« Les sondages et leur utilisation médiatique participent à la banalisation du RN »
Arrêtez tout.Jordan Bardella est le grand favori de l'élection présidentielle, à moins qu'Édouard Philippe ne le coiffe au poteau.En tout cas, c'est certain.Jean-Luc Mélenchon est un très mauvais candidat de second tour.C'est un repoussoir.Il faut absolument un candidat de gauche, non mélenchoniste, Marine Tondelier, François Hollande, François Ruffin, Olivier Faure, n'importe qui éventuellement choisi par une primaire pour le dépasser au premier tour.
Ces sentences, ces récits, ces oracles fondés sur des sondages d'intentions de vote envahissent chaque jour les médias et la chronique politique.À un an de l'élection présidentielle, une élection dont le casting et le contexte, autant français qu'international, n'est pas du tout connu à ce jour.Et c'est là que ça se complique, parce que ce casting lui-même, les candidatures, les non-candidatures, les ralliements, les désistements, et même peut-être les lignes politiques défendues dans cette élection présidentielle vont être, dans une proportion non négligeable, déterminées ou influencées par les sondages, par les sondeurs.Parce que nous entrons justement dans cette longue phase qui va précéder l'élection présidentielle de 2027.Il nous a semblé important dès maintenant de vous proposer aujourd'hui une émission sur les sondages.Comment sont-ils faits ?
Comment influencent-ils la politique et son commentaire médiatique ?Quelle hygiène mentale adopter pendant ces longs mois jusqu'à la présidentielle ?Réponse dans cette émission avec le sociologue, le politiste Hugo Touzez dans la fabrique des sondages.Bonjour et bienvenue.C'est à l'air libre l'émission de Mediapart.À l'air libre, l'émission de Mediapart est disponible sur notre chaîne YouTube et les différentes plateformes de podcast.
Elle est en accès libre.Elle est possible seulement grâce à vos abonnements.Donc, si vous le pouvez, abonnez-vous à Mediapart.Abonnez-vous aux médias indépendants.Bonjour Hugo Touzez.
Bonjour.
Vous êtes politiste, sociologue.Vous avez publié en 2017 « Vote populaire : les bases sociales de la polarisation électorale ».C'était aux éditions du Croquant.En 2020, une sociologie de l'opinion publique aux Presses universitaires de France.Et puis surtout la. Presses universitaires de France. Et puis surtout la.raison pour laquelle on vous invite aujourd'hui, c'est ce livre produire l'opinion, une enquête sur le travail des sondeurs paru il y a quelques mois aux éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, un livre que je vous recommande sur les sondages qui est basé sur votre thèse, le fruit en fait d'une enquête de cinq ans sur ce marché que sont les sondages de deux milliards d'euros, un business avec des commandes, des clients, des objectifs de rentabilité, c'est important de le dire dès le début.
Vous êtes le premier sociologue, et ça c'est important à noter, qui a pu faire son terrain en travaillant dans un institut de sondage au plus près de leur fabrication et de leur boîte noire.Avec moi pour vous interroger, Mathieu Dogen, journaliste au pôle politique de Mediapart.Salut Mathieu.Salut.Une précision parce qu'il est important de dire d'où nous parlons depuis sa création.Mediapart ne commande pas de sondages, Mediapart ne commente pas de sondages dans son traitement de l'actualité politique.
Nous nous intéressons en revanche évidemment à leur fabrication et à la façon dont elles impactent le débat public.Alors nous on le fait, de nombreux médias indépendants le font aussi.C'est aussi par exemple le cas du quotidien Ouest-France, grand quotidien national.On va pas se mentir quand même, on se sent un peu seul.Hugo Touzet, est-ce qu'on pourrait imaginer un monde sans sondages ?
Ça parait bien compliqué aujourd'hui dans la mesure où ils ont pris une place absolument extraordinaire.Et les sondeurs posent d'ailleurs une question quand on leur oppose cet argument, on interdisait les sondages, eux répondent et c'est intéressant je trouve pour la discussion autour des enjeux démocratiques que ça pose.Eux répondent, nous on est un instrument indispensable à la démocratie parce que on vous permet de savoir en toutes circonstances et sur tous les sujets ce que pense le peuple, les gens, etc.
Et qu'en gros sans nous, sans les sondages, d'ailleurs avant les sondages, vous étiez obligé d'attendre une élection à l'autre pour savoir ce que pensaient les gens.
Donc il y a cette espèce de rhétorique professionnelle qui est à la fois très ancrée dans la profession, chez les premiers sondeurs et encore chez les sondeurs aujourd'hui. sondeurs aujourd'hui.et qui est qui est à la fois très maline mais en même temps qui pose des questions sur le rôle et la place de ces sondages certes ils objective un certain nombre de tendances si on pourra d'ailleurs y revenir mais les chercheurs et les chercheuses en sciences sociales utilisent aussi des sondages qui d'abord un instrument de recherche mais en même temps qui font ça les sondages contribuent à cadrer à orienter à discuter des thématiques qui sont pertinentes et par miroir celles qui ne le sont pas alors en effet vous avez parlé d'inflation c'est bien ça dont il se qui se passe j'ai rien que pour l'élection présidentielle selon la commission nationale des sondages en 2002 il y avait eu 193 sondages pour pour l'élection présidentielle en 2017 c'était 560 un peu moins en 2022 467 mais en tout cas on a une véritable inflation au point que on est vous en parlez dans votre livre pas très loin de ce monde que décrivait l'auteur de isaac asimov dans une nouvelle qui s'appelait à voter en 1955 c'était déjà une nouvelle sur l'obsession sondagière aux états unis et il y avait un super calculateur le multivac qui permettait quasiment d'évacuer les élections en choisissant finalement les candidats qui seraient élus que cette dystopie écrite il y a 70 ans n'est pas un petit peu devenue notre réalité sur le caractère démocratique de tout ça alors cette cette nouvelle effectivement elle pose un certain nombre de questions et elle dit davantage des inquiétudes de la société des auteurs des autrices de l'époque que d'une réalité parce que autant je pense qu'il est important on va le faire dans cette émission de discuter du rôle des problèmes que peuvent poser les sondages autant je trouve qu'il est aussi important de rappeler tout de suite que les sondages ne font pas et que ce serait la volonté de certains mais les sondages ne font pas eux seuls la politique la vie politique et qui se passe plein d'autres choses dans la vie politique qui ne se résume pas aux sondages et d'ailleurs pour une petite anecdote mais si on se résumait aux sondages dominique strauss kahn aurait été président de la république françois fillon aurait été président de la république la politique c'est aussi plein d'autres choses donc les sondages ont effectivement un rôle extrêm sondages ont effectivement un rôle extrêmfort, mais ils ne résument pas seuls la vie politique.Un mot simplement sur l'inflation, peut-être, juste pour l'expliquer.Cette inflation du nombre de sondages, elle est d'abord explicable par des motifs économiques et par des questions matérielles.C'est-à-dire qu'aujourd'hui, par rapport à 2002, par exemple, dont vous parliez, on est passé extrêmement majoritairement par des sondages faits par Internet.
C'est-à-dire qu'on interroge des gens en leur posant des questionnaires auto-administrés en ligne.Et ça, ça a eu deux effets fondamentaux.C'est que ça a réduit considérablement le temps de faire une étude par sondage.C'est pas très cher à coup de.C'est pas très cher.Le temps et le coût.
Avant, il fallait passer des milliers de coups de fil pour avoir quelques milliers de personnes au téléphone.Aujourd'hui, en quasiment 24 heures, même parfois quelques heures, vous pouvez avoir les réponses d'un sondage.
Alors, la place des sondages incontrôlés et leur interaction infernale avec les médias, à vrai dire, ce n'est pas un sujet nouveau.C'était d'ailleurs une des obsessions du sociologue Pierre Bourdieu, 1986.Archives INA.On regarde.
Je souhaiterais beaucoup que des institutions efficaces, de contrôle efficace, soient mises en place et qu'en tout cas, et c'est le sens de mon intervention, le soupçon, là, soit se généralise.Regardez sondages que les hommes politiques, les journalistes, etc.Regardent de manière soupçonneuse, c'est-à-dire avec vigilance, comme le font les chercheurs les sondages.Votez-vous nul.Et un des effets principaux que posent les sondages, c'est d'imposer à des gens des questions idiotes ou des questions qui n'intéressent que ceux qui les posent.Bon, alors comme les gens sont polis, en général, ils répondent et par le fait de poser certaines questions naïves d'un point de vue scientifique, on produit des réponses artificielles, on produit des artefacts.
Il s'agit d'un sondage.
Hugo Thoux et Pierre Bourdieu, dès 1973, bien longtemps avant ça encore, il avait écrit un texte resté célèbre publié dans. un texte resté célèbre publié dans.
les Temps modernes et disait l'opinion publique n'existe pas et pour expliquer il disait l'opinion publique n'existe pas sous la forme en tout cas que lui prêtent ceux qui ont intérêt à affirmer son existence il disait les sondages je cite demandent aux gens de prendre position sur des opinions formulées en produisant par simple agrégation statistique d'opinions ainsi produites cet artefact donc qui est l'opinion publique vous pouvez le retrouver ce texte de référence qui est très souvent cité pour ça on voulait mettre au début de l'émission sur le site Acrimed de critique des médias Bourdieu Hugo Tousset il nous prévient les instituts de sondage ne sont pas des objets neutres c'est d'abord ça qu'il dit oui et ce qui j'aime bien dans ce propos c'est l'idée il faut que le soupçon se généralise et ce qui est intéressant c'est qu'en fait c'est exactement ce qu'on apprend aujourd'hui aux lycéens aux lycéennes quand on leur parle de critique média on leur dit il faut regarder les médias avec un œil critique il faut apprendre il faut recouper les sources il faut regarder ce qui bah en fait il faudrait apprendre à faire exactement la même chose pour les sondages il faudrait apprendre à le faire aux lycéens aux lycéennes mais aussi surtout aux journalistes qui commandent et qui commentent énormément de sondages ça c'est le premier le premier élément qu'on peut qu'on peut dire sur sur la question de l'opinion publique n'existe pas qui est un texte donc qui est paru en conférence prononcée en 1972 et qui paraît en 1973 il y a à mon avis quelque chose qui est totalement dépassé et quelque chose qui est totalement actuel dans ce texte qui est dépassé c'est que quand parle Bourdieu il y a trois instituts de sondage que réaliser des sondages ça coûte extrêmement cher ça prend du temps et donc pour le dire vite effectivement ce sont simplement les dominants pour reprendre les termes de Bourdieu qui peuvent commander et exploiter des sondages aujourd'hui on l'a évoqué faire un sondage ça coûte pas beaucoup d'argent et donc pour le dire vite tout le monde peut se payer un sondage vous êtes une association ou une association vous pouvez commenter et commander des sondages pour autant que quand même parce que le paysage quand même parce que le paysage
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— Ruben, Netherlands
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Get started freemédiatique il a évolué, que pour autant la capacité des dominants à rendre, à faire passer leurs sondages dans l'opinion, elle, elle n'a pas vraiment changé, ça c'est même conforté.
