Le Mali, plus que jamais sous la pression des djihadistes ? | 28 minutes | ARTE
Quand l'histoire se répète, Kidal, dans le nord du pays, est de nouveau sous le contrôle des indépendantistes Tuaregs et des groupes djihadistes.Une offensive suivie du départ précipité à bord de ses camions des soldats russes qui avaient aidé l'armée régulière à reprendre Kidal en novembre 2023.Depuis samedi, le Mali a replongé dans une grave crise sécuritaire.Pendant deux jours, les Tuaregs du Front de Libération de l'Azawad et des djihadistes affiliés à Al-Qaïda ont mené des attaques coordonnées sans précédent jusqu'aux portes de Bamako.
Encore, encore, ça continue.
Sur ces images, des hommes armés circulent à Kati, à 15 kilomètres de la capitale.L'Agence au Pouvoir assure néanmoins que la situation est désormais sous contrôle.
L'objectif de l'ennemi était de conquérir le pouvoir.J'invite la population à ne pas céder à la panique.
Mais l'inquiétude est bien là, d'autant que le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué dans une attaque à la voiture piégée chez lui près de Bamako.
Je connais amèrement cette attaque.Quand y a un embout depuis.
Sadio Camara, formé en Russie, avait orchestré le départ du Mali des forces françaises en 2022 au profit des forces russes.Il avait favorisé le rapprochement entre Vladimir Poutine et le chef de l'Agence, le général Assimi Goïta, très discret ces derniers jours.Les combats entre l'armée et les djihadistes associés aux Tuaregs inquiètent toute la région, comme ici au Sénégal.
Si le Mali tombe, écoutez, c'est c'est tout le Sahel qui qui qui va suivre, ça va avoir des répercussions incalculables.
Alors, presque quatre ans après la fin de l'opération française Barkhane, le Mali risque-t-il de tomber aux mains des islamistes alliés aux indépendantistes Tuaregs ?L'Agence au Pouvoir était-elle en train de vaciller au risque de déstabiliser le pays ? déstabiliser le paystout le Sahel.
Nos trois invités pour ce débat : Jena Boucissé, bonsoir, vous êtes chercheuse associée à la Fondation pour la Recherche Stratégique, vous êtes spécialiste des questions de sécurité au Sahel.Selon vous, les attaques de ce week-end sont d'une ampleur inédite, avec une grande coordination.Mais ajoutez-vous la principale faiblesse des groupes djihadistes, c'est qu'ils n'ont pas réellement la capacité, en tout cas pas encore, la capacité de prendre le pouvoir.À côté de vous, Patresia Alémonière, bonsoir, grand reporter spécialiste des questions internationales, vous avez publié "Géopolitique du Sahel" au PUF.Et selon vous, avec la pression constante des djihadistes au Mali et sur d'autres pays de la région comme le Burkina Faso, il y a le risque d'un Sahelistan.Cela peut s'appuyer sur le mécontentement des populations face aux élites a priori corrompues.
Et à côté de vous, le général Trinquant, Dominique Trinquant, bonsoir, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, vous avez publié un essai d'un monde à l'autre, et vous considérez que l'un des faits marquants, et bien lors de cette offensive qui a eu lieu dimanche, c'est la chute de la ville de Kidal que les Russes de l'Afrika Corps ont évacuée sans combattre après avoir conclu un accord.C'est une vraie défaite stratégique pour la Russie au Sahel.Et on va démarrer le débat avec la carte du jour.
Oui, la carte des attaques conjointes donc des rebelles Touaregs du Front de Libération de l'Azawad (FLA) et des djihadistes du GSIEM pour Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans affilié, groupe affilié à Al-Qaïda, plusieurs villes regardées ont été ciblées ces derniers jours, y compris des quartiers proches de la capitale Bamako.Patresia Alémonière, ce qui est nouveau, c'est que c'était une attaque coordonnée sur peu de temps, qui est sans précédente depuis bien longtemps.
