Reprise de territoire, attaques sur la Russie : Ukraine, l'heure du réveil ? • FRANCE 24
Bonjour.Et si la peur changeait de camp ?C'est sans doute le message envoyé par l'Ukraine le week-end dernier.Des centaines de drones ont pu traverser 500 kilomètres de territoire russe pour atteindre Moscou et sa région.Une attaque massive en profondeur au moment même où l'armée ukrainienne grappille à nouveau du terrain le long de la ligne de front.Est-ce le symbole d'une inflexion, voire d'une inversion du rapport de force ?
Un signal envoyé à Vladimir Poutine qu'il est temps d'arrêter la guerre ?Vous nous direz, Nicolas Tenser, chercheur en géopolitique et auteur du blog Tenser Strategies, si nous sommes à un nouveau tournant.Vous dont le dernier ouvrage s'intitule Fin de la politique des grandes puissances, paru aux éditions de l'Observatoire.Mais revenons d'abord à cette attaque de drones ukrainiens en territoire russe.Elle a surpris par son ampleur et frappé les esprits au sortir d'un hiver particulièrement rude pour les infrastructures ukrainiennes et d'une trêve décrétée pour quelques jours, mais jamais respectée.Axel Simon.
Plusieurs explosions au-dessus d'immeubles dans la région de Moscou.Ces vidéos amateurs ont été prises à Khimki, dans la banlieue de la capitale russe.La Russie a indiqué avoir été visée par près de 600 drones faisant plusieurs morts et d'importants dégâts matériels.La défense aérienne russe a indiqué avoir abattu plus de 500 d'entre eux, faisant de cette attaque l'une des plus importantes depuis le début du conflit en 2022, qui pourrait, selon certains experts, faire évoluer le rapport de force.
L'Ukraine produit de plus en plus.Ils produisent des missiles dont la portée est de plus en plus importante.Et parallèlement, ou de l'autre côté, côté russe, sur les quelques mille systèmes de défense sol-air à moyenne ou à longue portée, il y a une attrition très importante et il est de plus en plus difficile à la Russie de protéger la totalité de ses infrastructures critiques.
Cette attaque intervient quelques jours après des frappes russes meurtrières sur la capitale. meurtrières sur la capitale.capitale ukrainienne, auxquelles le président Zelensky avait promis de riposter.
Nos réponses face à la prolongation de la guerre par la Russie et face à ces attaques contre nos villes et nos communautés sont entièrement justifiées.
L'ensemble du territoire ukrainien est visé par des bombardements quotidiens des forces russes depuis plus de quatre ans.En réponse, l'armée ukrainienne frappe régulièrement la Russie.Elle assure viser des sites militaires et énergétiques pour saper l'effort de guerre de Moscou.Mais la capitale et sa région, situées à plus de 400 kilomètres de la frontière ukrainienne, sont plus rarement visées.
Nicolas Tenser, ces frappes ont provoqué la mort de quatre personnes, trois dans la banlieue de Moscou, une dans la région de Belgorod.Quatorze régions centrales de Russie ont été touchées.Kiev veut que la population russe elle-même ressente cette guerre, la réalité de la guerre.
Oui, alors même s'il s'agit à mon avis surtout de dommages collatéraux en ce qui concerne les civils, parce que ça, c'est quand même la doctrine clairement établie des Ukrainiens.On frappe les infrastructures énergétiques, les centres logistiques, les sites bien sûr militaires.On ne frappe pas la population civile.Les Russes, on le sait, depuis quatre ans et demi, voire douze ans et demi, frappent essentiellement des civils, des hôpitaux, des jardins d'enfants, des écoles, des immeubles d'habitation.Voilà.Donc c'est complètement différent, évidemment, en termes de philosophie.
Maintenant, s'il faut que la guerre entre dans la cuisine des Russes, c'est une expression russe, voyez-vous.Eh bien, c'est une bonne chose parce qu'il faut quand même que les Russes comprennent qu'ils ne sont pas à l'abri.Et par rapport au discours traditionnel de Poutine, la Russie est protégée, tout est sous contrôle, il n'y a aucun problème.C'est très important de faire démentir ce discours.
L'attaque a été réalisée grâce à des drones légers avec des charges militaires faibles.Cette opération, elle ne va pas affaiblir militairement la Russie.