C'est peut-être ça le point qui est parfaitement actuel, c'est qu'aujourd'hui tout le monde, je disais, peut commander un sondage, mais tout le monde n'a pas du tout les mêmes capacités à lui donner une force sociale, pour ainsi dire, de lui donner de réelles répercussions sur le débat public.Je prends souvent l'exemple du journal L'Humanité, qui commande régulièrement des sondages sur la lutte des classes, sur est-ce que les Français pensent qu'il y a encore une lutte des classes et qu'il faudrait nationaliser des entreprises.Ces sondages, ils sont commandés, ils sont réalisés, à l'époque c'était par l'Ifop, je sais pas, c'est toujours le cas, ils sont publiés dans les colonnes de L'Humanité, mais ils n'ont évidemment pas le même retentissement que tout un tas de sondages qui peuvent être faits sur l'immigration, la délinquance, etc.
En particulier, on n'en parle pas sur les plateaux des chaînes d'info.C'est bien ça dont on parle.
Ils ont un pouvoir prescripteur très fort puisque c'est pas tellement des gens, la sociologie des médias a bien montré ça, c'est pas tellement des gens qui vont vous dire ce qu'il faut penser, mais plutôt ce à quoi il faut penser.Et les sondages sont un outil très puissant pour vous dire ce à quoi il faut penser.On l'a vu, on parlera tout à l'heure peut-être des élections municipales, mais il y a eu un commentaire très fort qui revenait régulièrement dans les plateaux télé, c'est la question importante de ces élections municipales, c'est la question sécuritaire, c'est la question de la sécurité.Bon bah, on place le terrain où doit se situer la discussion légitime, le débat légitime, et par défaut, on ne place pas le terrain sur d'autres focales qui pourraient être tout à fait aussi importantes pour les pour les gens.
Alors que vous dites, d'autres sondages montrent aussi, qui sont faits peut-être de façon plus lente et avec d'autres bases, montrent que les gens s'intéressent à la santé, aux services publics, à d'autres problématiques.
Et quand vous demandez aux gens quelles sont vos priorités principales, les choses qui font que vous allez aller voter, en réalité, les choses qui arrivent en haut de l'échelle, souvent, ce sont des thématiques très classiques, le pouvoir d'achat, la santé, l'éducation de de ses enfants, de plus en plus l'écologie.Il y a aussi les enjeux immigration et sécuritaire, mais qui en réalité, quand on fait des enquêtes, n'arrive pas en. quand on fait des enquêtes, n'arrive pas en.premier Mathieu oui pour qu'on comprenne bien ce dont on parle en fait il faut préciser que dans votre livre vous vous étudiez les instituts de sondage qui font des sondages d'opinion donc ce qui étudie les intentions de vote or c'est une partie économiquement petite en fait du business général des sondeurs et des instituts de sondage mais par contre c'en est vraiment la vitrine en réalité ce qu'on a tendance à oublier c'est que ces instituts sont des entreprises privées qui répondent à des commandes et qui visent à faire du profit oui il y a une forme de malice dans le nom même d'institut parce que institut ça réfère à quelque chose de l'ordre des sciences dites dures par exemple on pense à l'institut Curie l'institut Pasteur où on pense à des choses comme des instituts de réflexion l'institut Montaigne l'institut Labouesse et donc ça met un peu de côté si vous voulez la dimension commerciale or vous l'avez rappelé ces entreprises et d'ailleurs les sondeurs que j'ai interrogé le revendique pleinement c'est quelque chose qui est parfaitement assumé sont des entreprises privées qui doivent réaliser du profit et la particularité des sondeurs et des sondeurs ce que moi j'ai étudié qu'ils travaillent dans les départements opinions de ces entreprises là c'est que ce sont des gens qui réalisent peu en termes de chiffre d'affaires de leur entreprise puisque 80 à 90 du chiffre d'affaires est réalisé dans les départements marketing pour que les entreprises puissent réaliser leur stratégie commerciale par exemple donc ils réalisent peu ils sont peu et peu nombreuses par contre ils sont très importants dans dans la société ils vont valoriser leur profession ils vont la représenter socialement et donc ils vont être il va être très important pour eux d'avoir accès justement aux médias d'être présent sur les plateaux de qu'on reprenne leurs chiffres etc donc il y a cette espèce de paradoxe qui moi m'a intéressé tout particulièrement parce qu'elle a aussi des effets il a aussi des effets ce paradoxe sur la manière dont on va travailler dont on va produire les données vous rappelez aussi qu'il y a une petite dizaine d'instituts de sondage en France à qui ils appartiennent en fait c'est un univers très concurrentiel on dit il y a dix instituts c'est déjà un petit nombre nombre
mais en fait il y a des sociétés des entreprises qui sont très différentes vous avez des instituts de sondage qui ont opinion sur eux avec quatre ou dix salariés et puis vous avez Ipsos BVA par exemple CSA qui sont des masses d'audience qui sont attachés à des groupes transnationaux très gros donc il y a différents modes d'actionnariat vous avez des entreprises qui sont cotées en bourse vous en avez d'autres qui ne le sont pas il y en a qui appartiennent c'est le cas de CSA par exemple à l'entreprise de Bolloré par exemple et puis vous avez voilà tout un tas différent et qui vont aussi effectivement avoir des effets sur le travail parce que par exemple quand vous avez des actionnaires ben vous allez avoir des objectifs chiffrés de ventes quand vous atteignez ces objectifs et ben l'année d'après vous allez avoir ces objectifs plus cinq pour cent donc qui vont vous pousser à faire davantage d'études à remplir davantage le carnet de commandes et ça ce que j'ai observé c'est que ça passe parfois par dessus bord la qualité qu'on aurait que les sondeurs et les sondés aimeraient mettre dans leurs études c'est intéressant justement parce que votre livre c'est aussi une sociologie du travail en quelque sorte vous étudiez la centaine de personnes qui font du sondage d'opinion en France et vous expliquez dans votre enquête que ils ont des conditions de travail spécifiques notamment que il y a une majorité de femmes mais qui sont très peu visibles sur les plateaux de télévision que c'est des gens qui sont très diplômés qui veulent bien faire leur travail mais qui sont contraints notamment économiquement oui en fait vous avez deux manières de prendre le problème des sondages et des sondeurs soit vous dites qui est l'explication un peu facile à laquelle j'adhère pas forcément c'est en fait c'est des gens ils savent pas ce qu'ils font ils ont jamais lu Bourdieu ils comprennent pas les critiques qui leur sont faites en réalité quand on étudie c'est beaucoup des gens qui ont fait des sciences sociales par exemple donc ils connaissent très bien Bourdieu qui l'utilisent qui ont à cœur de faire des belles enquêtes comme ils disent des beaux sondages qui quand ils ont les conditions pour le faire sont parfaitement capables de le faire mais qui travaillent vous l'avez dit dans des conditions où en fait ben dans plein de situations ils ne sont pas en mesure de mettre ça çapratique et ça peut être sur des éléments très concrets par exemple sur la négociation du questionnaire ce qu'il faut savoir c'est que quand vous commandez une étude les résultats appartiennent au client de A à Z donc in fine on est dans une relation très basique asymétrique de relation commerciale et donc le sondeur peut essayer de faire valoir son point de vue etc mais in fine si le client refuse par exemple ben c'est le client qui aura le dernier mot donc ça ça peut même parfois amener des tensions parce que l'institut de sondage il va lui être exposé publiquement si des questions par exemple sont mal posées ou font scandale alors que ça peut être par exemple le client qui les a commandés et puis vous allez juste pour donner un exemple quand vous avez cinq ou six enquêtes à traiter en même temps que vous deviez prendre plus de temps pour traiter bien les données mais que votre commanditaire vous demande de rendre le rapport pour le lendemain ben vous allez faire comme un journaliste qui a pas les moyens de faire un bon article va faire un article un peu au rabais ben c'est pareil avec les sondages ce qui pose problème c'est que ce sont des données qui ont un poids très fort dans le débat public encore une fois alors il faut le dire parce que c'est un des enseignements de votre enquête et vous n'êtes pas le seul à le dire mais cette enquête elle l'éteille y compris par cette étude de terrain cette boucle infernale entre les sondages et les médias banalise les thèmes de l'extrême droite l'an dernier dans la revue Savoir Agir vous avez publié un article qui s'appelle quand les chiffres normalisent vous pouvez la retrouver sur le site de la revue Kern vous y estimez que les modalités de production des sondages et de leurs usages participent à la banalisation du RN et de ses idées vous y écrivez en transformant les thématiques principales des sympathisants de l'extrême droite en enjeux prioritaires du débat public les médias contribuent par leur utilisation des sondages à imposer la grille de lecture du RN à l'ensemble du spectre politique et dans cet article vous citez un exemple parmi beaucoup d'autres on est en février 2025 l' alors premier ministre Emmanuel Macron François Bayrou vient de parler de je cite submersion migratoire c'est une expression clairement de l'extrême droite Emmanuel Bonnart responsable de la France insoumise est invité sur BFM voici sa réaction et voici la réponse de la journaliste c'est faux sur le fond y compris du point de vue du sentiment des Françaises et des Français quand vous prenez les études à longterme il y a eu un travail qui a été fait par un chercheur qui s'appelle Vincent Tiberi vous l'avez vu la part de Français qui considèrent qu'il y a trop d'immigrés en France a chuté de 17 points en 40 ans donc ce n'est pas vrai de dire qu'il y a en France un fortissement de cette nature et pourtant c'est un sondage il y a une très grande diversité sur la classe politique française 64 des Français