Ah oui, les dernières attaques majeures effectivement remontent à plus de dix ans, quand effectivement les djihadistes descendants de Kidal et du Nord étaient arrivés. Nord étaient arrivés.avaient dépassé ces vallées que vous voyez là, étaient arrivés aux portes de Mopti pratiquement, et c'est là où l'armée française et le président Hollande avaient déclenché l'opération qui n'était pas encore Barkhane, mais qui s'appelait Serval à l'époque.
Généraux Boussicé, comment explique-t-on, expliquez-vous une alliance entre des groupes qui semblent-ils n'ont pas du tout les mêmes buts de guerre et la même vision civilisationnelle que sont les indépendantistes Touareg et les jihadistes islamistes ?
C'est une alliance qui est inédite pour la communication, puisque c'est la première fois en fait qu'ils officialisent cette alliance.En revanche, c'est une alliance qui a des racines historiques, puisque déjà en 2012, il y a AKM et le MNLA, c'était c'était allié, et surtout il y a énormément de liens de solidarité ethnique, tribale et familiale entre les groupes armés signataires, donc les groupes qui ont signé les accords d'Alger, dont faisait partie le MNLA et puis maintenant le FLA, qui est un peu le successeur de le Front de Libération de l'Azawad.Tout à fait.Et les groupes les groupes jihadistes.Donc en fait, il y a déjà eu des liens, enfin des des opérations conjointes, des liens de coordination logistique, et il y a eu un accord notamment l'année dernière entre le GIM donc le GACM et le FLA.Donc rien de nouveau en termes de d'alliance, si ce n'est cette communication, et donc c'est en cela qu'il faut bien garder cela à l'esprit.
Général Trinquant, tout de même, l'Algérie était déjà sous pression d'un blocus depuis six mois des djihadistes sur les convois de carburant, mais là on est passé à un stade supérieur dans l'offensive.
Oui bien, bien sûr, on est passé à un stade supérieur, d'abord dans l'utilisation des moyens, dans leur coordination, et même si les objectifs sont très différents. sont très différents.faut rappeler que le FLN c'est surtout territorial, c'est l'indépendance de la Zawad, alors que l'autre c'est la Zawad, ça regroupe large le nord du Mali.Alors que le mouvement djihadiste, lui, c'est c'est plus idéologique.
C'est l'instauration de la charia.
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— Ruben, Netherlands
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Get started freeDonc il y a une une alliance de circonstances pour que les forces se joignent et arrivent à frapper partout en même temps et partout en même temps avec une conquête extrêmement rapide de Kidal.Pour la suite, on va voir.Pour l'instant, Bamako et il y a un blocus autour de Bamako.Il y avait déjà eu un blocus de autour de Bamako, mais là on sent ce qu'on est à un stade différent et que ça pourrait avoir vraiment des répercussions importantes sur la bascule du régime au Mali.
Kidal, c'est une ville clé, Patricia Lemagnière.Kidal, c'était la seule vraie réussite de l'Agence qui a pris le pouvoir à Bamako.En 2020.En 2020, c'est le la le c'est vrai.Kidal.Dans quel sens la seule vraie réussite ?
Alors je vous explique.Kidal, c'est un symbole.C'est le symbole de l'unité du pays, de l'unité nationale.Et l'Agence avait justement dit en enfin, les Français nous ont empêchés de reprendre Kidal.Nous allons reprendre Kidal et avec l'aide des supplétifs russes, effectivement, ils ont réussi à à reprendre Kidal et ça avait été vanté et c'était populaire au sein de de toute la population du Sud qui reste attachée à à cette unité.Donc là, c'est une défaite en fait majeure pour les militaires qui ont pris le pouvoir à Bamako parce que c'est vraiment sur cette unité territoriale qu'ils basaient leur leur demande et leur appel au soutien russe.
Et là, ils sont mis en échec.Et j'ai envie de dire, pour reprendre ce qui était dit précédemment, il y avait ce blocus avant, mais ce blocus était économique essentiellement.Il était là en place depuis finalement plus d'un an et les attaques de Bamako, il y a déjà eu des attaques à Bamako.L'aéroport a été attaqué.il y a un an.Là, ce qui est extraordinaire, c'est qu'on a eu trois bases militaires quand même attaquées au même moment.
