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Vladimir Poutine fragilisé sur tous les fronts ? | 28 minutes | ARTE

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Elles sont russes, influenceuses, et depuis quelques jours, elles interpellent Vladimir Poutine comme cette vedette de la télé-réalité domicilie à Monaco. Assiste-t-on à une vraie fronde anti-Poutine ou à une opération orchestrée par le Kremlin C'est l'un des plus En réalité, elle n'arrête pas de le flatter. Elle dit que c'est un président fort. Ils y croient vraiment que Poutine n'est pas au courant ou ils disent ça pour la forme ? Le Kremlin n'a pas condamné la vidéo. Il dit prendre en compte les critiques adressées par le peuple, notamment celles sur les fréquentes russes depuis des semaines. On a l'impression d'avoir été téléportés 20 ans en arrière. Et cette grogne se ressent dans les sondages d'opinion.

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La cote de confiance de Vladimir Poutine fléchit sur fond d'activité économique au ralenti. Il a lui-même reconnu la semaine dernière pour la première fois. Les statistiques montrent que la croissance économique est malheureusement en baisse depuis deux mois consécutifs. La guerre en Ukraine pèse sur l'économie russe, d'autant qu'après quatre ans de conflits, la ligne de front semble figée. Des Russes n'hésitent plus à confier leur lassitude. Nous attendons tous avec la plus grande impatience que cette affaire profondément fratricide prenne fin.

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Nous l'attendons vraiment.

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Alors entre le conflit en Ukraine qui s'éternise, le déclin économique et la censure sur Internet, le système Poutine est-il en train de vaciller ? L'homme fort de Moscou donnerait-il des signes de faiblesse ?

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Merci à tous les trois de nous avoir rejoints pour répondre à ces questions tous ensemble. A mes côtés, Jean de Glignasti. Bonsoir, bienvenue. Vous êtes directeur de recherche à l'IRIS, ancien ambassadeur de France en Russie. Vous avez publié aux éditions Erol géopolitique de la Russie. Selon vous, la crise économique, les mesures répressives comme la censure d'internet, pourrait être acceptée par la population russe au nom de la défense du pays,

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au nom de la défense de la Russie. Mais si la Russie ne gagne pas la guerre, évidemment ces mesures n'ont plus de sens. A vos côtés Clémentine Fauconnier, bonsoir. Bienvenue, vous êtes maîtresse de conférence en sciences poétitaire à la guerre, aux éditions Le Cavalier Bleu. Et vous ne pensez pas, vous, que le régime de Poutine soit proche de la chute, malgré une popularité en baisse liée en grande partie à la censure d'Internet. L'expérience a montré, dites-vous, bienvenue, politologue, spécialiste de la Russie. Vous avez publié aux éditions du Serbe « Les Russes veulent-ils la guerre ? » et selon vous, de plus en plus d'influenceurs critiquent le pouvoir.

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Cela pourrait s'inscrire dans une stratégie d'influence, justement liée à certains cercles du Kremlin, afin d'alerter Vladimir Poutine sur le mécontentement qui monte dans une part croissante de la population. Tout de suite pour ouvrir le débat, Valérie, vous avez une influenceuse qui est même l'influenceuse du jour.

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Exactement, elle s'appelle Victoria Bonia, elle rassemble 13,6 millions d'abonnés sur son compte Instagram. Cette influenceuse russe vit désormais à Monaco. Et bien elle s'est adressée directement au maître du Kremlin en ces termes, vous allez les découvrir, Vladimir, les gens ont peur de vous, je pense qu'entre vous et nous, les gens ordinaires, il y a un mur infranchissable, je veux l'abattre. Véra, Grande Séva, c'est une prise de parole assez rare, où la critique frontale finalement en Russie est quand même très marginale. Est-ce qu'il faut y voir un début de fissure, le signe d'une fissure dans la population russe ?

