Nous allons tout de suite à Washington.Vous retrouvez Justine Jankowski.Merci d'être avec nous sur LCI.Camouflé ou pas pour Trump cette affaire avec Oman et l'Iran qui, dans son dos, s'entendent tous les deux ?
Ce que je peux vous dire déjà, c'est qu'ici tout le monde prend des pincettes quand il s'agit d'évoquer cet accord parce que ce n'est pas la première fois qu'on entend parler d'un deal qui s'apprête à être conclu et puis que finalement il ne se passe rien, voire que Donald Trump décide de relancer les frappes contre l'Iran.D'autant qu'il y a plusieurs zones d'ombre pour l'instant autour de cet accord.Il y a d'abord débat sur la date de conclusion de signature.Il y a une source de l'administration Trump qui dit que cet accord, il pourrait être annoncé dès la fin de journée aujourd'hui.Donald Trump hier soir parlait encore de mercredi, donc aujourd'hui, voire jeudi.Et on entend aussi dans la presse américaine que selon une source dans le Golfe, il y a une chance sur deux pour que cet accord il soit annoncé vendredi.
Donc vous voyez que déjà tout le monde n'est pas d'accord sur la date.Et puis l'autre zone d'ombre, l'autre zone de flou, c'est qui discute avec qui.Les Iraniens maintiennent qu'ils ne font que parler aux Omanais, alors que Donald Trump lui n'arrête pas d'insister pour dire que l'Iran est venu le supplier de rouvrir les discussions, de rouvrir les pourparlers.C'est encore une fois ce qu'il a dit à Fox News hier soir en interview.Et puis dernier point, l'accord devrait garantir effectivement une nouvelle voie de passage dans le détroit d'Ormuz, mais les Iraniens insistent pour garder une forme de contrôle.Et ça, c'est sûr que ça risque de ne pas plaire du tout à Donald Trump.
Merci beaucoup Justine à Washington ce soir.Noémie Alioua, vous êtes journaliste, essayiste, ex-reporter de guerre en Israël.Justine disait à l'instant il y a quelques zones d'ombre.Oui, c'est le moins qu'on puisse dire.Vous avez un peu plus d'infos là-dessus ?
Oui, et elle disait aussi quelque chose de très important, je trouve.C'est cette idée au fond que d'abord cet accord il y a effectivement. a effectivement.des des zones d'ombre dessus mais surtout tout le monde reste extrêmement prudent parce qu'on connaît cette affaire on connaît les déclarations de Donald Trump on connaît aussi les déclarations des Iraniens qui changent tous les jours qui disent tout et n'importe quoi et il y a toujours un écart immense entre ce qui se passe sur le terrain et les grandes déclarations donc véritablement il faut tout prendre avec des pincettes maintenant on sait que le média Axios ce média qui vous le savez souvent a des informations très bien renseignées avec son journaliste notamment Barak Davis qui donne quelques éléments de cet accord qui pourrait donc être conclu via l'intermédiaire qui serait donc Oman et qui travaille dans les coulisses avec cet accord d'abord il serait quand même assez avancé et dans ce Donald Trump aurait raison il aurait déjà été validé notamment par le ministère des affaires étrangères iranien Abbas Arashi il aurait été également validé par le guide suprême iranien Mostafa Barhami je vous arrête parce que le président iranien qui à l'instant a dit c'est très difficile de rentrer en contact avec le guide suprême même même lui a des problèmes qu'on n'a pas qu'on n'a pas vu depuis qu'on n'a jamais vu alors il continue à Twitter Mostafa Barhami il continue d'ailleurs de d'appeler son peuple à la résistance etc mais vous avez raison de le rappeler depuis l'attaque dont il a été victime avec sa famille depuis le début de cette guerre il est invisible d'ailleurs les informations qui étaient parues dans la presse américaine et israélienne expliquaient qu'il était quand même très amoché très blessé il y a une partie de son visage qui aurait été détruit il aurait du mal à parler enfin il a été vraiment blessé au cours de ces attaques et la question c'est de savoir dans quel état même il est physiquement mais bon il continue de Twitter que c'est lui que c'est ses équipes en tout cas il continue de lancer des grands appels à la nation de résistance mais on comprend l'intérêt de cette figure qui est le fils du grand guide suprême iranien qui a régné sur l'Iran pendant pendant quarante ans pour revenir sur cet accord il serait quand même assez avancé quelques points qui sont parus donc Axios dans Axios d'abord c'est un accord intériminaire de soixante jours qui comprend donc une réouverture du détroit d'Ormuz ensuite il y a pas de péage selon cet accord pas de péage selon cet accordil n'y aurait pas de péage ni de droit de passage.Et enfin, et c'est peut-être ça qui rejoint ce qu'on disait tout à l'heure et qui paraît être effectivement, si ce n'est une défaite, au moins une capitulation de la part des Américains, cette idée que l'Iran conserverait le contrôle de ce détroit d'Ormuz.Si l'Iran conserve le contrôle de ce détroit d'Ormuz, ça veut dire qu'on ne revient pas à la situation d'avant guerre et ça veut dire très clairement qu'effectivement, ils ont eu un gain majeur.