Alors si, d'abord parce qu'on s'aperçoit que l'essentiel des raffineries au raffineries aucentre de la Russie sont aujourd'hui hors d'état de marche.C'est-à-dire que ces raffineries qui fournissent environ 25 à 30 %, essentiellement si vous voulez, du pétrole raffiné à la population russe, eh bien, ont une conséquence quand elles sont à l'arrêt.Elles ont une conséquence visible là aussi pour les industries russes, pour la population russe.Donc ça, c'est quelque chose qui est très important.Et avec beaucoup d'humour, d'ailleurs, le président Zelensky parle de sanctions à longue portée.
Ce sont les sanctions les plus efficaces, beaucoup plus évidemment que les sanctions de l'Union européenne qui, on le sait, ne visent que très faiblement les pays essentiellement indéchins qui achètent du pétrole russe.Certes, on a eu quelques très beaux succès, notamment d'ailleurs de la marine française dans la raisonnement de pétroliers russes de ce qu'on appelle la flotte fantôme.Mais il y a encore à peu près 250 tankeurs russes sous faux pavillon qui sillonnent les mers.Donc ces sanctions-là, elles marchent.Et surtout, c'est le début, si vous voulez, d'un processus.C'est ça qui est très important.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, que l'on voit aujourd'hui que la supériorité technologique ukrainienne est vraiment établie et que aujourd'hui, vous avez ces drones.Vous avez eu d'autres opérations.Rappelez-vous l'opération toile d'araignée qui a visé un terrain d'aviation très loin aussi, mais là à partir de drones qui étaient transportés à l'intérieur même du territoire russe.C'est une opération extraordinairement astucieuse.Mais surtout, l'Ukraine est en train de développer aussi des missiles à longue portée, c'est-à-dire environ 2000-2500 kilomètres, comme à peu près les tomahawks américains.Et là, ça va pouvoir dire que, bien sûr, les Ukrainiens vont pouvoir frapper plus loin, mais aussi plus fort, parce que les charges, vous l'avez rappelé tout à l'heure, les charges de missiles sont nettement supérieures à la charge de ces drones.
En tout cas, cette attaque montre à quel point Kiev, vous venez de le dire, Nicolas Tenza, a développé ses propres capacités offensives, Gilbert Cragg.
Depuis les débuts de l'offensive américaine contre l'Iran, une série de frappes ukrainiennes sur les ports pétroliers russes a permis de réduire de manière significative permis de réduire de manière significativeles bénéfices que la Russie a pu tirer de la flambée des prix du pétrole.Elle s'ajoute à une campagne menée depuis neuf mois par l'Ukraine contre les raffineries en Russie, ce que les Ukrainiens appellent les sanctions longue portée.L'instrument de ces sanctions, ce sont les drones longue portée développés en Ukraine par plusieurs entreprises, mais avec un leader incontestable, Firepoint, créé en 2022.Il y a des soupçons en Ukraine quant au rôle joué au sein de Firepoint par des figures proches du pouvoir et accusées de corruption, mais l'efficacité de ces produits, elle, ne fait plus aucun doute.Et le taux de réussite des frappes de drones augmente aussi grâce à l'apport de technologies supplémentaires, comme par exemple les ballons qui accompagnent les drones et qui peuvent servir à la fois de relais radio et de lure pour déjouer les défenses antiaériennes.
Le pôle d'innovation Brave 1, créé par Mykhailo Fedorov, qui est aujourd'hui ministre de la Défense, permet aux start-up ukrainiennes de coopérer entre eux et de développer ces innovations.La force de frappe ukrainienne est aujourd'hui telle que M. Fedorov a pu déclarer lors d'une rencontre récente avec son homologue allemand que l'Ukraine n'avait plus vraiment besoin des missiles torus qu'elle avait si longtemps réclamés sans succès à l'Allemagne.Mais c'est le président Volodymyr Zelensky qui a peut-être le mieux souligné ce changement de donne avec son humour caractéristique en signant le 8 mai un ukase pour permettre la tenue d'une parade à Moscou le lendemain, en interdisant toute frappe ukrainienne sur la capitale russe ce jour-là.Les drones ukrainiens ont touché plusieurs cibles dans la région de Moscou une semaine plus tard, comme vous venez de l'évoquer.