Djianaboussi, est-ce que vous pouvez nous éclairer sur l'attitude de la population ?Est-ce qu'ils sont les Maliens pro djihadistes et Tuareg, ou encore en soutien à la junte ?On a du mal à le cerner.
Oui, c'est une question qu'on pose beaucoup, et en fait, la réponse n'est pas facile parce qu'elle n'est pas binaire.À Bamako, théoriquement, c'est le centre du pouvoir, c'est la capitale.Les populations sont très peu acquises aux causes des groupes armés, que ce soit les groupes du Nord ou les groupes djihadistes, et même plus largement dans le sud du pays, même si on observe quand même une influence croissante du génie ces dernières années dans le sud.C'est quand même des populations qui ne sont pas aussi acquises aux causes djihadistes.Dans les populations rurales, la situation est un peu plus contrastée.On parlerait plutôt de complicité passive, puisqu'il n'y a aucun signe, symbole étatique, aucune présence étatique.
C'est ce qui, d'ailleurs, a permis l'expansion de ces groupes.C'est parce qu'il y a un vrai vide de gouvernance et aucune présence de l'État qui permet la pénétration de ces groupes.Et donc, en fait, les populations sont mises devant un choix entre c'est soit se soumettre, soit risquer la mort, souvent.Donc voilà.Je pense, je n'irais pas non plus jusqu'à dire que les populations sont entièrement acquises aux causes djihadistes, mais je parlerais peut-être plus de complicité passive et aussi de recrutement qui sont favorisés par la marginalisation des communautés, en particulier les communautés peules.
Recrutement et on leur donne en échange de recrutement du travail, de l'argent pour faire vivre les familles.Alors l'histoire bégaye en ce qui concerne le Mali.Le Mali avait déjà fait face à une attaque de djihadistes de grande ampleur.Vous l'avez évoqué tous les trois. tous les trois.Retour grâce à notre archive en janvier 2014 quand le président malien de l'époque fait appel à l'aide de la France et à François Hollande.
La destruction à Tombouctou de mausolées de saints musulmans inscrits au patrimoine mondial de l'humanité par les islamistes du groupe armé en Sardine suscita une vive émotion partout dans le monde.Mais c'est l'offensive le 11 janvier dernier de groupes islamistes sur Bamako qui poussa la France à intervenir au Mali.Quelques jours suffirent à l'armée française pour stopper l'offensive et reprendre Gao, le fief des extrémistes.Huit mois après l'intervention Serval, des élections libres ont lieu dans le pays.Ibrahim Boubacar Keita est le nouveau président du Mali.
Général Trinquant, aujourd'hui l'histoire baigne est certe, mais la France donc est partie en 2022.Ce sont les Russes qui sont arrivés, mais en même temps là les Russes ils ont aussi quitté les zones djihadistes.Ils ont quasiment fui.Pourquoi vous comment vous l'expliquez ?
Alors d'abord revenir sur Serval deux minutes.C'est à la demande du gouvernement que Serval était intervenu, qui avait arrêté les djihadistes, qui n'avait pas complètement neutralisé les djihadistes parce que les avait arrêtés plutôt que d'aller chercher, j'allais dire plus au nord.Mais comme cela a été dit, il n'y a pas eu une mise en place d'un gouvernement vraiment dans ces zones-là, préfecture, police, école, etc.Et donc le terreau est resté favorable à une opposition.Il y a eu un coup d'État à cause de cet échec politique en fait.Et ce coup d'État a demandé aux Français de partir.
Tout simplement, il faut se souvenir que tous ces pays du Sahel après leur indépendance étaient très liés à Moscou.Et donc vous aviez beaucoup de gens qui avaient été formés à Moscou et qui ont pris le pouvoir.Et prenant le pouvoir, ils ont dit les Français dehors, on remplace par les Russes.Sauf que les Russes ce sont des mères mèresC'était d'abord Wagner, maintenant c'est l'Afrikacorps et qui est en fait une garde prétorienne, mais qui a pas vraiment la volonté de combattre.Et on l'a bien vu à Kidal où il y a eu un accord.
Ils sont partis sans combattre.Et aujourd'hui, d'ailleurs, sur les réseaux russes, une grande critique de l'armée malienne.Donc pour des alliés, c'est quand même ça peut être discutable.Surprenant.
