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Frappes américaines : le cessez-le-feu "violé" selon l'Iran • FRANCE 24

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Allez, faisons le point avec nos experts Mathieu Mabyn et Bruno Darrou.Bonjour, messieurs.Mathieu, commençons avec vous depuis Washington.De l'optimisme d'hier, on est passé à une situation beaucoup plus nuancée aujourd'hui.Bon, ce n'est pas la reprise de la guerre.L'armée américaine dit faire preuve de retenue, mais elle frappe donc en pleine trêve.

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Oui, elle frappe en pleine trêve, vous l'avez dit, mais ce n'est pas la première fois.En réalité, ce conflit se définit même comme ça.La guerre est techniquement en cours puisque les frappes et les incidents sont tellement réguliers qu'on peut considérer que les hostilités n'ont pas techniquement cessé depuis le 28 février dernier.Vous me l'accorderez.Alors bien sûr, elles ont baissé en intensité ces opérations, mais c'est vrai qu'il y a quelque chose d'étrange à entendre.Donald Trump affirmer que les négociations battent leur plein tout en recevant les comptes rendus de Sandcom et du Pentagone et du Département d'État, qui énumère parfois de manière un peu triomphale, d'ailleurs, les objectifs détruits dans la nuit.

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Cette fois, il s'agit, on l'a vu à l'instant, de vedettes rapides des Gardiens de la Révolution, c'est-à-dire ce que l'armée américaine déployée dans le Golfe redoute le plus concrètement.Il s'agit également d'infrastructures portuaires légères et de batteries de missiles solaires.Entendez par infrastructures portuaires légères des caches pour les vedettes rapides des Gardiens de la Révolution.Mais pour répondre directement à votre question, oui, ça montre surtout à quel point cette trêve reste fragile.C'est le moins qu'on puisse dire.Ce que disent les Américains, c'est qu'il ne s'agit pas d'une reprise des opérations offensives contre l'Iran.

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Vous savez, la posture offensive ou défensive, c'est généralement une évaluation assez subtile, dictée par la diplomatie du moment.Le Pentagone explique avoir réagi à deux incidents précis.D'abord, des vedettes des Gardiens de la Révolution.On l'a dit, repérées en. en.train de poser des mines dans le détroit d'Ormuz ce qui est l'autre cauchemar de du pentagone et du département d'état pour les répercussions à la fois tactiques pas stratégiques tactiques et économiques que cela pourrait avoir et sur la durée ensuite un site de défense iranien qui aurait verrouillé des avions américains les fameux sites de défense qui étaient supposés être détruits jusqu'au dernier et selon plusieurs responsables américains Donald Trump aurait donné son feu vert à des frappes limitées pour neutraliser donc ce qu'il présente comme une menace immédiate donc officiellement la ligne de Washington c'est nous défendons nos forces qui n'étaient pas réellement exposées soyons sérieux nous ne relançons pas la guerre ça c'est un point essentiel puisqu'il cela permet de maintenir le processus de négociation en cours mais politiquement et militairement le problème est ailleurs parce que aux yeux de Téhéran des frappes américaines restent des frappes américaines et surtout elles interviennent au moment même où les discussions indirectes se poursuivent autour du et de la sécurité maritime dans le golfe et du fameux détroit d'Ormuz donc on voit bien la contradiction actuelle les deux camps cherchent à éviter l'escalade totale ça c'est à peu près certain mais dans le même temps chacun continue à tester les limites de l'autre les iraniens dans le détroit d'Ormuz les américains avec des frappes très ciblées mais assumées voilà on n'est pas dans la reprise d'une guerre ouverte ça on l'a compris mais on n'est clairement plus dans l'optimisme vous l'avez dit affiché des derniers jours voilà des frappes les frappes américaines restent des frappes américaines c'est ce que disent les iraniens alors ils n'ont pas riposté Bruno aux frappes américaines dans la nuit mais ils estiment que la trêve vole en éclats ils n'ont pas tort factuellement la question peut se poser après comme disait Mathieu qui est défensif offensive qui est défensif offensive