Nicolas Tenser.Aujourd'hui, l'Ukraine est capable d'atteindre des cibles jusqu'à 2 000 kilomètres à l'intérieur du territoire russe, comme on l'a vu fin avril avec l'aérodrome de Chagols.C'est dans la région de Tchelabinsk.C'est important pour l'Ukraine d'être capable d'atteindre autant en profondeur le territoire russe sans recourir, vous l'avez dit, vous l'avez dit,
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— Ruben, Netherlands
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Get started freeaux technologies occidentales.Oui, c'est essentiel, tout simplement.D'abord parce que jusqu'à présent, les Américains et les Européens ont refusé à l'Ukraine finalement l'accès à ces technologies.Certains Européens, d'ailleurs, n'en disposent pas, donc la question n'était même pas là.Et que vous avez toujours cette sorte de restrictions au prétexte complètement fallacieux.Il ne faut pas escalader.
Je crois qu'il est au contraire essentiel aujourd'hui d'arrêter de désescalader.Et les Ukrainiens l'ont parfaitement compris.S'ils veulent véritablement gagner la guerre, ils doivent effectivement porter des coups fataux à l'ensemble des infrastructures militaires et énergétiques russes.Mais surtout, avec ces drones à longue portée, ça va permettre à terme de désorganiser l'arrière du champ de bataille.C'est-à-dire que vous voyez, vous avez une ligne ukrainienne, là vous avez une ligne russe.Si vous frappez derrière et que vous coupez les lignes russes de l'approvisionnement en munitions, en médicaments, en vivres, etc.
Eh bien là, les Russes ne peuvent plus avancer.Ils vont être obligés, évidemment, de reculer.Alors on n'en est pas encore là, mais ça commence quand même aujourd'hui à poindre.D'où les reconquêtes encore faibles, soyons clairs, des territoires occupés par les Russes.Mais là, ça pourrait être un changement dans la guerre.Et je crois que ce qui est essentiel aujourd'hui, c'est évidemment d'aller jusqu'au bout, de faire en sorte que les Européens, évidemment, augmentent aussi leur aide à l'Ukraine.
Mais on est sur une trajectoire de victoire.Mais l'Ukraine n'a plus besoin des tirs russes allemands, finalement.Alors ce serait bien quand même, malgré tout, que le chancelier Merkel finalement les fournit.C'était quand même une de ses promesses de campagne qu'il n'a pas tenue.Mais ce serait parce que notamment ces tirs russes seraient très efficaces sur notamment le pont de Kerch.Vous savez, ce pont qui relie la Crimée au territoire russe.
Eh bien ça, ce serait quand même très efficace.Mais on va voir.Vous savez, moi c'est déjà ce que me disait un jour l'ancien ministre des Affaires étrangères ukrainien.Et c'était fin 2022.Et il m'a dit mais tu verras.En fait, la Crimée va tomber en premier.
Et je crois qu'aujourd'hui, on est en train, grâce à des opérations ukrainiennes d'ailleurs récentes. récentes.de couper progressivement l'Ukraine du reste des territoires ukrainiens occupés par les Russes.Demain, ce sera du territoire russe, et je pense que la Crimée va tomber peut-être en premier, effectivement.
Car dans le même temps, les troupes au sol font preuve d'une résistance acharnée.L'armée russe ne progresse plus le long de la ligne de front d'Ali Lagomri.
Selon l'institut pour l'étude de la guerre basé aux États-Unis pour la première fois depuis 2024, les Russes ont perdu du terrain au mois d'avril.On parle de 116 kilomètres carrés.Ça représente 0,02% de la totalité du territoire ukrainien.Ça concerne des zones près de Kharkiv, Koupiansk, Dnipro ou encore Zaporijia.Mais attention, il faut plutôt considérer que c'est un repli tactique de la part des Russes parce qu'ils continuent de s'infiltrer dans le Donbass, qui reste la principale ligne de front dans cette guerre, une guerre qui s'éternise et qui semble se figer sur le front, comme nous montre cette une des économistes avec ce soldat russe qui dort dans son camion.On est bien loin des offensives printemps-été menées jusqu'ici par la Russie, grâce à des conditions météo plus clémentes.