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Est-ce qu'elle peut vraiment l'abattre ce mur infranchissable entre les gens ordinaires et Vladimir Poutine ? J'aurais distingué deux choses. Cette blogueuse qui, pour moi, quand même s'inscrit dans la lutte autour du pouvoir au Kremlin et des autres blogueurs et des russes en général sur les réseaux sociaux qui de plus en plus râlent, s'expriment contre tout ce qui se passe en Russie pas contre la guerre, ça c'est interdit donc ils ne peuvent pas le dire, mais contre les problèmes économiques, contre les restrictions sur Internet. Donc c'est deux choses différentes pour moi. Victoria Buogne, il faut se rappeler quand même sur sa personnalité, c'est une blogueuse qui était participante des télé-réalités en Russie. Bon, plutôt de style assez banal je dirais.

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Mais vous voulez dire par là qu'elle est utilisée un peu par le régime ? Oui, ses intérêts économiques sont entièrement en Russie, ça veut dire que sa fortune en fait, et le mode de vie qu'il peut mener à Monaco, c'est que grâce aux pubs qu'il vend aux populations russes. Donc pour elle, prendre une parole contre Vladimir Poutine, et d'ailleurs remarquez, elle reste dans le pyramètre de ce qu'on appelle la critique loyale. Jamais elle ne critique ouvertement Poutine. Elle ne critique jamais en question son régime, jamais elle était contre la guerre. D'ailleurs elle dit que je ne suis pas l'opposition russe, je veux attirer l'attention de monsieur Poutine.

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Donc pour moi ça s'encrit dans la lutte de pouvoir autour de Poutine, où effectivement maintenant il y a le FSB qui a pris beaucoup de contrôle,

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il y a les autres groupes d'influence qui veulent alerter Vladimir Poutine et l'application commence à en avoir marre. Alors on vous entend et pourtant le porte-parole du Kremlin a pris cette parole très au sérieux. Alors c'est peut-être aussi dans cette même stratégie mais on va regarder ce que Dimitri Peskov a déclaré. Bien sûr, nous avons vu la vidéo de Bonia, nous avons déjà travaillé sur cette question

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mais nous allons encore déployer des efforts considérables. Fauconis, est-ce que ça veut dire que cette prise de parole de cette blogueuse, elle est quand même prise au sérieux ? Oui, parce qu'elle permet finalement de canaliser un mécontentement dans la population qui est tout à fait sensible, qu'on voit même si sur la question de la baisse de la cote de popularité de Vladimir Poutine, ça peut évidemment faire rire puisque 60% est quel que ça pourrait faire rêver beaucoup de gens occidentaux. quand même depuis maintenant 25 ans. Est-ce qu'ils sont crédibles ces sondages en Russie d'ailleurs ? Les gens disent librement dans la rue

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qu'ils ont une bonne ou une mauvaise opinion de Merkel ?

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Il faut les interpréter. Evidemment qu'il faut interpréter avec des outils spécifiques, mais ça ne dit pas rien. Surtout, je dirais les variations. C'est-à-dire que ça correspondait vraiment à une réalité. Et donc là, le Kremlin a tout à fait perçu le mécontentement de la population. Et donc, alors le degré de mise en scène, il est toujours difficile à évaluer. Mais en tout cas, le fait que ce soit porté pour l'essentiel par une actrice comme Victoria Bonilla, ça permet justement, de leurs enregistres mécontentement et de montrer que sur un sujet qui n'est pas forcément le sujet le plus chaud, à savoir la guerre en Ukraine,

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il y a des possibilités d'adapter à la marge. Pour les réformes de la retraite, par exemple, le gouvernement avait reculé un petit peu.