jugent que François Bayrou a eu raison d'utiliser cette expression oui mais que c'est pas vous qui êtes en décalage avec une sélection des les Français dans leur majorité de ce qu'elle estime je viens de vous donner un élément pas pas des enquêtes qu'on fait sur la base comme ça sur 500 personnes qu'on interroge je vous parle d'enquêtes de travail sérieux de chercheurs sur des longues périodes dans lesquelles on regarde les tendances longues et ben les tendances longues elles vont pas dans cette direction qui nous dit fondamentalement cet extrait là entre vraiment deux éléments qui sont présentés comme des réalités factuelles vous dites c'est un exemple typique de ce qu'un autre spécialiste des sondages Patrick Champagne appelle la pensée par sondage pensée médiatique y compris donc oui effectivement cette idée que les médias vont convoquer de plus en plus le sondage comme un outil de légitimation et presque comme un outil qui est censé faire arrêter le débat les gens ont dit que et d'ailleurs ce qui est intéressant c'est qu'on dit rarement un sondage a montré on dit les Français pensent que et donc quand on va convoquer le sondage on va convoquer quelque part je le disais tout à l'heure la démocratie la voix du peuple et en démocratie il est difficile pour une personnalité politique de dire je ne suis pas d'accord avec la majorité du peuple et donc on voit bien là on voit bien là le piège qui est tendu ce qui est très intéressant dans cet extrait c'est qu'en fait c'est pas tellement le sondage qui est mis qui est en question puisque Manuel Bompard mobilise un auteur Vincent Tiberi qui a écrit un livre qui s'appelle le mythe de la droitisation française qui refuse un peu l'idée qu'il y aurait une droitisation de la société mais que c'est plus une droitisation qui se fait par an en fait cet ouvrage il est basé sur des chiffres de sondage sur des études de sondage sur des enquêtes longitudinales robustes etc donc ce qui est intéressant ce qui moi m'a intéressé avec cet extrait qui moi m'a intéressé avec cet extrait
particulier c'est que c'est encore une fois pas l'outil mais son utilisation médiatique qui est mise au service d'un propos éditorial d'une idée de encore une fois je dis ça dans la question de la banalisation de l'extrême droite vous avez mentionné ce numéro de savoir agir je vous invite à aller voir le numéro entier qui a été coordonné par Safia Dahani et Estelle Delaine qui est tout un tas de contributions très utiles pour comprendre cette banalisation donc là on voit bien comment par exemple la question de l'immigration qui est la question prioritaire politique une des questions prioritaire politique pour l'électorat d'extrême droite mais qui ne l'est pas pour l'électorat dans son ensemble va être mise comme justement la question prioritaire de l'électorat dans son ensemble et donc c'est pour ça que j'indiquais que on prend la thématique principale pour l'électorat d'extrême droite en la faisant en la présentant comme une thématique pour l'électorat dans son ensemble mais que ça ça a des effets très forts puisque là vous avez un homme politique de gauche qui au lieu de pouvoir développer ses idées doit passer un temps important à déconstruire le terrain je reprends une expression à Vincent Tiberi qui utilisait ça je trouve ça assez parlant il dit le problème c'est que l'extrême droite dans les plateaux elle joue à domicile pourquoi elle joue à domicile parce que elle va avoir à s'exprimer principalement sur ces sujets sur ces thématiques qui sont les thématiques principales de son électorat et les sondages sont un élément parmi d'autres qui vont permettre ce cadrage et la fabrication de ce terrain justement quand on vous lit on se pose forcément la question de savoir si les sondeurs ont une capacité de résistance en fait à la commande dans un contexte où les médias sont extrêmement droitistes où la commande peut être orientée et que par exemple vous avez déjà vu des sondeurs s'opposer pour des raisons déontologiques ou éthiques à des sondages qui leur demandaient de mesurer l'adhésion au grand remplacement ou à la remigration par exemple qui sont des théories racistes fallacieuses qui sont des théories racistes effectivement je reprends mais ce qui est je crois que je parle dans cet article à la question de la remigration en 2022 Éric Zemmour propose dans son programme présidentiel d'instaurer un ministère de la rem remje reprends ces termes, un ministère qui aurait vocation à renvoyer chez eux, mais plein de guillemets à cette expression, les étrangers jugés indésirables.Et donc dans son séquençage de campagne, il désire commander un sondage.Et moi, je discute avec un sondeur qui me dit, ben voilà, je suis très embêté.Je n'ai pas précisé, mais les sondeurs sont plutôt des gens de gauche dans leur majorité, ceux qui travaillent dans les instituts de sondage.Il me dit, moi, je suis très embêté parce que en faisant un sondage sur la remigration, j'ai conscience d'inscrire dans le débat public et quelque part de légitimer un thème de l'extrême droite, de théories conspirationnistes.
Il me dit, dans le même temps, ça permet aussi d'objectiver ce que les gens en pensent vraiment.Et dans son esprit à lui, il y avait cette idée que de montrer que la France entière n'était pas acquise à cette idée de la remigration.Et puis il dit un peu en troisième argument, mais qui n'est pas des moindres, de toute façon, si on le fait pas, d'autres instituts vont faire ce sondage.Et effectivement, dans la période, il y a eu plusieurs instituts qui ont fait des sondages sur la remigration, et on a eu une semaine de traitement médiatique et de reprise médiatique de ces sondages.
Moi, je voudrais bien comprendre comment vous expliquez ce que vous expliquez dans le titre dans le livre, c'est-à-dire que cette boucle média média sondage finit par banaliser les thèmes de l'extrême droite.Est-ce que c'est en raison parce que les médias posent certaines questions, mais pourquoi ils posent pas les autres ?Pourquoi ils parlent pas des services publics, par exemple ?Comment au fond qu'est-ce qui explique ça ?Vous parliez de Vincent Tiberi tout à l'heure, qu'il y avait cette phrase.Qu'est-ce qui explique ça fondamentalement ?
Parce que c'est le sentiment que plein de gens ou.
Ben, vous avez plusieurs explications.On peut faire des hypothèses.Vous avez déjà certains médias qui ont un agenda politique très clair de faire gagner l'extrême droite.Pour le cas de Bolloré, je pense qu'il n'y a pas mystère là-dessus.Et CNews, par exemple, pour prendre le cas de CNews, n'est pas une chaîne qui bat tous les records d'audience, par exemple, mais est une chaîne qui a perd d'audience en ce moment.Oui, mais qui garde un pouvoir prescripteur très important. garde un pouvoir prescripteur très important.
pour le dire vite les chaînes d'information en continu passent leur temps à se regarder entre elles et donc à essayer de suivre les thématiques donc ça c'est une première explication Alexandre Desès qui est un politicien qui a aussi travaillé sur les sondages avance aussi la thèse de l'argument de en réalité c'est des sujets qui sont plus vendeurs et plus vendeurs dans quel sens en termes d'audience qui vont davantage faire d'audience c'est c'est un des critères moi je me suis beaucoup intéressé à l'économie du monde des sondages mais en fait il faudrait quasiment faire le même travail sur l'économie médiatique pour comprendre ça alors on a déjà des hypothèses mais les sondages sont un outil parfaitement adapté à ce modèle de journalisme mais je mets pas tous les journalistes dans le même plateau évidemment mais sur ces journalistes de plateau précisément parce qu'un sondage par exemple bah ça coûte pas cher et donc ça vous permet de faire de l'information locale ça coûte bien moins cher par exemple que d'envoyer des reporters sur le terrain pendant longtemps vous pouvez faire discuter des chroniqueurs et des chroniqueuses pendant un moment autour d'un sondage c'est un premier élément donc il y a un enjeu économique c'est aussi on disait tout à l'heure avec ces enjeux de la pensée par sondage c'est si vous voulez un micro trottoir amélioré puisque quand vous faites venir un sondeur sur un plateau vous faites venir un peu le peuple vous faites venir les français et donc vous accordez un crédit plus grand à ce que vous racontez et puis l'économie des médias aujourd'hui c'est un point un peu moins évident mais qui est très important à mon avis c'est une économie qui marche beaucoup avec sa dépendance aux plateformes notamment à Google par exemple pour ses revenus publicitaires ça c'est très important et ça marche avec du référencement pour le dire de manière très triviale il faut faire du clic il faut que ces articles y ait du clic dessus pour générer des revenus et le sondage est un outil parfait pour ça parce que quand vous prenez un chiffre choc quand vous dites 65 des Français détestent Macron 80 des Français font ceci ou cela c'est très facile de générer du clic et donc il y a la question des modèles économiques je reviens aussi toujours à ces analyses économiques qui sont forcément intriquées avec les questions idéologiques mais qui expliquent beaucoup de de cette mainmise des des médias et des sondages sur le débat public vous parliez de Bollore sur sur
David Pourautin, il y a quelques semaines a consacré un article au baromètre des personnalités des Français réalisé par CSA que Vincent Bollore, milliardaire d'extrême droite, détient, donc Institut de sondage CSA dont la méthodologie de ce baromètre reste opaque, mais qui permet à dire notamment pour les médias de la sphère Bollore, notamment le JDD, CNews, Europe 1, que les personnalités préférées des Français sont en gros Marine Le Pen, Jordan Bardella, Philippe de Villiers.Vous dites, vous aviez été interrogé dans cet article et vous disiez c'est un problème, il faut connaître la méthodologie de ce sondage et la Commission des sondages, officiellement chargée de les contrôler ces sondages, qui a très peu de pouvoir en réalité, en tout cas ne le manifeste pas, doit vraiment réagir là-dessus.Qu'est-ce qui est problématique là-dedans ?