Les Russes, on le voit, sont freinés par les contre-attaques terrestres ukrainiennes et par les attaques de drones, notamment celles qui visent le territoire russe et qui obligent l'armée à se mobiliser pour prioriser la protection du territoire.Il y a aussi un blackout des communications.Les Russes n'ont plus accès à Starlink.Ils ont aussi restreint Telegram, ce qui peut impacter les opérations.En attendant sur le terrain, la Russie perd toujours autant d'hommes.Grâce aux images satellites et aux vidéos de combat, on estime à près d'un million le nombre de soldats russes tués depuis le début de la guerre, près de 415. la guerre, près de 415.
000 rien qu'en 2025 soit près de 35 000 soldats russus tués par mois ce qui est énorme et le ministre de la défense ukrainien veut aller plus loin puisque je cite il dit que son objectif est de tuer 50 000 soldats russus par mois de quoi démoraliser encore plus des troupes alors que la Russie peine à recruter malgré le recours aux combattants étrangers et malgré les incitations financières Nicolas Tenzor à quoi attribuer cette progression de l'armée ukrainienne un repli tactique de la Russie ou bien à l'aveuglement aussi des Russes depuis la désaffectation la désactivation des terminaux Starling dont ils avaient acquis la maîtrise alors je pense que c'est un ensemble il n'y a pas une cause unique mais il y a effectivement Starling il y a effectivement les réseaux d'échange WhatsApp et surtout Telegram qui étaient très actifs pour communiquer entre les différents éléments combattants russus mais vous avez aussi je pense la supériorité technologique des Ukrainiens en matière notamment de drones en matière d'interception vous avez évidemment une économie je dirais de moyens côté ukrainien que vous n'avez pas vous l'avez effectivement rappelé côté côté russe et puis vous savez il y a une chose très simple c'est que les Russes ne savent pas pourquoi ils combattent je parle des gens qui sont engagés dans l'armée il y a aucun objectif il y a aucun objectif crédible alors certains parlent à dénazification enfin ce langage absurde évidemment ne trompe personne en revanche les Ukrainiens eux savent pourquoi ils se battent ils se battent pour la liberté ils se battent pour le droit ils se battent pour un futur européen ils se battent pour la démocratie ils se battent pour leur survie et d'ailleurs celle de l'Europe en passant donc c'est quelque chose qui est très important moi je me rappelle encore vous savez au début de de de la guerre totale russe contre l'Ukraine vous aviez un certain nombre de personnes en plateau qui me disaient mais il y a une supériorité évidente des Russes trois fois et demi plus de personnes une armée gigantesque l'Ukraine ne peut pas résister moi je disais mais non vous savez il y a d'autres éléments dans le combat et donc finalementcet esprit de géométrie, finalement, qui manquait d'esprit de finesse, pour reprendre une comparaison célèbre, finalement, n'a pas effectivement prévalu.Alors maintenant, effectivement, il y a une suite.Et la suite, ça va être effectivement d'aller jusqu'au bout.Mais on est sur cette dynamique, encore une fois progressive.N'allons peut-être pas trop loin.
Mais je suis vraiment persuadé qu'aujourd'hui, les Ukrainiens ont les moyens de reconquérir l'ensemble du territoire perdu.Je ne sais pas combien de temps ça prendra, bien sûr.Mais on est quand même, encore une fois, sur cette dynamique-là.
Et la Russie, elle fait grise mine.Des cérémonies du 9 mai commémorant la victoire sur l'Allemagne nazie célébrées cette année, sans tambour ni trompette, en l'occurrence sans missiles ni blindés, par crainte d'une attaque ukrainienne.Vladimir Poutine a même, pour la première fois, évoqué la fin prochaine du conflit.C'était lors d'une conférence de presse en marge du défilé.Écoutez.
Les pays occidentaux ont promis le red et ont ainsi attisé les tensions avec la Russie.Des tensions qui perdurent encore aujourd'hui.
Je pense que la situation touche à sa fin, mais cela reste une affaire grave.
Nicolas Tenzer, qu'est-ce qui pousse Vladimir Poutine à tenir ses propos, d'après vous ?Le coût de la guerre se fait sentir pour la population russe ?
Alors, je pense qu'il y a deux choses.D'abord, il y a quand même un élément de désinformation, parce que quand il présente la guerre finalement à la population russe, il présente finalement la guerre contre l'OTAN.Et il dit, c'est finalement les forces de l'OTAN qui ont empêché le succès, en quelque sorte.Il ne le dit pas exactement comme ça, mais il parle des pays de l'OTAN.Le succès des armées russes, parce que c'est extraordinairement humiliant de voir que ce sont les Ukrainiens, tout seuls, certes, avec des armes en partie occidentales, mais de moins en moins.60 % des armes aujourd'hui sur le terrain sont ces armes fabriquées en Ukraine.