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Jean de Glignosti, cet épisode permet à Vladimir Poutine d'il y a des législatives au mois de septembre, je crois, en Russie. Tout à fait. On est quand même dans un schéma très classique en Russie du bon tsar et des mauvais boyards. Et donc on invoque le bon tsar en disant « on vous ment ». D'ailleurs, elle a dit « on vous ment ». C'est important parce qu'on est vraiment dans le schéma habituelle. C'est votre entourage, c'est la cour qui vous montre que vous en faites un partisan. Et pour en continuer à vous faire confiance. Alors des boucs émissaires, il y en a déjà eu quelques-uns, puisqu'il y en a pratiquement purgé la moitié du ministère de la Défense. Bon, mais les résultats militaires ne sont pas meilleurs avec la nouvelle équipe. Il y en aura d'autres, sans aucun doute. Ce qui m'a frappé, c'est que l'un des membres de l'équipe de Kiryenko, qui est le numéro 2 de l'administration présidentielle, mais qui est tout puissant, qui s'occupe des questions politiques,

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le numéro 1 s'occupe essentiell tensions à l'intérieur du système et il y aura nécessairement des boucs émissaires à un moment ou à un autre, sauf en cas très improbable de victoire sur le terrain en Ukraine. On évoquait à l'instant le rôle de ces blogueurs ou de ces influenceurs ou influenceuses et justement Fanny, la Russie forme ces jeunes pour faire la promotion en ligne de la guerre en Ukraine.

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Oui, et précisément, vous le disiez, pour devenir des influenceurs. Pour cela, le Kremlin a créé des camps de création de contenu. Des dizaines d'adolescents, 14-16 ans environ, y apprennent à créer des vidéos, maîtriser l'intelligence artificielle, conserver et créer une communauté d'abonnés, des militaires et des journalistes des médias d'Etat jouent les enseignants. Et puis dans certains camps, des concours sont même organisés pour couronner, récompenser les blogs les plus vus, les plus consultés et les plus soignés. Rappelons qu'en Russie, la moitié des 18-24 ans s'informent avant tout, voire exclusivement, sur les réseaux sociaux. But assumé de cette opération, diffuser les valeurs de

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l'état auprès des jeunes pour les radicaliser et les appeler sous les drapeaux. Au cœur de cette stratégie d'ailleurs, également des groupes de jeunesse exactement comme à l'époque soviétique. Jeunes armées par exemple créée il y a dix ans ou encore le mouvement des premiers qui revendique 14 millions d'abonnés sur les sur les internets. Les jeunes russes y découvrent le maniement des armes et ils apprennent aussi à avancer en terrain de guerre.

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Pour Vladimir Poutine, que je cite, l'éducation patriotique des jeunes est essentielle. Il y a trois ans, il citait d'ailleurs cette phrase de l'ancien chancelier allemand autophone Bismarck, les guerres ne sont pas gagnées par les généraux mais par les instituteurs et les curés de campagne et donc, on verra, Grandceva, par les influenceurs et sur les réseaux sociaux. Oui bien sûr, Kremlin essaie de mettre la main en mise aussi sur les jeunes, sur les réseaux sociaux où ils peuvent effectivement recevoir les informations mais pour moi c'est plutôt un signe de faiblesse, pourquoi ? Parce que le Kremlin sait très bien que la jeunesse l'échappe. Même tous les sondages, même officiels, montrent que quand on demande des questions en direct, parce qu'on ne peut pas demander directement si vous soutenez la guerre ou non,

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c'est impossible de répondre, tu iras en prison si tu dis non. Par contre, les questions en direct, par exemple, quel sentiment vous avez par rapport à ce qui se passe aujourd'hui en Russie, en situation, comme de la Russie. Et ça d'ailleurs cette tendance je la vois beaucoup sur les réseaux sociaux, sur Instagram qui est interdit aujourd'hui en Russie, que beaucoup de jeunes se filment en disant que je ne veux plus mon futur ici dans ce pays, je veux partir,

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je veux vivre dans un pays libre parce que je veux en fait communiquer avec le monde entier. Vous disiez justement les réseaux sociaux, Instagram interdit, le pouvoir essaye de contrôler Internet.

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Depuis le début de la guerre en Ukraine, les plateformes occidentales sont progressivement évincées au nom du respect de la législation russe, une stratégie qui s'inscrit dans le projet plus large d'Internet souverain mais qui

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pose question à la population russe comme l là, lui-même reconnu le porte-parole du Kremlin la semaine dernière à Moscou. C'est clair que les restrictions sur le travail internet posent des difficultés pour beaucoup de citoyens. Mais c'est un moment difficile.