Dans ce sondage en particulier, c'était intéressant, ce qui est d'abord c'est un sondage qui est récurrent, qui est fait chaque année et qui habituellement est commandé par le JDD, mais qui n'est pas fait avec CSA.Cette année, il y a un changement qui est d'ailleurs peut-être intéressant sur le remaniement des stratégies de Bollore, puisque CSA, l'institut CSA appartient à Bollore depuis les années 2006 ou 2008, je crois, mais jusqu'à maintenant n'était pas tellement intégré à son écosystème.Les médias Bollore travaillaient par exemple avec d'autres instituts.Pour la première fois cette année, effectivement, c'est CSA qui a réalisé ce sondage, qui est un sondage qui se place en début d'année, quand il y a pas grand-chose dans l'actualité pendant les vacances, et puis en janvier on demande aux gens est-ce que vous préférez Jean-Jacques Goldman, Céline Dion, Sophie Marceau, etc.Et il y avait aussi du coup des personnalités politiques qui ont été testées et la couverture médiatique unanime a été le champ politique est intégralement décrédibilisé, sauf en gros des personnalités d'extrême droite qui soi-disant en passant sont quasiment toutes des personnalités qui soit sont éditées chez Fayard, soit ont un créneau d'antenne chez CNews par exemple.Et quand on regarde la méthodologie, c'est pour ça qu'il est important de rentrer un peu dans les recettes.
C'est pas c'est pas de la déclaration spontanée, les gens n'ont pas dit quelles personnalités politiques ils et elles aimaient spécifiquement, mais il y avait une liste.Et dans cette liste, il y avait vingt. Et dans cette liste, il y avait vingt.
24 je crois personnalités politiques simplement quatre de gauche dans les quatre de gauche il y avait François Hollande et Raphaël Glucksmann par exemple Mélenchon et François Ruffin aussi je crois donc on voit bien là le biais énorme de demander aux gens de répondre à une liste de leurs personnalités politiques préférées avec 20 personnalités sur 24 je crois que c'est ça les chiffres qui sont de droite ou d'extrême droite ou du centre donc là voilà on et tout ça est repris dans la chambre des coûts des médias bolloré et au delà aussi parce que les autres médias doivent réagir aussi à ça parce que parce que ce qui fait de l'audience doit être discuté et d'ailleurs c'est une sorte de piège que soit vous le reprenez à votre compte pour simplement analyser les résultats soit vous allez le reprendre pour le décrypter le critiquer le débunker comme on dit mais finalement vous l'avez quand même repris et le temps d'avoir fait quelque chose qui est un peu problématique moi je réponds parfois à des journalistes qui ont cette attention à faire un travail sérieux sur les sondages mais vous avez un sondage qui fait polémique qui fait absolument l'actualité pendant trois quatre jours bah en fait un journaliste ou une journaliste qui veut faire sérieusement son travail c'est le temps qu'il lui faut pour interroger des chercheurs des chercheuses aller interroger les sondeurs et les sondeuses etc et puis le temps de faire bien ce travail la polémique est passée donc il y a quelque chose qui pose quand même question là dessus on pourra venir après sur la question du régulateur oui pour continuer à déplier ces biais qui peut y avoir dans les sondages vous parlez aussi de la responsabilité ou de l'importance des panels donc c'est des sociétés auxquelles les instituts de sondage font appel et qui constituent des échantillons représentatifs pour faire les sondages or vous dites que ces fameux panelistes ne sont pas si représentatifs ou qu'il peut y avoir des biais de surreprésentation de la droite ou de catégories en l'occurrence que vous ouais pour bien expliquer que ce soit clair pour tout le monde en fait quand vous commandez un sondage par exemple à l'Ifop l'Ifop je prends l'Ifop j'aurais pu en prendre d'autres Doxa OpinionWay ils vont s'adresser soit à leur propre panel en ligne parce qu'ils le possèdent mais souvent les instituts ne le possèdent pas instituts ne le possèdent pas
et donc ils vont s'adresser à unDonc il y a une chaîne de sous-traitance dans cette économie et puis vous avez des entreprises.
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Get started freePar exemple, la plus grosse s'appelle Billendy en France, qui n'est pas connue spécifiquement du grand public.Et le travail de cette entreprise, c'est d'entretenir des fichiers de gens qui répondent à des enquêtes toute la journée.
C'est encore une fois, ces gens vont répondre principalement à des enquêtes marketing sur des contrats d'assurance, des yaourts, des voitures que c'est.Et puis de temps en temps, on leur pose des questions politiques.
Le souci avec ces panels, c'est que, et là, on peut s'appuyer sur une étude assez sérieuse de l'Insee qui a pu montrer ça, c'est que ces individus sont globalement représentatifs du point de vue de leurs caractéristiques socio-démographiques, c'est-à-dire ils sont représentatifs du point de vue de l'âge, du genre, de leur profession, etc.Mais ils vont avoir des comportements politiques particuliers.Par exemple, c'est des gens qui sont plus, qui suivent plus l'actualité que la moyenne des Français.C'est des gens qui vont plus donner leur avis en ligne.
C'est des gens qui vont plus, voilà, s'exprimer sur Internet, suivre les informations, etc.Et donc là, de ce point de vue-là, ils sont pas représentatifs, ce qui est un problème quand on interroge les gens sur des questions politiques.Et ils sont également pas neutres sur l'arc politique.Il y a des enquêtes qui ont montré que si on pose, par exemple, des mêmes questions à des gens sur un panel en ligne, en face à face ou par téléphone, les gens en ligne vont répondre plutôt de manière conservatrice ou d'extrême droite.Donc ça, c'est un ensemble de choses qui sont importantes à avoir en tête quand on a affaire à des résultats de sondage.Je prends aussi quelques exemples, je disais, qui sont représentatifs du point de vue socio-démographique, c'est-à-dire par exemple du point de vue de leur profession.
Bah, c'est un peu plus compliqué que ça.Je rentre dans la technique, mais juste parce que c'est important et en fait, c'est pas si compliqué que ça à comprendre.On vous dit, par exemple, les ouvriers votent Marine Le Pen majoritairement.En fait, ce qu'on essaye de faire quand on a des enquêtes académiques, des enquêtes universitaires, par exemple, c'est de bien diviser les ouvriers qualifiés et les ouvriers non qualifiés.
Au regard de l'Insee, vous avez des catégories ouvriers qualifiés, ouvriers non qualifiés.Et on sait qualifiés, ouvriers non qualifiés. Et on sait
que les ouvriers qualifiés et non qualifiés n'ont pas du tout les mêmes comportements électoraux pour le dire vite les ouvriers qualifiés vont davantage voter pour l'extrême droite et les ouvriers non qualifiés vont davantage soit s'abstenir soit voter pour la gauche or ces ouvriers non qualifiés sont très peu présents dans les panels et donc quand vous interrogez des gens dans les panels on dit vous vous interrogez des ouvriers il faudrait être plus précis mais ça marche pas tellement comme ça dans les médias il faudrait dire on interroge des ouvriers qualifiés qui ont une propension plus grande à voter pour Marine Le Pen donc vous voyez cette importance de rentrer dans la technique mais là encore une fois j'ai pris trois minutes à vous l'expliquer c'est impossible à faire sur un plateau de télévision et pareil vous dites aussi quand on parle des retraités par exemple on parle des retraités aisés plutôt que des des retraités de toutes catégories alors dans les notices d'un sondage il y a de fait beaucoup de choses à regarder et que c'est ça qu'on peut déjà dire regardez les notices du sondage encore comprendre ce que nous disent les notices il y a le panel l'échantillon de personnes interrogées et son volume mais aussi le type de questions posées et alors pour illustrer ça on va prendre un exemple assez récent que nous avons documenté dans une enquête de Mediapart sous la plume de la journaliste Marie Turcan ce n'est pas un exemple sur les intentions de vote on en vient on y vient juste après mais ça concerne une question de société en l'occurrence une obsession médiatique et politique qui est la question de l'islam et des musulmans alors de quoi on parle on est en novembre 2025 l'Ifop fait paraître une étude de 60 pages état des lieux du rapport à l'islam et à l'islamisme des musulmans de France commandée par Écran de Veille une revue confidentielle au financement opaque dont il se trouve Mediapart révèle aussi que le directeur est lié aux Émirats Arabes Unis réalisée auprès de plus de 1000 personnes de confession musulmane non pas sur internet mais au téléphone cette enquête offre un éclairage inédit sur les transformations profondes qui traversent l'islam de France depuis 40 ans proclame l'institut de sondage une enquête aux conclusions marquantes puisque selon l'Ifop elles mettent en exergue un phénomène de réislamisation qui affiche qui affecte tout particulièrement les nouvelles générations et s'accompagne d'une progression s'accompagne d'une progressionpréoccupante de l'adhésion aux thèses islamistes.Immédiatement, nombre de médias s'en émeuvent.
Cette étude de l'Ifop sera appremment débattue.Disons d'abord à quel point elle nous semble, comme les précédentes du même institut sur le même sujet, particulièrement solide.L'intégrisme a gagné les esprits d'un musulman sur trois, le frérisme des frères musulmans, la sympathie d'un sur quatre.
Et sans surprise, les enseignements principaux du sondage sont partout.Du petit lait pour les médias d'extrême droite comme le JDD qui titre sur la charia que souhaiteraient 59% des jeunes musulmans ou encore CNews.On voit aussi ce titre de l'hebdomadaire Marianne.38% des musulmans approuvent tout ou partie.Nous dit Marianne des positions islamistes en citant l'Ifop.Alors, pour en avoir le cœur net, Marie Turcan a regardé la notice du sondage.
Elle a aussi posé des questions à l'Ifop, qui a répondu sans pour autant communiquer à Mediapart le détail du questionnaire posé aux sondés.Et voilà ce qu'elle a compris au terme de son enquête.Ce sont des extraits de l'article.De nombreux musulmans vivant en France seraient pour la charia.Le mot n'a jamais été prononcé par les sondeurs dans leur interaction avec les personnes interrogées.Les termes frères musulmans, islamistes, salafistes, ces termes ne sont pas définis par l'Ifop ni dans son rapport ni auprès des sondés.
Européens affirment sur la base du sondage qu'une jeune musulmane sur deux est voilée, signe évident d'une islamisation.Dans l'enquête, l'échantillon des femmes qui portent le foulard n'est que de 149 personnes et parmi elles, seuls 2% ont indiqué porter le foulard sous pression des proches.Et le fameux chiffre de 33% des musulmans qui afficherait une sympathie pour les islamistes, dont 34% pour les frères musulmans.Là encore, les termes islamistes et frères musulmans n'ont pas été définis dans l'étude.On lit aussi que plus de la moitié des personnes interrogées disent ne pas connaître les frères musulmans, y être indifférent ou ne pas se prononcer.Mais ce chiffre, bon, bah oui, vous ne l'avez pas entendu dans les médias.