Ce serait humiliant, effectivement, de dire cela.Maintenant, les propos de Poutine sont très ambigus, parce qu'ils ne montrent premièrement aucun signe, effectivement. aucun signe, effectivement.selon lesquels il voudrait la paix.Il retire ses troupes d'Ukraine.La paix existe.C'est aussi simple que cela.
Mais ça, il ne veut pas en entendre parler.Deuxièmement, en fait, il y a l'idée que aujourd'hui, peut-être, il pourrait parvenir à des négociations et s'en sortir le moins mal possible.Et c'est en quelque sorte un piège dans lequel les Occidentaux ne doivent surtout pas tomber.Il n'y a rien à discuter avec Poutine.Il faut au contraire aider les Ukrainiens à regagner leur territoire.D'ailleurs, c'est une obligation en droit international.
Transcribe all your audio with Cockatoo
Get started freeIl faut effectivement, je pense que là-dessus, les autorités, y compris d'ailleurs Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, et d'autres ont été parfaitement clairs avec, vous savez, la mise en place du tribunal spécial pour juger les responsables de crimes d'agression, c'est-à-dire concrètement le crime de leadership.C'est comme ça qu'on le désignait aussi, Poutine et les siens.Il ne faut pas céder là-dessus.Il ne faut pas céder sur le retour des plus de 20 000 enfants ukrainiens déportés.Donc, faisons attention de ne pas trouver une sorte de compromis boiteux.Et je pense que Poutine essaye de tendre un piège parce qu'il sait qu'il y a une partie des Européens qui se disent peut-être qu'aujourd'hui, on pourrait trouver un compromis, profiter de cette faiblesse russe pour trouver quelque chose.
Par exemple, on leur laisserait le Donbass, la partie du Donbass occupée depuis 2014, peut-être la crise.Le blase de l'ouest.Tout ceci, encore une fois, n'a aucun sens.Donc, il est sur cette position-là, mais en même temps, comme il n'est pas dans la même rationalité, si vous voulez, que les dirigeants occidentaux, il n'est pas prêt à céder non plus, parce que son objectif, c'est encore une fois la destruction de la nation ukrainienne en tant que telle, la destruction du peuple ukrainien, mais physiquement ou de le réduire en esclavage, c'est ça son objectif.Et vous avez évoqué tout à l'heure les plus d'un million de soldats russes tués et mutilés.Si il y en avait deux ou trois millions, Poutine ne se soucierait pas plus.
Ah oui.Alors, comment maintenir la mobilisation aussi côté ukrainien dans cette cinquième année de guerre de haut? dans cette cinquième année de guerre de haut?intensité, c'est tout l'objet des efforts entrepris à Kiev.Antoine Feno.
Manipulation des armes, tactique, encouragement, dans ce centre d'entraînement de l'armée ukrainienne, on prépare les futures recrues aux difficiles combats sur le front.Ils ont davantage, disons, de peur, de crainte.Ici, il faut d'abord leur donner plus de temps pour s'adapter, communiquer et comprendre que certains ont besoin de discussions supplémentaires.Leur expliquer que nous sommes de leur côté.Rassurer les recrues et pour cause, les forces armées de Kiev manquent de bras.Illustration notamment avec ce recrutement de prisonniers en échange d'une remise de peine.
Certains acceptent de s'engager, mais pas tous.Pour tenter de remédier à ce manque de troupes, Volodymyr Zelensky a annoncé une réforme de l'armée.À la clé, une hausse des soldes pour les militaires, presque 600 euros par mois pour une position non combattante désormais et jusqu'à plus de 7 000 euros pour des soldats déployés sur le front.Autre élément central de la proposition du président ukrainien, une démobilisation par phase.Il y aura des durées de service clarifiées et précises grâce au nouveau système de contrat.C'est là l'aspect moral le plus fondamental.
Cela permettra notamment de commencer à démobiliser les personnes qui avaient été mobilisées auparavant.En effet, pour l'heure, la loi martiale instaurée lors du début de l'invasion russe à grande échelle en février 2022 empêche toute démobilisation des soldats.La quasi-totalité des recrues elles sont démobilisées et non des volontaires.Un sujet très inflammable dans le pays.Beaucoup jugent ce système injuste. injuste.corrompu et inefficace.
