est le plus grand hôpital militaire américain hors des États-Unis, et là je ne parle que de l'Allemagne.Dans toute l'Europe, on compte au total une trentaine de bases à proprement parler, une vingtaine de sites qu'utilise l'armée américaine.Bien entendu, un retrait signifierait moins de protection pour les pays européens, sans compter l'impact économique pour les régions concernées.Mais pas sûr que le calcul de Donald Trump soit réellement payant.Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et plus encore depuis la fin de la Guerre froide, le rôle de toutes ces bases il a complètement changé.

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Elles sont devenues des plateformes avancées et des centres logistiques essentiels pour les opérations militaires américaines.C'est grâce à elles que l'armée américaine a pu se projeter vers des zones de guerre.Ça a été le cas en Irak, ça a été le cas pour l'Afghanistan, c'est le cas aujourd'hui pour l'Iran.Outre la facture d'un retrait, parce qu'il faudrait rapatrier ou redéployer des effectifs, et ça, ce n'est pas gratuit.Et il faudrait que l'État-major américain revoie ses plans en termes logistiques, en termes stratégiques.Et paradoxalement, si on veut aller plus loin, cette situation servirait peut-être les intérêts de l'Europe.

5:27

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, plusieurs voix en Europe ont appelé à revoir la politique de défense des 27 et de l'ensemble du vieux continent.Nous, Européens, devons prendre plus de responsabilité pour notre sécurité.C'est ce que dit Brice Pistorius, le ministre de la Défense allemand.Cette fois-ci, ce qui a longtemps ressemblé à un veau pieux, vient semble prendre. veau pieux, vient semble prendre.la forme d'une prise de conscience assez urgente.

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Merci beaucoup David merci pour ces éléments de compréhension et cette analyse. analyse.

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