Ils vont pouvoir utiliser cette carte maîtresse à tout instant, à tout moment.Ils vont pouvoir, à tout moment, le fermer ou changer les conditions.Éventuellement, peut-être, au terme de ces 60 jours, rajouter des droits de passage.Donc, on voit bien que ce qui se profile, malgré tout, ça ne va pas du tout dans les intérêts des Américains.
Mais alors, pardonnez-moi, mais Trump se ridiculise quand encore hier soir, il disait ceci.
Le détroit d'Ormuz va être rouvert très bientôt.Sinon, ils vont en prendre plein la figure et là, le détroit sera rouvert.On va lancer une attaque d'une ampleur considérable, la plus grande depuis la Seconde Guerre mondiale.
Christine Étienne Cheipard Selam, on vous connaît bien, maîtresse de conférences et directrice du programme politique et relations internationales, université de Tours, spécialiste défense et sécurité.Ça n'a pas de sens là ce que dit Trump quand on commence à connaître cet accord.
Commence à connaître cet accord.On pense au Memorandum d'entente qui a été signé en grande pompe à Versailles et qui aussi prévoyait 60 jours une réouverture qui n'a jamais vraiment produit.Et voilà où on est aujourd'hui.Aujourd'hui, enfin, moi, j'ai arrêté de compter combien de fois il a menacé la civilisation iranienne, le régime iranien, et qu'il a dit qu'il y avait un accord pour finir par remenerasser.Et maintenant, ces menaces sont un peu, on a envie de dire vides.Je pense que les Iraniens, en tout cas, les prennent pas au sérieux parce qu'à chaque fois, ils préfèrent les négociations, mais les négociations n'aboutissent pas à quelque chose de très concret dans la durée.
Parfois, c'est la durée. Parfois, c'estpar bout.Maintenant, aujourd'hui, si on entend le président dire qu'il est d'accord avec ces points que Barak Ravid et Axios ont reportés, effectivement, les Américains ont perdu.
Ils se déculottent.
Ils ont capitulé.Déjà, avec le même aréna d'entente, en interne aux États-Unis, il y a beaucoup de sénateurs qui disaient : « Mais c'est quoi cet accord ? Vous avez capitulé. » Donc, si effectivement ce qui est écrit dans le papier Axios s'avère vrai et que les Américains le confirment et sont d'accord, c'est encore pire qu'il y a quelques semaines.Évidemment, quand on compare, Michael Ben Amou.
Oui.Alors, on ne sait pas trop qui représente les Américains à Oman.Enfin, les Américains forcément sont mis dans la boucle de façon indirecte sur ces négociations.Même si, si vous voulez, le contexte est quand même assez particulier puisque les proches de Trump ont passé leur temps depuis quelques mois à critiquer Oman justement, à dire que leur médiation ne marchait pas.Et là, voilà.Et là, ils sont mis un peu sur la touche et ils observent comme ça de loin un accord qui se fait sans eux.
Donc, ça doit être quelque chose d'un peu particulier pour cette administration.Ce qu'on entend aussi, c'est une rumeur pas encore complètement confirmée.Si on peut revoir la carte, la carte d'Ormuz, en fait, apparemment, les Iraniens contrôleraient à la fois la route de sortie, mais aussi la route, enfin, à la fois la route d'entrée dans le Golfe Persique et aussi la route de sortie.Voilà.Donc, la route que vous voyez en vert aussi ferait l'objet d'une forme de contrôle iranien.Apparemment, apparemment, apparemment, la sortie aussi serait maintenant sous supervision iranienne selon les derniers éléments qu'on a dans la.
Alors, question de néophyte, contrôler, pourquoi faire ?À la limite, laisser le détroit ouvert et que tout le monde puisse passer, non ?