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dans une dans une période comme ça, c'est bien c'est bien délicat à dire.Les Américains effectivement ont présenté ça comme des frappes défensives, donc sans doute réagissant à ces tentatives des vedettes iraniennes.À noter d'ailleurs que les frappes américaines ont notamment frappé le port de Bandar Abbas, qui est donc le principal port iranien dans le Golfe Persique, à proximité du détroit d'Ormuz, où justement ils ont leur flotte de vedettes iraniennes et aussi cachés dans la montagne en quelque sorte, pas mal encore de lanceurs de missiles.Donc c'est aussi pour les Américains un moyen de dire, on a entendu tout à l'heure Marco Rubio, qu'il dit la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, ça, ce n'est pas négociable, c'est illégal, c'est inacceptable, et on y arrivera soit par la négociation, soit par la force.Donc c'est peut-être aussi une manière de dire aux Iraniens, le détroit d'Ormuz, on ne va pas lâcher là-dessus.Soit on fait une négociation raisonnable, soit, si on comprend bien, éventuellement on envisagerait peut-être un recours un recours à la force, parce que sur la négociation concernant le détroit d'Ormuz, les Iraniens, pour le moment, si on comprend bien, ce qu'ils proposent, c'est à partir du moment où les Américains auront levé leur blocus contre les navires iraniens, les Iraniens disent à ce moment-là, nous, on rouvre le détroit d'Ormuz, mais voilà, sous notre contrôle d'abord.

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Ils ont dit qu'en fait le détroit d'Ormuz, c'est que les pays côtiers et qui peuvent en avoir le contrôle.Donc en gros, c'est eux-mêmes et en face le Sultanat Oman.Et alors ils appellent plus ça un péage, etc.Des frais de service.Donc c'est ça reste une forme de péage.Et ça, les deux éléments, le contrôle côtier et les frais de services, on va dire, ça pour le moment, c'est pas acceptable par les Américains.

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Donc on en est là et en fait, il faut toujours avoir en tête il faut toujours avoir en têteque pour le moment ce qui bloque dans les négociations c'est la question du litro d'Ormus qui a été à chaque fois il faut le rappeler quand même amenée sur la table par les Iraniens puisqu'on rappelle qu'avant le 28 février c'était pas un souci et la question du nucléaire et plus particulièrement des 440 kilos d'uranium enrichi et là l'administration Trump serait prête si on comprend bien à accueillir ces 440 kilos sur le territoire américain que Mathieu va nous en dire plus ce qui selon Trump eh ben ferait que ce serait un accord plus solide que celui de 2015.

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Je vous propose de compliquer encore un peu plus l'équation puisque hier Donald Trump a dégainé les fameux accords d'Abraham.En gros il veut que les pays du Golfe y adhèrent et reconnaissent Israël.Mathieu donc ça vient de ça vient se rajouter aux négociations avec les Iraniens et a donc à ce protocole d'accord qui à peine a émergé.

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Oui effectivement et d'ailleurs ça ne vous aura pas échappé l'équilibre du Moyen-Orient n'a d'ores et déjà plus rien à voir avec ce qu'il était avant Donald Trump.Les accords d'Abraham dans la vision de Donald Trump c'est probablement la grande réussite diplomatique de ses deux mandats.C'est comme ça qu'il le ressent.Alors c'est vrai l'impression est tentée de les utiliser à l'excès et un peu comme une formule magique diplomatique qui a plutôt réussi jusqu'à présent.Alors que le moins qu'on puisse dire c'est que ces autres initiatives peuvent raisonnablement être qualifiées d'hasardeuses et à commencer bien sûr par l'utilisation de la force contre l'Iran.Mais c'est vrai il faut se souvenir qu'avant ces accords l'idée même d'une normalisation ouverte entre Israël et plusieurs monarchies arabes paraissait quasiment impossible et aujourd'hui même si la guerre à Gaza a profondément a profondément