Et des changements portés par un homme, Mihailo Fedorov, un spécialiste des drones et du numérique devenu ministre de la défense, à la faveur d'un remaniement gouvernemental fracassant d'Ali Lagomry.
Une fois de plus, Volodymyr Zelensky a dû se débarrasser de membres éminents de son gouvernement, encore une fois pour des histoires de corruption.Cette fois, c'était au tour d'Andrey Yermak, ancien chef de cabinet et figure clé du pouvoir ukrainien.Il est soupçonné d'être impliqué dans un vaste réseau de blanchiment d'argent de près de neuf millions d'euros.Il a donc démissionné et a été remplacé par Kirill Budanov, l'ancien patron des services de renseignement militaire ukrainien.Dans la foulée, le président ukrainien a également désigné Mihailo Fedorov, nouveau ministre de la défense.Une nomination surprise.
Cet ancien ministre de la transformation numérique, très peu connu du public, c'est un novice en politique, mais il a réussi à s'imposer comme un stratège incontournable de la bataille numérique, avec le développement de drones extrêmement sophistiqués, comme on vient de le voir.Même s'il n'a pas attendu d'être ministre de la défense pour travailler sur le sujet, Fedorov et Budanov, ce sont les deux nouveaux visages de cette bataille numérique que livre Kiev à Moscou.La mission de Fedorov, en tant que ministre de la défense, est bien évidemment de protéger l'espace aérien ukrainien, d'assurer la logistique sur le front et de réfléchir aux innovations pour contrer et freiner l'avancée russe.Il vient d'ailleurs d'annoncer que l'Ukraine a fabriqué sa première bombe planante.Des innovations et des progrès qui sont extrêmement convoités.On l'a vu avec la guerre des drones à Hormuz.
Même les Américains voudraient faire un deal sur ces armes ukrainiennes.
Merci Dalila Gomery.Nicolas Tenzer, il est important de changer les têtes, quitte à nourrir le narratif russe, qui dit à qui veut l'entendre, bien sûr, que ce pouvoir ukrainien est corrompu.
Je pense qu'il était évidemment totalement nécessaire, effectivement, dès qu'il y a un soupçon quelconque de corruption à haut niveau, bien sûr, de faire toute la lumière et de lancer toutes les enquêtes nécessaires.Bon, même période de guerre, au contraire, féminine.Même, j'allais dire, voyez surtout en période de guerre, parce que précisément, vous avez des Ukrainiens, malheureusement, que je dirais, qui meurent sur le front.Vous avez des civils qui sont attaqués, et donc à ce moment-là, il faut absolument qu'il y ait une image d'irréprochabilité totale du gouvernement.Alors maintenant, effectivement, on voit tous les trolls russes, on voit la propagande russe qui parle de la corruption en Ukraine.Enfin, c'est quand même, si vous voulez, le vice qui se mord de la vertu, parce que on sait quand même qu'il y a 50 points d'écart en termes d'index de corruption de Transparence International entre la Russie et l'Ukraine.
La Russie est l'un des pays les plus corrompus du monde et descend encore plus dans les profondeurs du classement, alors que l'Ukraine progresse.Maintenant, encore une fois, est-ce que vous voyez en Russie des procès, des enquêtes indépendantes contre l'ensemble des personnes au plus haut niveau qui sont totalement corrompus de manière notoire ?Il y a bien sûr beaucoup d'investigations là-dessus.Non.En revanche, en Ukraine, vous voyez tout simplement la justice qui suit son cours, qui pourra aller jusqu'au bout, qui pourra frapper quand même l'équivalent du secrétaire général de l'Élysée, si je devais faire une comparaison, le plus proche ancien collaborateur du président Zelensky.Et je trouve que c'est très bien.
Et quand vous vous allez en Ukraine, j'étais encore il y a moins d'un mois, eh bien, vous pouvez dire que tous les Ukrainiens, encore une fois, se réjouissent tout simplement qu'il y ait une justice indépendante.C'est quand même aussi pour cela qu'ils se battent.
Voilà en tout cas un gage donné. un gage donné.l'Union européenne, Alex Le Bourdon, au moment où un autre caillou dans la chaussure des Ukrainiens, le hongrois Viktor Orban, a quitté le pouvoir.
