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Le Mali aux mains des djihadistes ? | Une leçon de géopolitique | ARTE

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L'État-major est déjà failli.C'est dès l'agent contrôle la capitale et à peine debout de son territoire.

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Chers amis, du dessous des cartes, voici une leçon de géopolitique, une interview carte sur table en lien avec l'actualité internationale.Aujourd'hui, le Mali pourrait-il tomber aux mains des djihadistes ?On en parle avec vous.Voici Menasre.Bienvenue.

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Bonjour, merci.

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Vous êtes journaliste à France 24 et chercheur pour the Soufan Center, un institut de recherche basé aux États-Unis.Vous êtes un spécialiste des mouvements djihadistes.Est-ce que pour commencer, vous pouvez nous dire quels sont aujourd'hui ces groupes rebelles, ces forces djihadistes qui sont à l'œuvre au Mali et d'où viennent-elles ?

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Donc effectivement, il y a deux groupes djihadistes qui sont très actifs au Mali, tous les deux.Donc c'est le jnims, c'est la filiale du Sahel d'Al-Qaida et l'État islamique, province du Sahel.Donc tous les deux sont actifs au Mali.Ils se combattent même au Mali dans certaines dans certaines zones.Ils sont également actifs dans les pays limitrophes comme le Burkina Faso et et le Niger.Ceci dit, les deux groupes sont actifs dans des zones plutôt rurales.

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Donc ils ne contrôlent pas d'emprise urbaine, que ce soit au Mali, au Niger ou au Burkina Faso.Même si dans le cas du jnims, ils sont capables de mettre en place des blocus ponctuels autour de la capitale et de vraiment asphyxier la capitale de manière assez périodique et assez efficace entre guillemets.

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En effet, quelle est la situation aujourd'hui autour de Bamako ?

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En fait, le jnims, donc les djihadistes du jnims, arrivent à mettre des blocus qui, au début, il y a quelques mois, visaient que les hydrocarbures.Aujourd'hui, ça concerne tout, donc les denrées, les hydrocarbures et les personnes.En ce qui concerne les sorties de Bamako et les entrées de Bamako.Donc il y a plusieurs axes d'entrée et de sortie de Bamako qui mènent vers les pays limitrophes ou vers les vers les régions et vers les vers les régions etles djihadistes sont en capacité de couper en même temps plusieurs axes de leur côté les forces armées malienne aidées par l'afrique russe arrivent à desserrer les taux en ouvrant un axe sur quatre sur cinq à la fois je comprends à vous écouter qu'il y a en effet ces différents mouvements djihadistes qui progressent mais uniquement dans certaines zones et qui ne sont pas encore vraiment attaqués ou qui n'ont pas réellement pris les centres urbains ça veut dire que ça donne au final quelle situation ça veut dire que la junte militaire peut espérer se maintenir conserver le pouvoir central et notamment dans la capitale mais avec un fort pouvoir de perturbation de cette opération djihadiste aujourd'hui leur priorité c'est se maintenir au pouvoir que ce soit la junte malienne nigérienne ou burkinabé combattre les djihadistes ça vient en deuxième priorité disons et on l'a vu se déployer sur le terrain depuis l'engagement des russes au Mali et même dans les pays les pays limitrophes tant qu'ils tiennent la capitale ils tiennent le pouvoir mais en même temps des pans entiers de territoire leur échappent plus de 60 70 du territoire leur échappe aujourd'hui au Mali parce qu'on a parlé certes des djihadistes mais on n'a pas parlé des groupes rebelles au nord qui ont qui sont passés à l'assaut le 25 avril et qui ont pris le contrôle là pour le coup de deux localités thessalite à la frontière algérienne et la fameuse la notoire ville de Kidal d'où les Russes ont été ont été chassés donc il y a les mouvements djihadistes certes qui agissent dans le centre dans le sud dans le nord mais là alors on parle ceux qui ont réussi à prendre une ville ce sont les groupes rebelles mais avec l'aide des djihadistes on a envie de comprendre avec vous Wassim quelle est la différence entre la situation d'aujourd'hui et ce que l'on a pu connaître en 2013 on parlait déjà à l'époque d'un autre assaut djihadiste sur le Mali de forces qui progressaient vers la capitale Bamako mais à l'époque ce n'était pas la junte militaire actuellement au pouvoir vous allez nous dire quelle nature de régime c'était c'était

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assez différent.Et la puissance étrangère sollicitée à l'époque, ça n'était pas la réussite de Poutine, mais c'était la France.En quoi cette situation de 2013, elle ressemble ou est-elle différente de celle qu'on vit aujourd'hui ?