Le problème, c'est d'empêcher certains bateaux, battant certains pavillons, ou de pouvoir, même si on les laisse passer en général, à un unou un autre, les empêcher de passer.
Donc c'est ça.Non, mais avant le 27 février, tout le monde passait, non ?
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— Ruben, Netherlands
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Get started freeOn ne revient pas là aujourd'hui.Personne ne pense une seconde qu'on va entrer une fois sortie.
Utiliser ce terme assez fort de déculotté, mais c'est un terme qu'on a utilisé des faits, des capitulations, des culottés.C'est plus ou moins l'idée de dire que les Américains, si cet accord tel qu'il est présenté est signé, ne sera pas en leur faveur.Mais rappelons que c'est la volonté politique qui a voulu ça, parce que les Américains, ils ont tous les moyens, ils auraient les moyens, s'ils le voulaient, d'ouvrir le détroit d'Ormuz, ils auraient les moyens de continuer cette guerre.
Les monarchies du Golfe sont pas forcément d'accord d'aller bombarder l'Iran.
Alors les monarchies du Golfe n'ont pas non plus intérêt à garder la République islamique d'Iran et un État aussi puissant et aussi dangereux à leurs portes, parce que vous le savez, l'histoire est faite de géographie et ils garderont ces voisins près d'eux si ce voisin est encore plus puissant qu'il ne l'a été et donc qu'il a la potentialité de pouvoir les menacer encore plus qu'il ne l'a déjà fait, les attaquer comme il le fait déjà comme depuis le début de cette guerre.C'est pas non plus dans leur intérêt de garder cette ennemi à leurs portes.
Rappelons qu'au début, Trump disait on va réduire le régime à zéro, on remettait le fils du chat sur orbite, on appelait la population à sortir dans la rue.
On en est loin là.Il y a plusieurs choses quand même.Alors en termes de, il y a pas de volonté politique pour des raisons.Oui, effectivement, les pays du Golfe et autres, mais aussi pour des raisons internes qui sont très fortes.Cette guerre n'a aucune légitimité dans l'opinion publique ni dans une bonne partie des élus, y compris chez les républicains.On se rappelle quand même des votes au Sénat.
Et je dirais la deuxième chose, et je pense à l'article dans le Wall Street Journal de hier.On parlait beaucoup de manque des munitions pour se défendre.Maintenant, on parle de manque de missiles de précision et ça devient encore plus grave.Donc si en plus il y a des problèmes à la fois de ressources humaines, à la fois de matérielet de manque de volonté politique.C'est encore plus compliqué.
Oui, moi, ce que je voulais dire à Noémie, c'est que c'est que malheureusement, parce que moi, je suis aussi quand même plutôt du côté américain, mais malheureusement, les Américains n'ont plus les moyens de faire ce genre d'opération.L'Amérique, ça n'est pas l'Amérique d'il y a vingt ans ou soixante-dix ans, en fait.Pendant la Seconde Guerre mondiale.C'est plus la guerre en Irak.Les Américains, pendant, enfin, j'ai dit ça à quelques reprises.Les Américains pendant la Seconde Guerre étaient capables de concentrer sur un point de la carte deux cents navires de guerre contre Saddam Hussein.
Il y a effectivement vingt ans, c'était cinquante à soixante navires.C'est comme ça qu'ils ont réussi à renverser Saddam.Et d'ailleurs, les navires américains étaient dans le Golfe Persique.Donc, ils ont frappé Saddam vraiment juste à côté de l'Irak, vous voyez.Or, là aujourd'hui, les Américains ne sont plus capables de déployer que vingt navires de guerre.Ils ne sont même plus capables de rentrer dans le Golfe.
Donc, en fait, ces navires sont tenus à distance par du balistique iranien, des drones iraniens, à peu près à quatre cents, cinq cents kilomètres des côtes iraniennes.Et donc, ce n'est pas l'Amérique de notre jeunesse, je crois, et ça donne le résultat politique que vous voyez aujourd'hui.
Juste pour vous répondre et pour aller dans le sens de ce que vous venez de dire, non seulement ce n'est pas l'Amérique de notre jeunesse.Enfin, je ne sais pas quelle est votre jeunesse, mais en tout cas, ce n'est pas l'Amérique telle qu'elle a été dans les guerres antérieures.Jeunesse très proche.Mais malgré tout, ce qui a changé, c'est aussi l'époque, c'est la capacité à supporter un certain nombre de de morts dans une guerre.Mais le choix d'Irak est parti.Et c'est tout à notre honneur d'ailleurs, c'est-à-dire que les guerres qui ont fait, comme la guerre au Vietnam, qui a duré vingt ans, qui a fait énormément de morts, la guerre de Corée, la guerre de l'Afghanistan, etc.