Précision.À la suite de cette enquête, l'Ifop nous a fait parvenir un droit de réponse où l'institut juge que parler d'approximation pour cette enquête est trompeur, que cette enquête, notre enquête,est orientée, que l'étude est une photographie neutre et méthodologiquement effectuée.Alors, vous étiez interrogé dans cet article de Marie Turcan, que nous montre cette étude et l'utilisation médiatique qui en est faite.
D'abord, il y a quelque chose qui est passé un peu sous les radars, mais qui m'a semblé extrêmement intéressant pour justement ces enjeux sondages et médias, c'est que le même institut auprès des mêmes personnes, c'est-à-dire c'est des gens qui ont été interrogés au téléphone en août dernier, je crois, pendant les mêmes coups de fil, cette enquête a été administrée, une autre enquête a été administrée pour le compte de la Grande Mosquée de Paris et qui portait, cette fois, c'est une enquête qui portait sur le sentiment, les expériences, le sentiment de discrimination à l'encontre des musulmans.
Sur les mêmes personnes, sur le même panel, sur le même échantillon.
Sur le même échantillon.C'est d'ailleurs un peu questionnant d'un point de vue de la méthodologie de poser deux enquêtes si différentes en même temps.Mais passons là-dessus.Cette enquête, pour le compte de la Grande Mosquée de Paris, elle a été effectuée donc par le même institut, elle a été publiée sur le site de la Grande Mosquée de Paris quelques mois avant, un mois et demi avant l'enquête dont vous avez parlé.
Personne n'en a parlé nulle part.Et donc on voit bien là que c'est pas tellement, encore une fois.
Et elle confirmait l'existence, enfin le sentiment de d'être discriminé.Voilà, effectivement, comme on peut s'y attendre, un certain nombre de musulmans interrogés dans cette enquête témoignaient d'avoir vécu de l'islamophobie.Sans rentrer dans les détails, je ne saurais plus me souvenir exactement, mais on voit bien là le traitement, c'est même pas différencié, c'est-à-dire inexistant d'un côté et absolu et absolu de l'autre.
Donc je pense que simplement rappeler ce fait-là montre bien que l'enjeu il est crucial sur la question du cadrage, de l'imposition des thématiques auxquelles contribue aussi les sondeurs de ce point de vue-là.Sur le papier, sur le pardon, la méthodologie elle-même, il y a plusieurs chercheuses et chercheurs qui ont ensuite sur différents médias rendu compte de manière précise des problèmes méthodologiques qui effectivement avaient certaines qualités, appelé les gens au téléphone sur. appelé les gens au téléphone sur.
"Cockatoo has made my life as a documentary video producer much easier because I no longer have to transcribe interviews by hand."
— Peter, Los Angeles, United States
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Get started freece type d'échantillon c'est mieux que de le faire par internet par exemple mais typiquement pour prendre quelques exemples un des enseignements importants qui a été beaucoup repris par la presse c'était la question des évolutions de dire caricaturant un peu que les musulmans sont plus radicaux aujourd'hui qu'avant et donc en comparant avec des enquêtes antérieures sauf qu'en réalité il y a un problème de comparaison puisque les enquêtes antérieures étaient portées sur des échantillons beaucoup plus petits avec des modes d'administration différents et parfois même pas sur les mêmes populations un exemple pour comprendre encore une fois la méthodologie est importante là on a demandé aux gens qui étaient des musulmans c'est les gens qui se revendicaient comme musulmans ces étaient comparés avec des enquêtes précédentes qui interrogeaient des gens se déclarant musulmans ou issus d'une famille de culture musulmane donc c'est pas du tout la même chose en termes de de personnes et donc si vous êtes issu d'une famille de culture musulmane vous avez forcément des pratiques religieuses moins intenses que si vous déclarez musulman ce qui est évident donc alors on va basculer vers la question de la de des élections et des sondages d'intention de vote et notamment la présidentielle et justement si on bascule pour rester sur des points de méthodologie il y a un aspect important dont il faut parler qui est très souvent évoqué en termes de boîte noire des instituts de sondage qui est qualifié d'ailleurs parfois même de tambouille ou de cuisine par les patrons d'instituts de sondage c'est la question des redressements autrement dit comment à partir d'un échantillon de personnes jugées représentatives on arrive à l'extrapoler et comment on modifie un petit peu les les résultats obtenus vous allez nous expliquer ce qu'on entend souvent c'est que c'est extrêmement crucial et d'ailleurs on entend souvent que l'extrême droite elle est volontiers souvent sur côté surestimée et que par exemple et la France insoumise s'en plaint souvent elle est et d'ailleurs on voit bien qu'à chaque élection présidentielle Mélenchon on voit bien qu'à chaque élection présidentielle JeanLuc Mélenchona toujours fait plus, finalement finit par faire plus que ce que disaient les sondages.Cette question des redressements, là encore, pourquoi c'est très important dans le débat public ?Qu'est-ce que vous pouvez en dire, sachant qu'en effet, il y a quand même là une zone de boîte noire.
Oui, effectivement.Et donc peut-être réexpliquer ce que c'est ce redressement, terme un peu savant.En fait, trivialement, ça veut dire corriger les données.Pourquoi corriger les données ?Quand on fait un sondage, il y a plusieurs plusieurs en fait plusieurs étapes différentes qu'on va pouvoir faire.
Quand vous administrez un questionnaire, il se peut que votre échantillon, il soit pas parfaitement à l'image de ce que vous aviez souhaité.Et ça, c'est classique dans tout type d'enquête.Par exemple, vous aviez besoin de 52 % de femmes, vous n'en avez que 50 % qui ont répondu.Vous allez corriger, vous allez attribuer deux points supplémentaires aux femmes dans votre échantillon.Ça, c'est strictement arithmétique.On fait ça dans le monde académique aussi.
Ça pose pas spécialement de problème.Ensuite, vous avez le redressement sur votre antérieur.
Quand les instituts demandent aux gens pour qui allez-vous voter, ils leur demandent aussi pour qui vous avez voté la dernière fois.Pourquoi ils font ça ?Parce que bah la dernière fois, on peut vérifier.On a les chiffres.
Et donc si vous avez dans votre échantillon, je dis n'importe quoi, 20 % de gens qui vous disent j'ai voté Macron la dernière fois, mais que le vrai score était de 25 %, bah vous allez redresser ces gens-là.Vous allez leur accorder un poids supplémentaire.Ça, pareil, ça pose pas particulièrement de problème, sauf mise à part sur les abstentionnistes, parce qu'on sait que les abstentionnistes sont très peu présents dans les échantillons, donc ils sont souvent il y en a quasiment pas, alors qu'il y en a beaucoup dans la vraie vie.
Et puis vous avez la troisième la troisième étape qui est le redressement dit politique, qui est le plus opaque, qui suscite aussi le plus de questions, qui est le plus critiqué, et qui est en réalité contrôlé par la commission des sondages.
On pourra revenir sur la commission des sondages aussi, mais qui n'est pas diffusée au grand public parce que la commission garantit en gros au nom du secret industriel garantit le secret de ces méthodes-là.En fait, ça consiste en quoi ?Le directeur, parce que c'est souvent le directeur du département qui s'occupe de ça.Et d'ailleurs. département qui s'occupe de ça. Et d'ailleurs.c'est quelque chose qui est très empirique qui n'est pas qui n'est pas basé sur une méthodologie c'est le fameux de l'institut c'est le fameux donc il y a plusieurs manières là aussi d'appréhender ça soit on considère que c'est de la magie du triffouillage et de la tambouille soit moi plutôt de cet avis là considérer qu'en fait c'est basé sur une sorte de connaissance des sondeurs des biais liés à leur échantillon et notamment du fait que de leur connaissance pour le coup empirique est liée à l'expérience c'est des gens qui travaillent quand même depuis longtemps avec leurs données de bah en fait telle population elle est peu représentée dans nos dans nos panels par exemple les gens très vieux plutôt catholiques qui votent Fillon n'importe quoi bah en fait les gens très vieux plutôt catholiques sont pas très présents sur les panels et donc s'ils pensent que Fillon va faire et un peu en dessous ils vont donner des points en plus à Fillon ça il y a tout un mystère autour de ça mais en réalité ça ne change pas grand chose des résultats finaux on est souvent sur un point un je pense que tout le monde gagnerait à ce qu'il y ait une plus grande transparence sur ça je pense que la commission devrait voilà diffuser ces résultats là mais je pense que le problème des sondages d'intention de vote se pose pas tellement sur cette question là plutôt que sur une sorte de méconnaissance générale de la manière dont ils sont faits et de leur pouvoir prétendument prédictif ou pas alors on y vient justement puisqu'on sort des élections municipales où là encore il y a eu une profusion de sondages on va dire plus ou moins qui n'ont pas vraiment surtout dans les grandes villes correspondu aux résultats finaux on peut prendre l'exemple de Lyon Aulas donné très longtemps devant finalement battu bon voilà mais on sort des municipales et immédiatement après et bien la course des petits chevaux un an de l'élection présidentielle a repris de plus belle dès le 28 mars un sondage de l'institut Elab pour BFM TV ici repris par Le Parisien assure que le RN arriverait largement en tête de la présidentielle et que seul Edouard Philippe ancien premier ministre maire du Havre pourrait battre le président du RN Jordan le président du RN Jordan
Sur BFM TV, la chaîne qui a commandé ce sondage, c'est évidemment qualifié d'événement.Le RN, dans un fauteuil Philippe très haut, lit-on sur les bandeaux, Bernard Sananès, président des labes, ancien directeur de l'agence d'influence Euro RSCG et ex-dircom de EDF, ancien président d'un autre institut de sondage CSA, propriété de Vincent Bolloré, on a dit, et sur le plateau pour tirer les enseignements.
Le RN est nettement devant.Un chiffre : le candidat du Rassemblement National rassemblerait un électeur sur deux issu des milieux populaires, des ouvriers, des employés.Edouard Philippe a 25,5 %.Est-ce qu'il a déjà été aussi haut, l'ancien premier ministre ?Alors il était à 20,5 dans la première hypothèse où il n'y avait qu'un seul candidat, où il y avait deux candidats de la droite et du centre.Il est à 25,5 dans une hypothèse où vous le voyez, on a pris le pari qu'il n'y aurait qu'un seul candidat du bloc central.
