Crise du golfe : les Émirats ciblés | L'Essentiel du Dessous des cartes | ARTE
Bienvenue dans l'essentiel du dessous des cartes.Aujourd'hui, on commence avec ces images de la télévision iranienne.Un présentateur montre comment tirer au fusil d'assaut et il choisit pour cible un drapeau des Émirats.Depuis l'offensive israélo-américaine déclenchée contre le régime, les représailles iraniennes ont particulièrement ciblé les Émirats.Ainsi, entre le 28 février et le 8 mai, 551 missiles balistiques, 29 missiles de croisière, 2 263 drones ont ciblé ce pays du Golfe, selon ses autorités.Bases militaires, infrastructures énergétiques, mais aussi immeubles et hôtels.
Dernière attaque dimanche, cette centrale nucléaire émirienne, ici à Barakah, frappe non revendiquée, mais que les experts identifient comme venant sans doute des outils du Yémen, allié du régime iranien.L'occasion pour nous d'essayer de comprendre pourquoi les Émirats sont particulièrement ciblés par les gardiens de la révolution.Sortons nos cartes.C'est d'abord pour des raisons géographiques que les Émirats sont une cible.Leur situation est en effet stratégique sur le Golfe Arabo-Persique et le détroit d'Ormuz.Alors regardons ces sept Émirats qui composent la fédération : Abu Dhabi, Dubaï, Sharjah, Fujairah, Ajman, Umm Al Quwain et Ras Al Khaimah.
Ils sont chapeautés par un système fédéral dirigé depuis la capitale centrale, Abu Dhabi.Au départ, les Émirats doivent leur prospérité aux hydrocarbures découverts au début des années 60, avec des gisements de gaz et surtout de pétrole.Les Émirats qui par ailleurs, au fil des ans, ont développé les services, la finance, l'aérien et le tourisme.Et c'est aussi cela que ciblent les Iraniens.Ils ciblent par ailleurs les choix diplomatiques des Émirats.Ainsi, en août 2020, MBZ, le dirigeant des Émirats, est devenu le premier dirigeant du monde à avoir été assassiné. été assassiné.
à reconnaître Israël, rapidement suivi par Bahreïn.Autre contentieux entre Téhéran et Abu Dhabi : depuis 1971, l'Iran occupe les îles d'Abou Musa, de petites et grandes tombes, trois îlots minuscules revendiqués par l'émir de Ras Al Khaimah et stratégiquement situés sur le détroit d'Ormuz.Dans ce contexte de conflit larvé, pour anticiper une éventuelle fermeture du détroit par l'Iran, dès 2012, les Émiriens ont construit cet oléoduc de 370 km entre Abkhazie et le terminal pétrolier de Fujairah, qui sera doublé d'ici 2027 afin d'augmenter les exportations.Les Émirats, qui en avril dernier ont annoncé quitter l'OPEP, l'organisation qui regroupe les pays exportateurs de pétrole, objectif reprendre pleinement le contrôle de leur production et s'émanciper des Saoudiens.Pourtant, en dépit de ces tensions entre l'Iran et les Émirats, longtemps les liens demeuraient.Ainsi, l'Émirat de Dubaï accueillait discrètement dans son port et dans ses zones franches les capitaux iraniens dans un contexte de sanctions occidentales.
Mais aujourd'hui, c'est la rupture.Particulièrement agressés, les Émirats durcissent leur position, regarde vers Israël, quand l'Arabie Saoudite, aux côtés du Pakistan, continue de plaider pour une résolution diplomatique du conflit.Voilà l'essentiel, c'est fini pour aujourd'hui.À bientôt.
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