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La stratégie nationale officielle d'un Internet souverain en Russie, elle est contre-productive ?

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Elle peut l'être en partie. Alors ça a été initié en 2019, alors à un moment où la vie politique russe était déjà considérablement durcie et donc ça n'a fait que continuer, ça a été accéléré évidemment par la guerre. Ça peut être contre-productif en partie parce que ça suscite un grand mécontentement. Alors parler de contrat social entre Le pacte contra-social entre l'état russe et la population c'est un petit peu compliqué. En tout cas le pacte tacite qu'on dit souvent qui existe entre le Kremlin et la société, c'est de dire en gros que la vie quotidienne doit être la moins impactée possible par les grandes décisions politiques et en échange la population est démobilisée et n'est pas supposée participer. à des plateformes aussi populaires que Telegram et WhatsApp, ça suscite évidemment beaucoup de mécontentement, y compris au sein des cercles les plus proches de Vladimir Poutine, au sein des élites les plus royales, les plus pro-guerre, ceux qui sont sur le front. Donc évidemment ça pose un certain nombre de problèmes.

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Je voudrais juste rebondir et continuer ce, qu'elle supporte justement tous ces sacrifices, notamment l'idée pour des raisons de sécurité, il faut restreindre Internet. Après, est-ce que ça aura un effet sur le recrutement ? Le sujet Et la très grande crainte, c'est qu'il y ait à nouveau une seconde mobilisation. Donc ça montre bien aussi quand même les très grands limites. Oui, il y a de la communication, on fait sous-traiter à la population, aux jeunes, une partie du travail de communication. Ça fait partie de l'ADN du poutinisme depuis très longtemps. Maintenant que ça sert vraiment à les opérations russes sur le terrain ? Est-ce qu'elles en pâtissent ? sur Telegram et il y a toute une communication tactique en disant attention ils sont à 300 mètres etc.

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Tout ça, ça se fait en immédiat sur Telegram. Alors sans Starlink, parce qu'Elon Musk a supprimé Starlink, sans Telegram, déjà il y a un inconvénient purement militaire. Il y a eu une journée noire des banques, les gens ne pouvaient plus retirer de l'argent, etc. Donc en fait, non seulement il y a un mécontentement de la société civile, mais il y a un mécontentement des opérateurs économiques, et il y a un mécontentement qu'on voit à travers les mille bloguers, c'est-à-dire ces blogueurs militaires très nationalistes,

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il y a un mécontentement au niveau des forces armées. Donc ça fait la totale.

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Vera Ganséva, on sait en Russie combien de Russes détournent ces interdictions avec des VPN par exemple ?

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J'avais lu 30% de la population, ça me paraît énorme, c'est possible ? On n'a pas de chiffres exacts, ici j'ai lu des différents chiffres, mais c'est beaucoup. La moitié de mes amis en Russie contournent le VPN, ils savent ce que c'est VPN. D'ailleurs en Russie maintenant il y a beaucoup de blagues sur trois lettres magiques qu'il faut utiliser, parce que si tu dis VPN ou si tu écris VPN, après ça peut être aussi Donc oui c'est beaucoup, même des personnes âgées aussi essaient de contourner les restrictions utilisent VPN. Donc oui ça devient massif, c'est comme en Chine en fait, les gens apprennent les moyens comment contourner.

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Ça signifie Clémentine Fauconnier que ces restrictions, ces interdictions, ces coupures d'internet, qui sont d'ailleurs, qui ont d'ailleurs été critiquées dans le journal officiel, elles ont aussi un impact politique et puis un impact économique. Elles entravent le développement de la Russie et donc elles nuisent à la situation économique ?

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Oui, elles ont un impact de tous les points de vue. Et d'ailleurs, c'est peut-être l'exemple par excellence de ce que la guerre en Ukraine fait à la Russie en général, c'est-à-dire au détr une migration massive de la frange la plus créative et la plus active de la population. Ça a évidemment un résultat désastreux sur l'économie. Donc ça montre bien tous les sacrifices qui sont faits au nom de cette guerre, dont pour l'instant on ne voit pas bien comment Vladimir Poutine pourra en sortir.