Toutes ces guerres américaines qui ont été meurtrières aujourd'hui, elles ne seraient pas possibles parce que l'opinion publique ne supporte pas.Et encore une fois, c'est tout à notre honneur de ne plus supporter de voir autant de morts de part et d'autre.Oui, ça c'est.À la fois une difficulté.C'est vrai.D'accepter en fait le sacrifice d'une guerre et le sacrifice qui est à la fois humain et économique.
C'est vrai, mais ça, c'est en fait depuis. fait depuis.le Vietnam, on sait que c'est comme ça.
On a quand même supporté, pardonnez-moi, deux guerres du Golfe sur de faux buts de guerre.Oui, bien sûr.
Et en fin de compte, ils ont bien des détails.En fait, elles finissent par faire par faire ce qu'on leur dit de faire.Pourquoi ?Parce que les guerres ne durent pas très longtemps.Donc, en fait, au bout d'un moment, quand elles réalisent, en fait, au bout d'un mois, deux mois, trois mois, la guerre, elle est, elle est, elle est bâchée ou pas.Le problème de cette guerre, c'est c'est le même problème, les mêmes problèmes que les Russes.
C'est le problème des superpuissances qui mènent une guerre à une puissance intermédiaire.C'est extrêmement difficile.On va couvrir des superpuissances, quelles que soient leurs qualités, même leurs faiblesses, comme le dit Michael.En fait, elles ne sont pas en capacité à utiliser l'ensemble de leurs moyens pour plein de raisons.Les stocks, ils peuvent pas.Les opinions publiques, etc.
Donc le problème, qu'est-ce qui se passe ?C'est qu'en fait, aujourd'hui, le monde a été régulé par trois superpuissances, qui étaient la Chine, la Russie et les États-Unis.Et aujourd'hui, ces pays-là n'ont pas la capacité à influencer, comment dire, les pays, enfin les pays de moyenne puissance.Qu'est-ce qui se passe ?En ne le faisant pas, ça laisse apparaître les moyennes puissances comme l'Iran, le Pakistan, l'Égypte, la Turquie, etc.Ça, c'est pour la zone du Moyen-Orient.
C'est une transformation majeure des rapports de force et des rapports entre États qui est en train d'arriver, qui va se transformer durablement et pour et pour très longtemps, à mon avis.
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Get started freeTout ça, c'est, pardonnez-moi, mais le XXe siècle ne sera pas le XXIe siècle.Tout ça, l'histoire change, les rapports changent.
Sur la question du coup, exactement.Ça a été de fait la question centrale, parce qu'il était impossible d'arriver à débloquer d'une manière ou d'une autre le détroit sans une opération terrestre, même limitée à la zone du détroit.Et il était évident qu'une opération terrestre ferait aurait un coût humain.Jusque là, cette guerre avait coûté en termes d'hommes à peine une vingtaine, je crois, dix-huit ou dix-neuf.
Donc surtout pas d'otages américains chez les Iraniens.
Et surtout, ils ont réussi à éviter.Ils ont réussi à éviter que le pilote souvienne des otages iraniens, que le pilote ait été pris par les Iraniens.Mais pour en venir à cet accord, la vraie question maintenant, c'est effectivement, comme tu le disais, quelle est la réaction des autres pétro monarchies ? disais, quelle est la réaction des autres pétro monarchiesdu GolfeParce qu'à la fois elles ne voulaient pas de cette guerre, elles craignaient que de subir les représailles iraniennes s'il y avait une attaque de grande ampleur sur l'Iran.Mais d'un autre côté, oui, comme tu le disais, l'Iran devient encore plus la puissance régionale.
La menace iranienne est là, toujours plus évidente.Il y a les doutes croissants de la part des pétromonarchies du Golfe, à la fois sur la volonté américaine de s'y engager et sur la crédibilité de leur défense.C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ça a été un peu passé au second plan.L'Arabie saoudite a obtenu des États-Unis cet engagement pour le développement d'un programme nucléaire civil avec enrichissement sur place, sans inspecteur de l'IEA et c'est pas encore fait.Mais c'était une manière de rassurer l'Arabie saoudite sur la réalité, la profondeur de l'engagement américain vis-à-vis de ce pays sur la durée, parce que l'Arabie saoudite de plus en plus effectivement cherche des alternatives. des alternatives.
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