On va évoquer donc avec vous trois et avec Ana l'Afrikacorps.
Qui sont ces paramilitaires russes ?Moscou est présent en Afrique, vous l'avez dit, grâce à ce groupe paramilitaire Afrikacorps qui a été créé en 2023 sous la tutelle du ministère de la Défense russe.Groupe qui a remplacé l'autre groupe Wagner après la disparition de deux de ses fondateurs.L'objectif d'Afrikacorps il est très clair.Je cite : mener des opérations militaires à grande échelle sur le continent pour soutenir les pays qui veulent se débarrasser de la présence néocoloniale et acquérir leur pleine souveraineté.Alors le groupe s'est très vite déployé au Burkina, en Libye, au Soudan, au Niger, puis enfin au Mali à partir de 2025.
Afrikacorps devient le bras armé de la junte au pouvoir avec 2500 soldats dont la majorité 80% à peu près sont des anciens de Wagner.Ils fournissent bien évidemment du matériel militaire en grande quantité.Plusieurs images, on va les voir, révèlent d'ailleurs une livraison fin mars de plusieurs types de blindés chinois et russes au Mali, preuve du renforcement de leur présence militaire dans le pays.Et ça n'a pourtant pas empêché leur déroute et leur capitulation à Kidal, donc ville qui a été sous le commandement des Russes depuis 2023 après la signature de cet accord dont vous parliez avec les rebelles.Dimanche dernier, 400 membres de l'Afrikacorps ont été évacués en le voit ici vers le nord du Mali par les combattants Touareg avec obligation de quitter le pays par leurs propres moyens.Patricia Lémoinière, est-ce que la signature de cet accord par les Russes avec ces rebelles Touareg Touareg
c'est la preuve, c'est une trahison pour l'ajunte malienne au pouvoir
Alors les rapports entre les deux n'étaient pas au beau fixe, parce que l'ajunte malienne, en particulier le ministre de la Défense, qui était en fait l'artisan de l'arrivée russe à Bamako, puisqu'il avait fait une partie, il était en formation en Russie quelques quelques années plus tôt, eh bien, lui, il voulait garder Wagner.Il ne voulait pas de cet Afrika Corps qui dépendait du ministère de la Défense, du FSB, qui était structuré avec une chaîne de commandement.Avant, quand il, quand il y avait Wagner, en fait, c'était des hommes de point, de coups de poing.Il faisait des opérations qu'il décidait sur le terrain avec avec des exactions qu'on a vues au Mali.Il menait des opérations coups de poing.Depuis qu'il y avait l'Afrika Corps, eh bien, c'est tout devait remonter.
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Get started freeLa décision centrale devait remonter à Bamako, voire même à Moscou.Donc c'est une machinerie beaucoup plus lourde.Les Russes se plaignaient des Maliens qui ne savaient pas se pas se battre sur tous les réseaux sociaux.Et quant aux Russes et quant aux Maliens, eux, ils se plaignaient d'être considérés comme des comme des esclaves avec ce côté méprisant que peuvent avoir les Russes.Mais ce que j'ajouterais, c'est que le fond du problème, il réside vraiment dans les marges, dans ces pays-là.C'est-à-dire, c'est-à-dire les populations situées aux marges qui ont été totalement délaissées durant des années, avec le pouvoir central qui faisait des opérations parfois coups de poing pour les mater, et ils se sont retrouvés exactement dans cette même situation aussi.
Donc on a beaucoup plus une révolte des marges utilisée par les djihadistes que un mouvement djihadiste qui est tombé tout droit d'Algérie, qui s'est répandu comme une comme des métastases.
Diabou Sissé, il y a aussi le ministre de la Défense, qui est un homme clé, qui est un homme clé dans le rapprochement avec Moscou, qui a été tué dans un attentat.Ça, c'est important dans ce qui est en train de se passer.