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ralenti le processus ça ne nous a pas échappé c'est le dossier que nous traitions quotidiennement avant le déclenchement du conflit en Iran les liens existent toujours on le voit bien et c'est probablement sur ces liens que la situation n'a pas totalement dérapé grâce à ces liens ils sont sécuritaires ces liens évidemment économiques également technologiques et même parfois militaires et ça c'est un combo qui convient bien à Donald Trump et on est bien obligé de reconnaître une chose sans les accords d'Abraham la guerre à Gaza aurait probablement été encore plus longue et plus meurtrière et encore plus dangereuse régionalement avec un risque de contamination à l'ensemble de la région parce que ces accords ont créé des canaux des canaux conversationnels en réalité des canaux de dialogue qui n'existaient pas auparavant ou en tout cas qui n'étaient pas aussi efficaces alors aujourd'hui Donald Trump essaie clairement d'aller plus loin son idée c'est de profiter des discussions avec l'Iran pour pousser en parallèle une recomposition régionale plus large en clair isoler davantage l'Iran tout en renforçant un axe Israël Golfe sunnite soutenu par Washington Washington arbitre du proche et du et derrière cela il y a aussi l'Arabie Saoudite évidemment qui est le point bloquant aujourd'hui on le sait très bien il n'y aura pas de normalisation avec Israël même si dans beaucoup de domaines la normalisation a déjà commencé en tout cas il n'y aura pas de normalisation officielle sans État palestinien c'est le point bloquant et c'est une impasse diplomatique en tout cas au stade où nous en sommes c'est évidemment la pièce maîtresse si Riyad normalisait un jour officiellement ses relations avec Israël ce serait là pour le coup un bouleversement historique au le problème c'est que la guerre à Gaza rend cela politiquement extrêmement compliqué pour les dirigeants arabes et notamment de et notamment visàvis dece qu'on appelle un peu hâtivement la rue arabe, disons leurs opinions publiques.Donc Donald Trump avance sur une ligne très étroite, on l'a compris.Il veut apparaître comme l'homme capable d'éviter une guerre régionale, tout en essayant de consolider un nouvel ordre régional construit autour des accords d'Abraham, en clair autour de lui.Et c'est vrai qu'au stade où en sont les négociations avec l'Iran, tout le monde se demande un peu ici si c'est vraiment le moment de venir encore alourdir des pourparlers qui indiscutablement vont rallonger les négociations et donc repousser encore la sortie de crise via l'impact économique qui va en découler sans aucun doute.

10:20

Voilà.Et cette sortie sur les accords d'Abraham, c'est aussi peut-être un gage accordé aux Israéliens.On va en parler dans un instant, Bruno.Les Israéliens veulent intensifier leur offensive contre le Hezbollah.Ce matin, les habitants de Nabatié dans le sud du Liban ont été appelés à évacuer la ville.Cela augure bien sûr de nouvelles frappes contre le groupe chiite qui lui aussi bombarde à nouveau le nord d'Israël.

10:44

Étienne Papouno.

10:48

Les pompiers luttent contre les flammes tandis que les secouristes fouillent les décombres après une attaque aérienne sur ce bâtiment près de Nabatié.Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, ce lundi, l'armée israélienne a lancé des dizaines de frappes sur plusieurs villes et villages du sud liban.De son côté, le Hezbollah pro-iranien revendique régulièrement des attaques visant l'armée israélienne.Ce lundi soir, le premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé l'accélération de son offensive.Nous allons intensifier les coups et écraser le Hezbollah.Cette annonce fait suite à la mort d'un soldat israélien après une attaque de drone perpétrée par le drone perpétrée par le

11:35

Hezbollah dimanche dans le nord d'Israël.Quelques heures plus tôt, le chef du groupe pro-iranien avait renouvelé son refus de toute négociation directe avec Israël et appelé les Libanais à manifester pour faire tomber le gouvernement.

11:54

Les négociations directes ne bénéficient qu'à Israël.

11:57

Le désarmement signifie la mise à nu du Liban, de ses capacités de défense et de résistance et prépare sa destruction.

12:11

C'est dans ce contexte martial que des représentants libanais et israéliens ont rendez-vous les deux et trois juin à Washington pour une nouvelle session de négociations.

12:22

Voilà négociation d'un côté Bruno, mais intensification de l'offensive de l'autre.On a l'impression que Netanyahu là a les mains libres sur ce côté-là du conflit au Liban.