Eh bien ici à Bruxelles, malgré le changement de donne sur le terrain militaire et la chute de Viktor Orban en Hongrie, le dossier de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne avance toujours au ralenti.Pour tenter de dynamiser le processus, le chancelier allemand Friedrich Merz propose d'ailleurs un statut inédit de membre associé pour l'Ukraine.Concrètement, cela voudrait dire une participation au sommet européen sans droit de vote, un commissaire sans portefeuille et des observateurs au Parlement européen, un moyen pour Kiev d'avoir déjà un pied dans la porte avant d'envisager une adhésion pleine et entière.Mais voilà, cette idée est reçue fraîchement par plusieurs pays européens, notamment ceux qui soutiennent les pays des Balkans occidentaux et qui refusent que l'Ukraine soit traitée différemment de pays qui attendent depuis beaucoup plus longtemps.Et puis il y a la position du nouveau premier ministre hongrois Peter Magyar, qui se dit prêt à lever le veto de son prédécesseur, mais à une condition que l'Ukraine garantisse les droits de la minorité hongroise en Ukraine.Des consultations techniques ont commencé sur le sujet entre Kiev et Budapest, consultations desquelles le président du Conseil européen Antonio Costa attend des progrès concrets avant d'envisager d'inscrire le sujet de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne à l'agenda du prochain sommet de juin.
Nicolas Tenzer, vous comprenez la proposition de Friedrich Merz.Les Européens en font-ils assez ou pas, comme le suggère le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte ?
Alors il y a deux sujets.Il y a un premier sujet qui concerne effectivement l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne.Bien sûr, il faut aller vite, il ne faut pas brûler les étapes non plus.Moi, ce que je crains, c'est que quand on sait que l'Allemagne est aujourd'hui en fait, en réalité, réalité,opposée à l'adhésion pleine et entière de l'Ukraine à l'Union européenne, cette apparaît comme une solution au rabais qui risque de durer.Vous voyez, c'est c'est là que propose l'inférence.
"Cockatoo has made my life as a documentary video producer much easier because I no longer have to transcribe interviews by hand."
— Peter, Los Angeles, United States
Want to transcribe your own content?
Get started freeEt donc, en fait, c'est un peu un peu ambigu.Et je crois que encore une fois, l'Ukraine a montré que c'était le pays le plus européen en termes de conscience, qu'il y a un atout d'avoir l'Ukraine, je dirais, dans l'Union européenne et d'ailleurs dans l'OTAN en termes de défense, en termes de modernité technologique, en termes de capacité d'investissement, de conscience historique véritablement.Donc, arrêtons de de de de trouver des solutions dilatoires.
Nicolas Tenzher, des exercices, des manœuvres militaires conjointes viennent d'avoir lieu entre Russie et Biélorussie, durant lesquelles des vecteurs de l'arme atomique ont été testés.De quoi justifier que côté ukrainien, on s'inquiète d'un nouveau front et qu'on cherche à sécuriser la frontière nord au risque de disperser l'effort de guerre.
Je dirais qu'aujourd'hui, il est absolument indispensable pour les Ukrainiens de sécuriser tout ce qui peut l'être.Et bien sûr, il y a ce risque.Ce risque n'est pas nouveau.Il a déjà été établi et documenté il y a longtemps.Mais aujourd'hui, vous voyez effectivement cette alliance entre les deux de plus en plus visible entre effectivement Lukashenko et Poutine.Mais il ne faut pas oublier, vous savez, vous avez encore aussi dans ce pays, il faut en parler, le Belarus, 800 prisonniers politiques.
Ne les oublions pas.Et sachons aussi que lorsque l'Ukraine aura été libérée par ses propres forces, et bien le Belarus tombera et la Géorgie, qui est gouvernée par un gouvernement aussi totalement pro-rus, sera à nouveau libre.Vous voyez aussi les conséquences à long terme de cette victoire de l'Ukraine.
Merci, Nicolas Tenzher.Je rappelle que vous êtes l'auteur du blog Tenzher Strategies, de l'ouvrage infime de la politique des grandes puissances, mais aussi notre guerre, qui concerne plus spécifiquement le conflit ukrainien.Merci d'avoir été avec nous.C'est la fin de ce numéro du Monde dans tous ses États. ses États.pouvez le retrouver sur notre site internetRendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle édition. nouvelle édition.
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