Oui, tout à fait.En fait, les les groupes ont sont parvenus à frapper en plein cœur du pouvoir.Et c'est un pouvoir. Et c'est unla meilleure preuve de l'échec de la stratégie du pouvoir puisque en fait ce qui a été ce qui a été choisi privilégié par l'ajunte c'est une stratégie du tout sécuritaire donc s'allier aux aux russes parce que ce qu'ils vendent leur marque c'est la sécurisation de régime les gardes prétoriennes comme ça a été évoqué mais aussi les livraisons d'armement il y a eu une dizaine de livraisons d'armement rien que l'année dernière les la formation militaire mais en fait les principaux facteurs de d'expansion de ces groupes c'est les défauts de gouvernance c'est les défaillances et non pas des des facteurs purement sécuritaires donc c'est pas à coup de drones ou même à coup de mercenaires qu'on peut gagner cette guerre entre guillemets général Trinquant l'ajunte elle peut tomber du jour au lendemain alors on a vu à Simgoïta le président malien il a reçu l'ambassadeur de Russie donc il y a encore ce soutien mais en même temps le Niger le Burkina Faso qui devaient intervenir ne sont pas intervenus au secours de l'ajunte on entend qu'elle ne contrôle aujourd'hui que 30 du territoire donc elle est extrêmement fragilisée oui bien sûr alors il y avait une alliance entre les pays du Sahel et le Mali en passe de tomber rien ne se passe le Niger et le Burkina Faso en fait sont très inquiets pour je rappelle qu'il y a eu une une opération importante au Niger au Niger pardon et puis que le Burkina Faso les trois quarts du pays sont tenus par par des djihadistes donc ils sont très très inquiets il y a quand même une force armée de cinq mille hommes autour de cette alliance des États du Sahel ils auraient pu intervenir aligner des chiffres sur des papiers c'est pas très compliqué de coordonner une armée c'est un autre sujet or là effectivement il y a des chiffres qui ont été alignés il y a beaucoup de il y a beaucoup de communication qui est faite dans ces pays là et peu de choses en réalité sur le terrain juste un mot le ministre mot le ministre
général Camara qui a été tué, c'est un attentat suicide d'ankatì.Ankatì, c'est une ville au nord de Bamako qui est le centre du gouvernement, et donc c'est absolument incroyable qu'une attaque ait pu avoir lieu là-bas.On pense que le chef du renseignement a également été soit mort, soit grièvement blessé.Enfin, il y a vraiment une capacité de renverser.Alors Bamako, c'est un autre sujet.C'est pour ça qu'il y a un blocus autour de Bamako.
Au bout d'un moment, il tombera peut-être comme le fruit mûr, mais je pense que le Niger, comme le Burkina Faso, doivent être très inquiets.
Il faut craindre cette extension.Certains parlent de sahelistan, même d'un instauration d'un califat dans les hypothèses les plus dramatiques.
Le mot sahelistan, c'est plutôt l'instauration effectivement d'une gouvernance djihadiste qui est à craindre dans cette région-là.Il faut voir que le Burkina Faso est dans très mauvais état.Il est aussi les trois quarts du pays échappent à la maîtrise du gouvernement.Quant au Niger, qui a une armée qui est un petit peu plus solide, il tient pas, il tient pas très bien.La preuve, l'aéroport de Niamey a été attaqué il y a tout juste, il y a quelques mois, et les djihadistes avec trois pick-up, etc.Ont réussi à tenir l'aéroport pendant un certain temps.
Donc ça montre bien la fragilité extrême de ces régimes, et surtout, ils n'ont pas réussi à construire une armée.Et c'est vraiment chaque fois le problème.Il n'y a pas de construction nationale d'une armée parce qu'il n'y a pas, il n'y a pas tout simplement de sentiment national.Il y a une difficulté à avoir une émergence.Et imaginez-vous ces pays qui avaient passé des accords avec les Russes.Quant aux autres pays de la région qui sont eux aussi menacés, le Togo, la Côte d'Ivoire, le Ghana, enfin tous sont menacés par cette par cette menace djihadiste.
Quand ils voient l'allié russe qui regarde pratiquement ailleurs, au moment où sont où il y a plus de 2500 hommes qui étaient là qui devaient l'aider, regarde pratiquement ailleurs, ils regardent d'un seul coup l'Iran. regardent d'un seul coup l'Iran.il regarde d'un seul coup le Venezuela, il regarde tout ce que l'Alliance russe promet et ne fait pas.Et ne tient pas.Et donc c'est un coup, à mon avis, très dur encore porté à l'image de la Russie sur le continent.