Et les gauches, eh bien, elles sont hors du jeu.On voit d'ailleurs dans toutes les hypothèses que la gauche reste un peu atomisée.La fusée Jean-Luc Mélenchon n'a pas encore décollé.Nous avons testé une hypothèse avec François Ruffin, qui totaliserait 8 % des suffrages, et puis un candidat du Parti socialiste, entre Raphaël Blumstein, qui sort premier de ces trois candidats testés pour le Parti socialiste, Olivier Faure ou François Hollande.
Alors j'en viens à vous, Hugo Tuzé, mais Mathieu, ce qui est intéressant, c'est que ce sondage, on peut dire qu'il a eu des effets politiques.
Il se trouve que depuis, Olivier Faure au PS a relancé dans Libération l'appel à une primaire de la gauche.Je cite : « Non Mélenchoniste », Fabien Roussel, le chef du PS a dit qu'il n'était pas d'accord avec Mélenchon, mais aussi que c'était le pire candidat de second tour.Et c'est particulièrement vrai dans l'actuelle majorité macroniste et LR que tu suis à Mediapart.Règne désormais l'idée que va se jouer une sorte de primaire qui ne dit pas son nom, mais finalement sur la base de ces sondages.
Oui, oui, effectivement, la situation à droite en ce moment est très symptomatique du poids qu'ont acquis les sondages dans la vie politique, puisque les cadres de la droite parlent maintenant d'une sélection naturelle qui s'opérerait à travers la course des petits chevaux et les sondages, avec l'idée que ça. et les sondages, avec l'idée que ça.candidats vont se lancerait pendant un moment, on verrait si ils passent la barre des 10 dans les sondages, et puis il faudrait qu'à un moment donné, ils se retirent pour que l'étoffe resserre et qu'il y ait moins de candidats pour accéder au second tour.C'est ce qu'ils font en ce moment : Bruno Retailleau, Gabriel Attal, bientôt Édouard Philippe, etc.Exactement, c'est ce qu'ils font en ce moment et c'est vraiment intéressant parce que avant, les partis désignaient eux-mêmes leurs candidats, ils pouvaient avoir recours à des désignations par des cadres de parti ou par le vote des adhérents ou avoir recours à des primaires ouvertes comme ça a été le cas en 2016 à droite.Et aujourd'hui, ils intègrent en fait le rôle des sondages et l'idée que c'est eux qui vont décider, alors qu'en réalité, vous le dites aussi, ça arrive peu souvent finalement que des candidats se retirent parce qu'ils sont mal évalués dans les sondages, même si c'est arrivé quelques fois.Et j'ajoute une chose qui est quand même assez intéressante et quasiment paradoxale, c'est Brice Thinturier a fait une tribune dans Le Figaro il y a quelques jours dans laquelle il dissuadait la droite d'avoir recours aux sondages et de se reposer sur eux pour sélectionner leurs candidats, comme si son outil lui avait échappé.
Alors Hugo Thuzé là-dessus sur le fait que voilà sur ce que dit Mathieu et sur le fait que immédiatement après les municipales, ça y est, c'est reparti la course des petits chevaux.La course des petits chevaux, c'est très symptomatique justement de ce que crée cette boucle entre les médias et les sondages.
Oui, ça dit aussi quelque chose.Je crois que c'est dans le livre "Une étrange victoire" de Étienne Ollion et Michael Fosel qui disent que.
On avait reçu ici Étienne Ollion.
Les médias ont les médias.Un certain nombre de médias dominants, notamment les chaînes d'information continue et autres, ont un traitement de la politique qui en fait parle le petit bout de la lorgnette et qui est uniquement la politique politicienne au sens les stratégies, les tactiques des partis, les élections, etc.
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Get started freeSauf que c'est complètement intégré par les acteurs politiques, en tout cas une grande partie des acteurs politiques, on va dire du centre gauche à l'extrême droite.
Effectivement, les personnalités politiques.Alors, il faut aussi parfois se méfier parce que bon, vous avez tout un tas de candidats qui étaient très mal partis dans les sondages et qui sont quand même lancés dans une élection.Enfin, je veux dire, on peut penser. peut penser.à Éric Zemmour ou Anne Hidalgo aux dernières élections.Ou c'est des gens qui ont quand même fait campagne en pensant, d'ailleurs, c'est intéressant, avec l'idée qu'on allait battre les sondages, faire mentir les sondages, aller contre les sondages.C'est une rhétorique.
Ce qui est souvent réellement rhétorique, voilà, utilisé dans les campagnes.
Souvent, donc soit on allait sondages avec soi, soit on les.Donc c'est là aussi un peu pour nuancer ça, mais ça dit quand même quelque chose du traitement politique des médias, mais aussi du fait effectivement que les partis, en tout cas un certain nombre de partis, regardent énormément, énormément ces sondages qui, en réalité, peut-être pour revenir sur le contenu même de ces sondages, pour l'instant, ne disent pas grand-chose d'une élection dont on ne sait pas qui seront les candidats et les candidates à gauche, au centre, à droite et à l'extrême droite.Enfin, c'est quand même, on a quand même là, les sondages sont censés être une photographie à un instant T, mais là, on a une photographie dont on ne sait pas le décor, les acteurs finaux.
Voilà.
Alors on va regarder justement un peu dans le rétroviseur pour se rendre compte de ça, voir le moment où on parle un an avant la présidentielle de 2027 et qu'est-ce qui s'est passé dans les présidentielles précédentes, parce que des mois avant une présidentielle, en l'occurrence, à forcer un an avant, et bien, ni le casting ni le résultat ne sont les bons par rapport à la photo finale et les commentaires médiatiques qu'on va voir paraissent du coup rétrospectivement fort décalés.Avril 2021, selon l'Ifop, Marine Le Pen arriverait en tête devant Emmanuel Macron.Xavier Bertrand, cité dans le titre du quotidien d'extrême droite Le JDD, n'a même pas été candidat.À 46 jours de la présidentielle 2022, Éric Zemmour, candidat d'extrême droite, était parfois crédité de 17%, donc potentiellement au second tour.
Éric Zemmour arrive en deuxième position.
Il finira à 7.À cinq mois du vote, Frédéric Dabie de l'Ifop évoque un bond de la candidate LR Valérie Pécresse.
Elle passe de 10 à 17%.Et dans un paysage présidentiel qu'on voit qui est extrêmement stable, c'est impressionnant.
17%.Il finit à 4,7.Plus loin dans le temps, en avril 2016, un an avant la victoire d'Emmanuel Macron, Alain Juppé, selon l'Ifop, la personnalité préférée des Français.Il est selon Ipsos Il est selon Ipsospour BFM le grand favori de la primaire.
Alain Juppé reste l'un des boulonnables favoris de la primaire de la droite et du centre.D'après notre sondage Ipsos, le maire de Bordeaux devancerait largement Nicolas Sarkozy au premier tour.42% des intentions de vote contre 30% pour l'ancien président.
Bon bah raté, Juppé sera battu par le troisième sur la photo, François Fillon, qui lui-même finira troisième du premier tour, juste devant Jean-Luc Mélenchon.Encore plus loin, cette fois on est le 5 mars 2011, un an avant la victoire de François Hollande.Sondage Harris interactif pour le Parisien dimanche donne Marine Le Pen en tête du premier tour.Énorme éco-comédiaque extrait de BFM.
Est-ce que Marine Le Pen serait en tête dans tous les cas de figure ?On va les reprendre un par un si vous le voulez bien.On va regarder ça ensemble.Premier résultat face à Dominique Strauss-Kahn.On voit que Marine Le Pen arrive avec 24% en tête.Face à Dominique Strauss-Kahn 23%, Nicolas Sarkozy 21%.
Avec bien sûr Dominique Strauss-Kahn qui a disparu de la photo.Bien sûr impossible de ne pas évoquer le coup de tonnerre de l'élimination du socialiste Lionel Jospin dès le premier tour en 2002 avec ce second tour, Chirac-Le Pen.
Il est 20 heures.Voici notre estimation du résultat du premier tour de l'élection présidentielle.En tête Jacques Chirac 20% des voix.Énorme surprise Jean-Marie Le Pen semble devoir être le second avec 17% des voix.
Comme l'a rappelé l'Es Républicain récemment, en mars 2001 Lionel Jospin a été crédité par BVA et Sofres de 26%, 10 de plus que son score final.Jacques Chirac de 25% et Jean-Marie Le Pen de seulement 7%.Une avance que bien sûr Lionel Jospin a toujours cru garder jusqu'au bout jusqu'à son élimination dès le dès le premier tour.Hugo Tousi, qu'est-ce qu'on fait là d'ici la présidentielle ?Est-ce qu'il ne faut pas tout simplement se boucher complètement les oreilles dès qu'on parle de sondages d'intentions de vote ? boucher complètement les oreilles dès qu'on parle de sondages d'intentions de vote
Bah, il faut déjà se rappeler ce que sont des sondages d'intentions de vote et se rappeler ce qu'ils ne sont pas.Et ils ne sont pas des prédictions.Ils ne sont pas des prédictions.Ils ne sont pas des anticipations.Et d'ailleurs, si on s'en tient à la question comme elle est posée dans ces sondages-là, on leur dit pas dans la future élection de 2027, on leur dit si l'élection avait lieu dimanche.Ça, c'est la première chose.
Les gens répondent si l'élection avait lieu dimanche, ce serait ça.Sauf que là, dimanche, il y a un côté un peu absurde.Encore une fois, on ne connaît pas les candidats, on ne sait pas ce qu'il se passe.Et le dimanche, il est factice dans la tête des gens.Ça, c'est l'autre point très important.C'est-à-dire que moi, je trouve ça plutôt rassurant que les sondages ne soient pas capables plusieurs mois en amont de donner le nom de du ou de la gagnante.
"Your service and product truly is the best and best value I have found after hours of searching."
— Adrian, Johannesburg, South Africa
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Get started freeMais ça veut dire que ça sert à rien toute cette discussion-là, quand même.Ça, ça sert à rien.Ça sert aux partis.On l'a vu, ça sert aux médias.Mais ce qui est intéressant dans les sondages, ça va être de voir, d'observer, si on veut prendre au sérieux les sondages, ça va être d'observer les évolutions.Ça va être d'observer les mouvements d'opinion, de les prendre encore une fois sur le temps long et non pas comme des objets sacralisés un instanté, mais aussi de comprendre vraiment comment ils sont faits.