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Est-ce qu'il y a aussi de la liberté d'expression qui est quand même sauvée, sauvegardée à la télévision russe ou pas du tout ?

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Jamais ?

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Absolument pas. La liberté d'expression, elle était justement dans les réseaux internet, sur les sites, sur les VPN, etc. C'est ça. Et donc c'est celle-ci à laquelle les forces, enfin le FSB, les forces de sécurité cherchent à s'attaquer, on leur a laissé la bride sur le cou et on doit le regretter maintenant. On évoquait l'impact de ces coupures d'Internet, de l'interdiction d'ensemble de réseau sur l'économie aussi. Quelle est aujourd'hui la situation de l'économie ? Vladimir Poutine lui-même a reconnu qu'il le reconnaît officiellement et ça montre que la situation économique devient plus compliquée ? Elle est plus compliquée à la fois à court terme et à long terme. Effectivement, sur les trois premiers mois, c'est une décroissance, donc c'est une récession, mais ils espèrent que ça reparte au mois de mai. Il y a une inflation qui est officiellement à 6%, mais qui est beaucoup plus, probablement le double.

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Pourquoi Vladimir Poutine a-t-il reconnu cette décroissance ? Parce qu'il dit « il y a un problème, je vais le traiter ». Surtout, il compte sur la crise du Golfe, mais ils ne le font pas trop justement. Ils ne sont pas du tout triomphants. Le prix du pétrole a doublé. Il avait diminué de 45% en début d'année et là, il a doublé.

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Chaque fois, ça leur apporte 2 milliards de dollars en plus dans le budget, mais ils ne crient pas trop victoire parce qu'ils savent faire confiance ou est-ce que finalement la situation n'est pas bien pire que ce qui est annoncé par le gouvernement russe ? Bien sûr que Vladimir Poutine minimise le problème, néanmoins il les admet parce qu'effectivement il y a un tel délacantentement en Russie qu'il faut que le guide supérieur aussi s'exprime. Il montre au peuple qu'il est conscient des problèmes que le peuple a tous les jours. Donc après, il faut écouter ce que Poutine a dit après. Oui, il a admis les problèmes économiques. Par contre, vous savez, il a donné une explication qui a fait beaucoup rire les Russes.

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J'ai vu ça sur le social beaucoup. Parce qu'il a dit que pourquoi on a ces problèmes ? Parce qu'en janvier, il y avait deux jour de plus. Et du coup beaucoup des russes se sont dit, bon, ils se moquent de nous. On sait très bien d'où viennent des problèmes russes. On sait que 40% du budget russe actuel est dépensé pour la guerre. Donc bien évidemment que ça se fait au détriment économique

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et du niveau de vie des russes au quotidien.

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Il y a le poids de la guerre dans l'économie russe depuis maintenant plusieurs années, puis il y a aussi des sanctions qui ont été infligées par l'Union européenne. Alors est-ce qu'elle pèse ou pas sur la situation de l'économie russe ? En tout cas, ça fait des années que l'Union européenne a infligé d'ailleurs au total une vingtaine de trains de sanctions à l'économie russe et le tout premier de ces trains de sanctions remonte à 2014, c'est notre archive du jour. Illégal, illégitime. Alors arrivés à Bruxelles ce matin, les Européens n'ont pas de mots assez durs pour dénoncer le référendum en Crimée. Autour de la table,

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les ministres plangent donc sur des sanctions. Elles sont décidées en fin d'après-midi. L'Europe vise 21 personnes,

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dont 13 oligarque russe et huit responsables ukrainiens. Dès ce soir, leurs avoirs sont gelés et ils n'ont plus le droit de voyager dans l'Union européenne. Ce que nous visons c'est à la fois de faire preuve de fermeté par rapport à une décision russe qui est inacceptable

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et en même temps d'ouvrir les voies du dialogue pour empêcher l'escalade. au 20e paquet de sanctions. La Russie est toujours là, debout. A quoi servent ces sanctions ?