Alors on parle justement des Russes.La France a-t-elle perdu toute influence au profit des Russes ?Écoutez la réponse du ministre des Affaires étrangères français, Jean-Didier Barrot, qui était d'ailleurs en visite officielle au Togo il y a trois jours.Il ne faut pas se laisser intoxiquer par la propagande qui circule sur les réseaux sociaux.Comparez la présence de la France et de l'Union européenne d'ailleurs sur le continent, que ce soit en matière d'investissements, d'échanges commerciaux, de soutien à l'Union africaine ou d'étudiants des pays africains qui sont accueillis dans nos universités.Il n'y a aucune comparaison entre la contribution de la France et de l'Union européenne au développement du continent et celle de la Russie.
Jean-Bobusis, qui peut aujourd'hui jouer un rôle dans ce qui est en train de se passer ?La France, l'Union européenne, les États-Unis aussi veulent être présentes.Qui a une influence réelle ?
C'est une question difficile.Qui a une influence réelle ?Encore une fois, la solution, elle est dans la crise, enfin dans la résolution de cette crise de gouvernance.Donc les soutiens extérieurs ne peuvent être que limités structurellement.Spectateur aujourd'hui, même bien fréquenté.Il faut restaurer ce lien entre l'État et les populations.
Et ça, c'est une entreprise qui prend du temps.Et ça passe aussi par une économie.Ça passe aussi par une économie.Maintenant, oui, il y a énormément d'acteurs extérieurs qui essayent de se positionner.Les États-Unis font un retour en force avec justement une proposition de d'offrir un peu ce qu'ils ont fait en RDC, donc d'offrir des services de sécurité en échange d'un accès aux ressources minières, avec aussi une approche qui se veut très transactionnelle, toujours trade, not aid.Sécurité contre bénéfices.
Il y a les Turcs aussi. y a les Turcs aussi.dont on parle peu, mais qui ont une stratégie très multidimensionnelle, puisque c'est bien sûr la diplomatie du drone avec la fourniture des drones TB2 et Akinci, mais il y a également de la diplomatie religieuse, il y a également donc de l'aide humanitaire.On dit que certains mercenaires turcs sont impliqués également dans la dans la garde prétorienne malienne.Donc les Turcs bénéficient d'une stratégie plus discrète et en même temps beaucoup plus multidimensionnelle, là où à mon sens la Russie a une stratégie très limitée, qui est très monosécuritaire et qui bénéficie surtout d'un volet informationnel extrêmement puissant, puisque derrière la Russie, le total des échanges économiques entre la Russie et le continent africain, c'est 20 milliards de dollars.Donc en comparaison, c'est plus de 280 milliards pour l'UE, 295 milliards pour la Chine.Donc c'est c'est rien.
Il ne contribue en aucun cas à l'économie du Benin.
Général Tranchot, on a intérêt, on a intérêt nous, la France, à tenter de se réinvestir.Alors il y a toujours cette crainte d'attentat aussi sur notre sol.Est-ce que ça, la France peut le faire?Elle en a encore la force et la capacité.
Alors le premier point, il faut regarder et attendre.Pourquoi?Parce que on le disait, les réseaux sociaux se déchaînent contre la France en prenant le prétexte de la colonisation, en oubliant complètement le racisme des Russes en Afrique.Donc je pense que il faut laisser retomber les choses et que les pays africains, de même, reviennent.Le Togo, le Bénin, la Côte d'Ivoire, tous ces pays là se rapprochent de la France parce qu'ils savent que la France peut les aider, de façon beaucoup moins visible que ce qu'elle a fait au cours de l'opération Serval ou Barkan, parce que là, c'était très visible et donc ça offre forcément une prise à la la
"Cockatoo has made my life as a documentary video producer much easier because I no longer have to transcribe interviews by hand."
— Peter, Los Angeles, United States
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Get started freeMerci en tout cas à tous les trois d'être venus débattre et nous faire mieux comprendre tous les enjeux maliens et pour la région et le continent.Merci infiniment. infiniment.
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