Et là, il y a quelque chose qui, à mon avis, est important à comprendre, notamment pour l'électorat de gauche, c'est encore plus prégnant.Il y a cette idée généralement que Mélenchon part très bas dans les sondages et qu'il remonte miraculeusement parce qu'il fait probablement une très bonne campagne.La remontada, la remontada, ou parce que les sondages se sont totalement trompés.En réalité, il y a, par exemple, sur ce point précis, une explication beaucoup plus simple, mais qui est encore une fois liée à la technique des sondages.Quand vous demandez aux gens dans un sondage d'intentions de vote, vous leur demandez si l'élection avait lieu dimanche, pour qui iriez-vous voter ?Et puis vous leur demandez une certitude de vote, c'est-à-dire que vous demandez aux gens êtes-vous sûr, par exemple sur une échelle de 0 à 10, d'aller voter.
Et plus on est loin d'une élection, plus les gens qui sont sûrs d'aller voter sont des gens avec des caractéristiques très particulières.Pour le dire vite, c'est plutôt les classes supérieures.Je n'aime pas du tout ce terme de classe supérieure, mais des gens avec un plus haut niveau de revenu, un plus haut niveau de diplôme, une plus haute position dans la hiérarchie sociale, par exemple, et qui ne sont pas à l'image du corps électoral dans son ensemble. du corps électoral dans son ensemble.Les catégories populaires qui sont les plus à distance du champ politique institutionnel, du géopolitique, elles sont aussi le plus à distance de ces élections et donc elles ne sont pas prises en compte dans les sondeurs quand on est très loin d'une élection.Quand on s'approche d'une élection, Jean-Luc Mélenchon, il fait peut-être une très bonne campagne, il convainc des gens, etc.Mais aussi mécaniquement, les catégories qui sont importantes dans son électorat vont, parce qu'elles vont en avoir discuté avec leurs collègues sur les lieux de travail, parce que va y avoir eu des porte-à-porte, parce qu'elles vont avoir vu la meeting, parce que sur leur marché elles auront reçu quatre fois des tractes, etc.
Elles vont s'intéresser à l'élection présidentielle et donc rentrer dans le jeu, entrer dans le jeu et progressivement être prises en compte dans ces sondages-là.Et donc ça, je pense que c'est quelque chose qui est très important à avoir en tête.Il y a la question des noms qu'on va mettre ou pas dans la tête des gens, des hypothèses de second tour qu'on va tester, mais il y a aussi simplement tout le monde n'est pas pris en compte dans les sondages parce que les gens les plus éloignés de la politique politicienne sont aussi ceux qui ne sont pas pris en compte dans les sondages.
Matthieu.Sur l'idée que les sondages peuvent avoir un effet sur l'avis démocratique du pays, pour revenir sur les élections législatives de 2024 après la dissolution de l'Assemblée nationale, il y a eu beaucoup de sondages qui donnaient le RN gagnant.Est-ce que à gauche il y a eu un peu un discours de dire les sondages ont eu peut-être démobilisé certains électeurs de gauche ?Est-ce que c'est vrai ?C'est possible ?C'est possible.
En même temps, on pourrait vous répondre que les sondages indiquant le PS gagnant, le RN gagnant, avait mobilisé massivement les électeurs de gauche pour aller faire barrage.Et en fait, en sciences politiques, on a toujours cette difficulté à estimer les effets des sondages.Il y a deux effets opposés classiquement qu'on appelle l'effet bandwagon, littéralement prendre le train en marche, qui serait on va voter pour le candidat qui a le plus de chances de gagner et donc c'est la primo-vainqueur.Et puis il y a l'effet underdog qui serait on va se remobiliser parce que notre candidat il est en retard dans les dans les sondages et donc on va aller lui apporter du soutien, on va le porter, on va davantage se mobiliser et donc on va le faire remonter.Et en fait, estimer ces deux effets sont assez compliqués.Il y a à gauche, par exemple, dans la bataille à gauche, l'exemple de 2017 est assez parlant au moment où de 2017 est assez parlant au moment où
Benoît Hamon gagne la primaire du Parti socialiste, il est jusqu'à six points devant Mélenchon.Si on prend l'analyse Benoît Gagnon, c'est-à-dire la prime au vainqueur, il devrait mécaniquement gagner du terrain et arriver, Jean-Luc Mélenchon s'écraser et lui finir très haut.C'est pas ce qui s'est passé.Et pourquoi ?Probablement, il y a des effets de campagne du côté de la France insoumise, mais il y a aussi la vie politique, les contradictions à ce moment-là au sein du Parti socialiste.Benoît Hamon qui veut être à l'abat la loi El Khomri, mais qui investit Mireille El Khomri, les soutiens de la primaire qui le lâchent.
Enfin, tout un tas de choses qui sont de l'ordre de la vie politique normale, qui permet d'expliquer qu'il n'y a pas d'effet mécanique, encore une fois, des sondages et qu'on peut observer des dynamiques contradictoires.
Hugo Tousi, face aux critiques, les instituts de sondage qui sont les critiques, qui sont quand même massives, répétées, et on n'est pas les derniers ici.
Ils nous disent souvent : alors un sondage, c'est pas une prédiction, ce sont des intentions et pas des votes.Comme vous l'avez dit, attention aux marges d'erreur.Les médias n'en parlent jamais.C'est pas notre faute, mais nous on le dit aux médias, mais ils parlent pas des marges d'erreur et nous on parle de fourchettes et pas de chiffres bruts.Ils disent aussi : bah plus on se rapproche du vote, plus les chiffres sont justes.
Mais alors, est-ce que c'est bien le cas devant la commission d'enquête sur la vie politique qui concernait beaucoup les sondages il y a un an, qui avait pour président un député macroniste et pour rapporteur un insoumis ?
Le politiste Alexandre Désé, qu'un institut de sondage, en l'occurrence l'Ifop, a menacé de diffamation parce qu'il avait critiqué justement un de leurs sondages, ils se sont désistés.L'Ifop ensuite a rappelé ce politiste la façon dont les sondages se trompent régulièrement, y compris les plus proches de l'élection censés donc être les plus fiables.
Les erreurs des instituts sont quasiment constantes.Alors dans mon livre, effectivement, j'ai fait un petit recensement.Je me suis basé sur le cas de la France.J'ai pris toutes les élections depuis 95 et j'ai pris les dernières estimations, c'est-à-dire celles qui sont censées être les plus fiables, d'accord ?Alors toutes consultations plus fiables, d'accord Alors toutes consultationsélectorales confondues, depuis 95, en fait, les estimations des instituts français se sont révélées erronées ou approximatives dans un cas sur deux.
Alors, dans quel secteur, en fait, professionnel, on tolère, en fait, que des individus fassent une erreur sur deux ?Imaginons, je ne sais pas, un médecin qui soigne bien un patient sur deux, un boulanger qui fait une baguette sur deux qui soit comestible, etc.En fait, on ne le tolère pas.Là, ce qui est remarquable dans le secteur de l'industrie sondagère, c'est à quel point, finalement, tous ces éléments, en fait, sont sans grande importance.
Et plus généralement, il met en garde : les sondages avant les présidentiels ne sont pas vraiment très fiables, pas fiables du tout.
Depuis 1995, aucune enquête réalisée un an avant le scrutin présidentiel n'a jamais prédit correctement l'ordre d'arrivée du premier tour.À six mois de l'élection présidentielle, les estimations ne sont fiables que dans un cas sur huit.À trois mois, dans un cas sur trois.J'ai regardé les décomptes de la Commission des sondages en 2017.À trois mois du scrutin, du premier tour du scrutin présidentiel, il y avait déjà 40 % de la production, en fait, sondagère, qui avait été publiée.Quelle est la valeur, en fait, de cette production ?
Elle est quasiment nulle.Et par ailleurs, qu'est-ce qu'elle contribue à faire ?À produire des rapports de force complètement virtuels, qui nourrissent un débat interminable et parfaitement inutile.
Ce qu'il dit, c'est important là de vous faire répondre là-dessus, puisque, en fait, si on l'entend, il nous dit que la valeur de cette production est quasiment nulle, que tout ça provoque un débat interminable et inutile.
Transcribe all your audio with Cockatoo
Get started freeOr, nous allons être, et je crois que c'est les chiffres de la Commission des sondages aussi, complètement submergés par des sondages, notamment dans les derniers mois de la présidentielle.
Il y avait, en 2022, 300 sondages dans les trois derniers mois, c'est-à-dire l'équivalent de trois par jour.Donc, si on l'écoute, c'est un pan majeur de la défense des instituts qui s'effondre.Ça veut dire que globalement, tous dire que globalement, tous
ce qu'on va recevoir comme information sur les sondages, encore une fois, je repose ma question, il vaut mieux pas les regarder.
Bah, encore une fois, il vaut mieux ne pas les regarder, ou quand on les regarde, les regarder pour ce qu'ils sont.
Et effectivement, Alexandre, on se connaît bien avec vous validez ce qu'il dit.
Effectivement, les sondages à un an, les sondages à six mois et même les sondages à trois mois ne valent pas grand-chose en tant que prédictions.Ils peuvent prédire, ils peuvent faire montre d'un rapport de force à l'intérieur d'un camp, à un moment ou l'autre.Mais ce ne sont pas des prédictions.Et encore une fois, là, vous avez raison.Tout à l'heure, vous avez dit les sondeurs, ils le rappellent, etc.Mais il y a une sorte d'ambiguïté là-dessus, c'est-à-dire qu'on rappelle systématiquement comme une sorte de joker, c'est pas une prédiction.
Et après, le commentaire sur un plateau va se faire comme si, comme si c'était le cas.
Et souvent, les directeurs d'instituts viennent eux-mêmes et apparaissent quasiment comme des grands sociologues, voire des toutologues, je me permets l'expression, pour nous expliquer tous les tenants et les aboutissants et ce que pensent les Français.C'est-à-dire que eux-mêmes seraient censés mettre des distances avec justement le commentaire médiatique qui est fait.Au contraire, ils n'hésitent pas, ils ne prennent pas forcément ces précautions.Ils n'hésitent pas à nous donner des avis sur la société française.