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Donc à l'époque, c'était un coup d'État de 2012.Et là, on a un double coup d'État qui maintient l'actuel président, donc Assimi Goïta, au pouvoir.Mais la grande différence, disons, avec 2013, c'est que les acteurs ont changé.Donc, certes, les groupes rebelles ont muté, mais les groupes djihadistes ont beaucoup changé.Donc, en 2012-2013, c'était une coalition rebelle djihadiste.Et les djihadistes, pour faire court, ont fini par chasser les rebelles et les combattre.

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Et par ailleurs, les rebelles, donc la majorité touareg, sont devenus les premiers alliés de la France à l'époque dans la campagne militaire contre les djihadistes.Donc aujourd'hui, ce qui reste de ces groupes rebelles, c'est allié avec les djihadistes, qui sont plutôt des locaux.Parce qu'en 2012-2013, ils venaient d'ailleurs les djihadistes.Donc c'était l'époque où la descente d'Algérie, etc.Donc là, tout le monde est local.Les djihadistes sont des locaux, les rebelles sont des locaux, et ils ont conclu, disons, une alliance sur le terrain qui a permis, comme on l'a dit, la prise de Kidal.

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Parce que ce qu'on n'a pas dit, la ville de Kidal a été prise et les Russes se sont retirés.Et ça va revenir à votre question, justement, pour pouvoir protéger le pouvoir à Bamako.Ils devaient faire des choix.Donc les attaques qui ont eu lieu sur tout le territoire en coordination entre rebelles et djihadistes ont obligé Bamako, donc l'armée malienne et les Russes, à faire des choix.Et donc le choix était d'abandonner Kidal, mais pour protéger le centre et la capitale.Donc la configuration politique, militaire, les acteurs ne sont pas les mêmes.

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Et par ailleurs, on n'a pas la même poussée aussi qu'on a vu en 2013, parce que là, alors on parle, les Russes sont toujours présents dans deux localités très importantes, Aguelhoc et Tombouctou.En 2012-2013, ces deux localités étaient perdues par Bamako.Mais Bamako a la disposition de lutter contre les rebelles. lutter contre les rebelles.passées, ne peut pas rentrer aujourd'hui dans des négociations directes avec les djihadistes parce que son seul faire valoir politique de son maintien au pouvoir, c'est justement la guerre qu'elle fait contre ces djihadistes.Même si dans les faits, ce qu'ils font, les choix qu'ils font, c'est justement pour se maintenir au pouvoir.L'exemple le plus clair est le fait d'avoir envoyé toute la force militaire de la Malienne plus les forces russes en 2023 dans le nord, donc contre les rebelles, pas contre les djihadistes, ce qui a permis, pareil cochet, aux djihadistes de prospérer dans le centre et autour de Bamako pour le résultat qu'on a aujourd'hui.

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On voudrait comprendre avec vous aussi, Wassim, comment s'est opérée cette transition d'influence étrangère au Mali ?Comment est-ce que on en est venu à cette situation aujourd'hui ?La puissance étrangère de référence, c'est la Russie.Est-ce que le crédit, le prestige de la Russie comme protectrice justement de l'agent militaire au pouvoir, est-ce que ce pouvoir-là aujourd'hui ou cette image-là est un peu écornée ?