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Ruben, Netherlands

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12:31

En fait, Netanyahu, lui, il a ses intérêts bien compris, notamment des intérêts électoraux, puisqu'il va y avoir des élections législatives qui ont été anticipées.Les derniers sondages ne sont pas très bons pour lui, donc il s'accroche à cette situation militaire en pensant que finalement ça lui permettra peut-être de remporter même avec une marge étroite le prochain scrutin.Ça, c'est une chose.Et de ce point de vue, il y a une forme, alors divergence, c'est peut-être un bien grand terme, mais en tout cas une forme d'intérêts qui ne sont plus tout à fait les mêmes entre Américains et Israéliens.Seulement, voilà, aujourd'hui, ce sont quand même les Américains, on le sait, qui permettent à Israël de poursuivre ses attaques, certes sur l'Iran, mais aussi sur le Liban.Il y a la fameuse arme ultime des munitions que fournissent les États-Unis à Israël.

13:25

Alors pour le moment, on peut dire que Donald Trump d'un côté laisse. que Donald Trump d'un côté laisse.faire Benjamin Netanyahu tout en faisant pression sur lui pour que, en gros, ils permettent à Donald Trump de parvenir quand même à un accord avec l'Iran.Alors le problème là, c'est qu'il y a une des conditions posées par les Iraniens, c'est que le projet de cessez-le-feu de 60 jours inclut Israël et le Liban, alors que vous savez qu'aujourd'hui on a en fait deux cessez-le-feu, je mets ça en un peu entre guillemets, puisqu'ils ne sont pas toujours très respectés, notamment entre Israël et le Liban.Et en fait, les Iraniens, eux disent non, c'est un cessez-le-feu régional.Et on voit bien là que le Hezbollah, dont on a vu le chef, Taïm Kassam s'exprimer à l'instant, le Hezbollah reste la clé quand même entre les deux conflits, puisque le Hezbollah est armé par l'Iran.Et donc pour le moment, pour résumer, Donald Trump laisse faire Benjamin Netanyahu jusqu'à quand, jusqu'à quel point, c'est une vraie question.

14:23

Mais Benjamin Netanyahu, lui, il a dans une opération de survie politique, donc il a, c'est pour ça que ces derniers jours, il a eu des mots très forts, très martiaux pour dire nous, nous conservons le droit de nous protéger.Alors c'est toujours aussi présenté comme des ripostes défensives à des attaques du Hezbollah et donc de continuer ce que nous faisons au Liban.Et puis on a des petits mots sur l'accord d'Abraham vu côté israélien.Certes, à l'époque du premier mandat de Donald Trump, ça avait plutôt bien vu.On rappelle quand même qu'au moment du 7 octobre, les négociations étaient très engagées entre l'Arabie Saoudite et Israël.Mais ce qui coincait déjà et le Hamas de ce point de vue-là, évidemment, a compliqué sérieusement les choses.

15:02

Ce qui coincait déjà, comme le disait Mathieu, c'était la reconnaissance de l'État palestinien.C'est-à-dire d'ores et déjà à l'époque, l'Arabie Saoudite disait c'est pas possible de reconnaître Israël si vous, les Israéliens, vous ne reconnaissiez pas un État, un État palestinien.Et c'est aussi la position de l'Égypte, de la Jordanie, du Liban.Donc Donald Trump a l'impression que les Trump a l'impression que lesaccords d'Abraham élargis, en quelque sorte, ils se disent ce serait une façon de sortir de la crise par le haut.Mais on a aussi l'impression qu'il cherche un peu tous les moyens pour se sortir de ce bourbier, alors qu'il y a plusieurs dates qui arrivent et où il rêverait lui qu'il y ait un accord rapide.

15:42

Ce serait de toute façon un accord temporaire uniquement.Et les Iraniens sur le nucléaire, on voit qu'ils ont l'intention de faire durer les choses.

15:51

Merci beaucoup Bruno.Merci également à Mathieu Mabin depuis Washington.Un dernier mot sur l'Iran.Les ONG annoncent le rétablissement partiel de l'accès Internet après une coupure de trois mois.

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