Il y a cette question par laquelle on a presque commencé cet entretien.Il y a la question de la dépendance de ces sondeurs aux médias.Et donc, à partir du moment où vous êtes dépendant, il y a une sorte de dépendance dans les deux sens des médias aux sondages et des sondeurs médiatiques aux médias.
Bah, vous en adoptez aussi en partie les codes, vous en anticipez les attentes, vous en adoptez les grilles de lecture parfois.Vous êtes flatté de passer à la télé.
Vous êtes flatté d'être sur les plateaux.Il y a des dimensions très classiques en sociologie qu'on appelle l'homogamie sociale.C'est pas quelque chose d'insultant, c'est-à-dire que quand on partage les mêmes intérêts, les mêmes cercles, les mêmes milieux, on en vient aussi à partager des mêmes manières de penser.C'est vrai des sondeurs, c'est vrai des gens dans un atelier de couture que sais-je, c'est vrai partout.C'est un résultat très classique de la sociologie pour le coup du travail.Et donc, effectivement, les sondeurs qui sont les sondeurs.
Et là, il faut peut-être encore une fois dire que les sondeurs qui sont encore une fois dire que les sondeurs qui sontà la tête de leurs instituts ne sont pas forcément représentatifs de l'intégralité des gens qui travaillent dans cet mais ces sont régulièrement en plateau avec des chroniqueurs, avec des éditorialistes, avec des présentateurs et donc vont en partager encore une fois des grilles d'analyse, vont en avancer, voilà, des analyses, des résultats qui, qui, qui parfois se heurtent un peu à pas assez de prises de pincettes.
Et ils sont même parfois, ils nous sont parfois passent parfois pour des experts indépendants et autonomes alors qu'ils sont impliqués politiquement.On peut prendre l'exemple, par exemple, bon à savoir si on regarde des émissions dans les prochains mois de la présidentielle, Jérôme Sainte-Marie, ancien patron de CSA et de BVA, désormais interviewé comme sondeur ou spécialiste de l'opinion dans des débats dans toutes sortes de chaînes et de radios, sans mention du fait qu'il dirige l'école de formation du Rassemblement national et qu'il a été candidat au RN du RN aux législatives de 2024, par exemple.Mathieu, sur la régulation justement des sondages.
Le rapporteur de cette commission d'enquête sur les sondages, Antoine Le Maumat, a déposé une proposition de loi dans laquelle il fait des propositions pour renforcer l'encadrement et de l'usage et de la diffusion des sondages.Il évoque notamment le rôle de la commission des sondages.Il fait plusieurs propositions, par exemple d'interdire les sondages d'intention de vote tant que les candidatures sont pas officiellement déposées ou d'interdire les sondages de second tour avant que le résultat du premier tour ne soit communiqué.Ça c'était les conclusions de la commission d'enquête.D'accord.Est-ce que ça vous semble aller dans la bonne direction, sachant que l'anglais, c'est quand même que d'ici à la présidentielle, on parle peut-être moins des sondages et des personnalités que des projets et des idées.
Oui et d'ailleurs sur la question de la régulation, il y a des propositions très intéressantes qui sont sorties de cette commission sur la question des intentions de vote.Moi, j'aimerais élargir un peu le spectre de cette commission à son rôle sur les sondages en général, les sondages d'opinion en général.Pourquoi ?Ça me semble extrêmement général. Pourquoi Ça me semble extrêmementimportant.La focale, on l'a dit, est souvent mise sur les sondages d'intention de vote, qui, à mon avis, ne sont pas le problème principal par rapport à tout ce qu'on a détaillé avant sur la manière de cadrer les débats, les thématiques qui vont être discutées, etc.
Or, et là, il y a à mon avis un problème fondamental.Si on regarde la loi telle qu'elle est faite, alors la Commission des sondages, elle a été mise en place en 1977.Depuis, il y a eu un certain nombre d'amendements.Aujourd'hui, son champ d'expertise, son champ sur lequel elle peut se saisir, c'est tous sondages qui a un lien direct ou indirect avec le débat électoral.Direct ou indirect avec le débat électoral, on peut très largement, sans prendre trop de risques, considérer qu'un sondage sur la dette, sur les musulmans, sur l'immigration, sur les retraites, ce sont des débats qui ont un impact direct dans.Ce sont des sondages qui ont un impact direct dans le débat électoral.
Or, aujourd'hui, la Commission ne se saisit que des sondages d'intention de vote.Mais qu'est-ce qu'elle en fait d'ailleurs ?Est-ce qu'elle agit ?Est-ce qu'elle sanctionne ?Est-ce qu'elle.Alors, très peu.
Il y a très peu de sanctions.La plupart du temps, là, elle se.Elle se.Elle se contente de.Expertiser les sondages, de publier les notices, de demander parfois des informations supplémentaires, mais il y a très peu.Elle est possible.
"The accuracy (including various accents, including strong accents) and unlimited transcripts is what makes my heart sing."
— Donni, Queensland, Australia
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Get started freeDans une indifférence totale.
Pardon, dans une indifférence totale.
Il y a très peu de.Il y a très peu de choses.Et puis, en plus, encore une fois, elle s'intéresse à ces sondages d'intention de vote qui sont ceux, comme ils sont les plus scrutés, sur lesquels les sondeurs font le plus attention, disons méthodologiquement, où il y a le moins, par exemple, de.Voilà, sur lesquels il y a peut-être moins de problèmes sur l'échantillon, etc.Même si s'il y en a encore, comme c'est les plus scrutés, c'est ceux avec lesquels il y a plus, sur lesquels il y a plus d'attention.Par contre, tous les sondages.
On parlait tout à l'heure du sondage CSA sur les personnalités préférées des Français.À deux mois d'une élection municipale, dire les Français aiment bien le RN, ça me paraît quand même être très important en termes de débat électoral.Bah, la Commission des sondages a refusé de se saisir, par exemple, de ce sondage.Je crois qu'elle avait été aussi saisie pour le sondage sur les musulmans, leur rapport à l'islam et à l'islamisme dont vous avez parlé tout à l'heure.Elle s'est aussi déclarée incompétente.Et donc là, il y a, à mon avis, on parle beaucoup en ce moment des. beaucoup en ce moment des.
problèmes de l'Arcom.Vous avez fait une émission récemment à ce sujet, là-dessus.Je pense qu'il y a une question aussi de régulation très importante avec la Commission des sondages en France.
Que finalement peu d'acteurs politiques défendent.C'est que LFI le défend beaucoup, mais c'était une des préconisations de la Commission d'enquête.Et depuis, on n'en a plus beaucoup reparlé.Et là, on s'embarque dans le cycle de la présidentielle, et c'est probablement pas la question centrale de cette campagne.
Non, mais on peut espérer que la pléthore de sondages qui vont arriver pendant cette période-là incite des personnalités politiques à remettre cette question sur la table, peut-être.
Allez, toute dernière question.En gros, encore plus concrètement qu'on l'a fait dans cette émission, mais pour résumer, les gens se disent : Oh là là, voilà, on rentre à nouveau dans ce cycle-là.Donc la question, je posais au début, la question de l'hygiène mentale face aux sondages.Et c'était un peu mon obsession, vous l'avez vu pendant cette émission.Comment on fait ?Comment on se comporte ?
Ça veut dire que si on entend à la radio le matin et des gens qui regardent Mediapart qui regardent Passé News, donc ça veut dire en allumant France Inter, en allumant, en lisant, en lisant d'autres médias, etc.Si on entend, voilà, un tel, une telle donnée, favori, etc.Tels sondages, etc.Comment ?Qu'est-ce qu'on active dans sa tête ?
La première chose, c'est que si on veut s'intéresser à un sondage, on se contente pas du chiffre qui est donné dans le journal ou dans l'émission de France Inter, mais on va regarder la notice, soit sur le site de la Commission des sondages, mais même sur le site des instituts de sondages, elle est souvent détaillée.Et donc on va regarder un peu plus précisément ce qu'il en est.Ce qui est aussi intéressant, par exemple, quand on utilise des sondages académiques, universitaires, c'est pas le chiffre global.Ça va être de regarder qui, par exemple, soutient telle ou telle personne, puisque c'est plutôt les jeunes, les femmes, les vieux.Donc ça, on peut utiliser les sondages pour avoir cette finesse d'analyse-là, bien que ce soit souvent pas le cas sur les plateaux de télévision.Et puis on peut encore une fois se dire que c'est pas grave si on suit pas au jour le jour les évolutions de sondages et qu'il y a plein d'autres informations qui sont extrêmement importantes pour comprendre ce qui se joue dans le jeu politique.
Un dernier exemple là-dessus : les sondages d'intention de vote au sein de l'extrême droite sur la bataille aux dernières présidentielles. droite sur la bataille aux dernières présidentielles.Zemmour et Marine Le Pen vous donnent à voir la fameuse course de petits chevaux dont vous parliez, mais il faut aller lire des reportages de journalistes sur qui sont les gens dans les meetings, quels sont les programmes, qui sont les gens différenciés qui vont soutenir Zemmour de Le Pen, si vous voulez savoir ce qui se passe au sein de l'extrême droite à ceEt donc gardez en tête tout le temps que le sondage est un outil parfaitement limité, tout ce que vous voulez, mais un outil parmi bien d'autres pour éclairer la vie politique et probablement pas le seul outil le plus pertinent plus on est à distance d'une élection.
Voilà, en se rappelant.Donc les sondages sont d'abord des institutions d'enchères, d'abord des entreprises privées qui interagissent, qui agissent au sein d'un marché qui ont donc leurs propres contraintes.C'est bon à savoir.Et si vous voulez vous mettre un petit peu à côté de de côté de ces logiques justement de marchés, lisez la presse indépendante, c'est une bonne occasion.Vous pouvez suivre la campagne présidentielle sur Mediapart.
Merci Hugo Touze.On lit votre livre "Produire l'opinion", une enquête sur les travail de des sondeurs, et on lit aussi votre texte vraiment passionnant et court sur "Raison d'agir" que j'ai mentionné tout à l'heure.
Merci Mathieu d'être m'avoir accompagné.Cette émission est disponible en replay sur les différentes plateformes de podcasts, possiblement grâce à vos abonnements.Donc si vous le pouvez, abonnez-vous à Mediapart.Belle soirée. Belle soirée.
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