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Ça participe quand même de la situation économique très difficile dans laquelle se trouve la Russie. Ça continue quand même aussi d'un point de vue diplomatique, géopolitique, à montrer l'engagement notamment de l'Union Européenne en faveur des Ukrainiens. Après, ce qui est intéressant aussi dans la situation actuelle est la façon dont Vladimir Poutine, et puis une partie récemment au Forum économique de Moscou, il y a eu des économistes qui ont eu vraiment des discours très alarmistes sur la situation économique.

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Et récemment, il y a quelques jours, Poutine a reçu des oligarques pour leur dire qu'il fallait qu'il contribue. Donc là, on voit très bien aussi comment le patron du Kremlin est en train de tourner la situation en désignant de fait potentiellement des responsables, en tout cas d'où pourrait éventuellement venir la solution. En revanche, ce qui était attendu au début lors des premiers paquets de sanctions, c'était d'espérer une espèce de fissure au niveau des élites et qu'il y aurait une désolidarisation.

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Ça, ça n'a pas marché.

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Jean de Gliney, c, ça n'a pas marché. – Jean de Guigny et Sigali, ça a contribué à renforcer la solidarité des élites. – Les oligarques dont les biens ont été confisqués en Europe et qui envisageaient de quitter la Russie sont venus en Russie, on leur a dit venez chez nous, vous serez protégés etc. des uns et des autres. Et puis de l'autre côté, il y a le fait aussi que Vladimir Poutine vient de perdre un allié en Europe, avec la défaite de Viktor Orban en Hongrie, et l'Union Européenne qui a donc débloqué aujourd'hui même d'ailleurs le fameux prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, et puis globalement sur le paysage économique et sur la situation en Russie ? Je crois que ça change la donne.

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Je crois que ça oblitère encore plus les chances de gagner sur le terrain, parce que l'Ukraine était un peu étranglée financièrement, et donc là, ça y est, elle a une bouée de sauvetage. Actuellement, les Russes, c'est l'offensive de printemps. Je pense que si Poutine espère que ça réussisse, mais si ça ne réussit pas, tous les problèmes que nous avons décrits à l'instant vont être démultipliés. Donc, il mise beaucoup sur un succès de l'offensive.

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Les Russes n'avancent pas sur le terrain. En mars, ils n'ont pas bougé d'un centimètre. Donc les 90 milliards, ça va permettre à l'Ukraine de tenir bon.

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Justement sur ce front un peu figé, en tout cas côté russe, depuis mars 2023, est-ce que ça aussi la population le sait ? Et peut-être ça pèse aussi sur l'opinion qu'elle a du gouvernement russe ?

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La population ne suit pas de près tout ce qui se passe au front. Oui, la population a pris une distance avec cette guerre, donc elles juste attendent que ça se finisse. En 2024, elle avait un espoir lié à Trump, les Russes me disaient beaucoup « attends un peu, ça va se régler dans quelques mois, voire 24 heures ». C'est ce qu'avait promis Donald Trump, de faire Et quand ils ont vu un an plus tard, en janvier 2016, que non, Trump c'est pas une solution, ça ne fonctionne pas, effectivement ils ont commencé à être plus déçus et surtout ce que je sens dans le peuple russe aujourd'hui,

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Peter, Los Angeles, United States

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c'est pas qu'ils sont mécontents avec l'Association économique, mais surtout qu'ils ne voient pas les perspectives, la porte de sortie. pour nous, si la Russie gagne, bon, peut-être que le Poutine va faire d'autres guerres, donc ça va être sans fin. Si on perd, on va être une nation defaite, c'est très humiliant, et on va surtout payer les réparations à un pays qu'on a bombardé pendant 4 ans. Donc c'est un désespoir qui s'installe profondément en Russie aujourd'hui. Donc c'est un désespoir qui s'installe profondément en Russie aujourd'hui.

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Merci.

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