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Beaucoup, ce sont nombreux, sont ceux qui sont hâtés à dire que c'est fini pour la Russie à cause donc du retrait de Tassalit et de Kidal, donc un retrait qui s'est fait après avoir signé un accord donc ou conclu un accord avec les rebelles et les djihadistes.Mais ça ne veut pas dire que les Russes ne se sont pas battus à Kidal.Ils ont essayé de se battre à Kidal.Ils se sont battus dans le centre et autour de Bamako.Ils ont empêché les djihadistes de rentrer dans les rapports de Bamako après que les djihadistes aient réussi à tuer l'unité de défense malienne.Donc ils étaient obligés de faire des choix.

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Donc si la priorité est de maintenir le pouvoir et de préserver le pouvoir, ils ont réussi.Si la priorité était de préserver le territoire tout entier, ils ont échoué.Mais évidemment que leur priorité est de préserver le régime, c'est ce qui s'est passé.Donc je mettrais un peu de nuances par rapport à ça parce que leur objectif, ils sont payés pour maintenir objectif, ils sont payés pour maintenirle régime et ils l'ont fait.La France n'était pas là pour maintenir le régime, la France était là plutôt pour combattre les djihadistes.

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Et c'est là où il y a eu divergence entre les intérêts de la junte et les intérêts de la France, parce que les priorités n'étaient plus les mêmes.

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On a envie de comprendre avec vous, Assim, comment il a changé ce Mali que vous connaissez bien, entre le Mali justement de ces années 2012-2013 et le Mali d'aujourd'hui.Comment est-ce que vit la population avec cette junte militaire au pouvoir et avec la situation chaotique que vous venez de nous décrire ?

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Ruben, Netherlands

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En fait, le pays s'est complètement fermé à la presse, aux ONG, aux Maliens eux-mêmes quand ils sont opposants, en parlant même des plus fervents soutiens de la junte comme l'ancien Premier ministre Chagall Maiga.Aujourd'hui, il est en prison.Les opposants connus comme Monsieur Tall est en prison, son fils est en prison.Les autres opposants qui ont réussi à quitter le pays, ils sont aujourd'hui en exil.On parle de beaucoup de figures emblématiques comme Oumar Mariko, un marxiste assumé, qui est aujourd'hui au Côte d'Ivoire.D'autres aussi sont en Côte d'Ivoire, d'autres sont en France.

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L'imam Diko, pour ne parler que de lui, est en exil à Alger.Donc le pays est complètement fermé et le seul projet politique de cette junte, c'est de se maintenir au pouvoir.Et juste dernière chose par rapport à ça, beaucoup, la communauté internationale craint la faillite, disons, de l'État malien.Bah, sauf que l'État malien est déjà failli.C'est-à-dire la junte contrôle la capitale et à peine des bouts de son territoire.Donc, donc il est déjà failli cet État.

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Et on voit les conséquences de cet État failli dans les pays autour : Côte d'Ivoire, Burkina, Niger, Bénin, Togo.La jonction avec le Nigeria a été faite par les groupes djihadistes.Donc les États faillis de cette région, surtout. de cette région, surtout.trois pays du Sahel font que les groupes djihadistes se me se se bouge dans cette région sans entrave et donc pas le moment pas venu de trouver une solution politique qui ressemblerait à la solution politique en Syrie mais qui sera évidemment pas la même que ça veut dire au fond trouver une solution à la syrienne avec quel leader et quelle organisation du pays et que ça veut dire sur une sorte de nouveau djihadisme politique justement qui peut servir de base à un État ce serait plutôt une recherche disons de de gouvernance islamique ok ça ne sera certainement probablement pas en tout cas Ya Da Gali parce que c'est un toire du Nord il sera un acteur politique décisif mais ça reviendrait à quelqu'un d'autre de gouverner par exemple l'initiative du du de l'imam Diko qui aujourd'hui en exil à Alger ouvre à d'autres acteurs politiques pour dire on va trouver une gouvernance certe islamique en commun certe avec le jnime mais qui qui pousserait les uns et les autres à faire des concessions donc ça serait ça donc une sorte de de de de sortie du djihadisme international par la gouvernance quand on regarde par exemple le dernier communiqué du jnime qui est qui s'est fait en français et qui parle de solution politique qui parle du Mali et qui parle pas de djihad global sans référence au Nigeria on dit qu'il y a des concessions qui sont en train d'être faites mais plus le temps passe encore une fois plus l'aile la plus dure du jnime et en tout cas l'aile qui paye le prix le plus lourd donc les combattants peuls vont dire à quoi bon faire des concessions on voudrait prendre tout de force parce qu'il y a quelque chose qu'on a qu'on a qu'on a pas dit c'est que là l'effort qui a été mis dans les attaques coordonnées sur tout le Mali ceux qui ont mis le plus de moyens et qui ont le plus de pertes c'est les peuls dans le centre et autour de Bamako sauf que les gains politiques sont pour les toire du Nord donc c'est une situation aussi fragile une situation aussi fragileau sein même du Niger.

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En guise de conclusion, on peut considérer aujourd'hui Wassim qu'il n'y a pas précisément l'équivalent de cette armada al-Sharaa syrien qui a réussi d'une certaine manière bon en malant à fédérer cette espèce de patchwork communautaire ethnique qui était la Syrie post-Assad que ce leader là aujourd'hui il n'existe pas ou pas encore.

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Je pense que ce leader n'existe pas et qu'il ne faut pas chercher ce leader.Il faut plutôt chercher quelque chose de collégial qui serait fait entre les Maliens.Parler avec les djihadistes et trouver une solution politique au phénomène au Mali, ce sont les recommandations des dialogues intermaliens depuis des années.

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C'est votre point de vue en effet de connaisseur et personnel sur le Mali d'aujourd'hui.Est-ce que l'on peut aussi constater un chaos malien sans doute totalement singulier et inédit précisément si l'on prend comme comparaison la situation post-intervention de la France en 2014.L'éclatement du pays aujourd'hui et le chaos du Mali aujourd'hui, il est quand même à souligner et à noter.C'est difficile de dire le contraire.

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Absolument, mais ceux qui emportent la responsabilité sont les militaires au pouvoir parce que c'est eux qui ont fait les choix donc de chasser les partenaires qui étaient la France et les États-Unis quand on parle des trois pays et de prendre un partenaire qui qui n'est pas aussi efficace et puissant que les partenaires d'avant.Les exactions commises, que ce soit par Wagner ou par l'Afrique du Nord, ont plutôt renfloué les rangs des djihadistes.Qu'autre chose donc les résultats, le résultat qu'on voit aujourd'hui, ce sont les choix de la jeunesse.Quand ils avaient leur armée et les Russes dans le Nord combattent des rebelles qui avaient signé un accord, les accords d'Alger de 2015 et ils délègent le Sud et le Centre, on a le résultat qu'on a aujourd'hui.Et quand ils délègent le Sud et le Centre, c'est les pays limitrophes qui en payent le prix.On paye, on parle de la menace djihadiste dans les pays du Golfe de Guinée, mais ce sont les choix politiques qui ont été faits par les trois jeunes. faits par les trois jeunes.

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qui ont pris le pouvoir de force, qui ont mené à cette situation.Le président Bazoum au Niger, par exemple, il négociait avec les djihadistes, il achetait des drones aux Turcs, il avait le partenaire français, le partenaire américain, il arrivait à juguler parce que c'est de la contre-insurrection et à stabiliser la situation.Depuis qu'il est emprisonné chez lui, il est encore emprisonné chez lui par la jeune qui a pris le pouvoir, la situation dégringole au Niger et la jonction a été faite entre État islamique Afrique de l'Ouest autour du Lake Chad et l'État islamique dans le Sahel.Et la capitale Niamey a été attaquée.Donc leurs choix politiques et militaires mènent à la situation qu'on a aujourd'hui.

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Merci infiniment Wassim Nasr, journaliste à France 24, d'avoir essayé de nous éclairer sur cette situation maléno combien confuse.Je rappelle que vous êtes également chercheur pour the Soufan Center, un institut de recherche basé aux États-Unis.Vous êtes un spécialiste des mouvements djihadistes, on l'aura compris.Merci d'avoir été avec nous.Merci pour votre fidélité.On se retrouve bien sûr la semaine prochaine pour une nouvelle leçon de géopolitique.

14:26

À bientôt. À bientôt.

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